GOVERNMENT OP INDIA
ARCHEOLOGICAL SURVEY OF INDIA
ARCHAEOLOGICAL
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ACCESSION NO. _
CALL No. Sj3 i^Cl^SyA>A' B. -A‘ B.
D.GJl. 79
ACAD^MIE ROYALE D'ARCHEOLOGIE DE BELGIQUE
rONDtB LE 4 OCTORRE 1842
ANNALES
LXXV
r Sl'iRlK. TOME V.
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ANVERS
iMPRlMEftlS V. KbssuLSR, 9I), RUB UU PRIMCS
oaisAt
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0 s 49 .. it./ Ji?
L*influence artistique d'Anvers
au XVIII^siecle
par
FERNAND DONNET et PAUL ROLLAND (I).
Dans i’ouvrage qu'il publia en 1913 sous le titre de
€Flandre», Max Rooses, esquissant unc histoire g6n6raTe de Tart
beige, affinne que «le XVIII* si^cle fut pour notre 6coIe de
peinture une hrt de profondc decadence et de longue I^thargie»
(2). Plus r^cemment encore (1924), dans une communication
faltc k I’Acad^mie royalede langue et de litt^rature flamandes, le
chanoine Muyldermans 4niettait une opinion identique. «On ne
peut assur^ment nier, 4crit-il, quc du point de vue de Fart et
(1) Si ma tache n’avait consists qu'a mettre en ordre les notes
laisades par mon v6n4f6 prWicesseur, je n'aurais jamais pens^ a ins-
crire mon nom a cdte du sien en tete do cette ttude. Mats, d^Ja de
son vivant. Fernand Donnet m’avait propo^ une collaboration sans
reserves. Son manque de temps, puis de sant^, et d’autres raisons
encore, m’avaient anient i fouiller pour lui les riches archives de I’Aca-
ddmie des Beaux^Arts puis k fbrmuler mes conclusions personnelies
dans son propre manuscrit. Celui-ci, de plus, itant restd inachev4 par
places, et les tableaux annexes n’dtant pas mdme dresses, je m’itais
cn oblige d*y mettre la main. En consequence il m'a sembld qu'il
ettit aussi de mon devoir de prendre ma part de responsabilitd dang
cette publication.
(2) Collection cArs una, species,mllle», Paris, 1913, p. 281.
1
— 6 —
des sciences, le XVIII* sificle est pour notre patrie un siecle
d’indigence» (3).
Ces deux declarations, prises au hasard, resument en la
repetant une conviction chere i la plupart des historiens et criti¬
ques. La mediocrite et la somnolence de Tart en Belgique, au
dix-hititieme siecle, sont, en eftet, generaletnent considerdes oomme
un fait indiscutable.
Cette affirmation n'est-elle pas trop absolue ou, au moins,
trop categoriqoe?
Que la decadence artistique de'cette epoque soit un fait
irrefTTWiablement acquis, e’est ce qu’il faudrait d'abord prouver.
Sans doute. k Anvers, d’oii pourtant, depuis la Renaissance,
partait le signal de tout vrai mouvement esth^tique, aucun artiste
ne swble, k premifere vue, avoir jou6 un r61e preponderant.
Fort vivace y 6tait encore ^videminent le souvenir de I'^poque
glorieuse od le grand Rubens doruinait le n>ondc par le prestige
de son incomparable g^nie. Get astre avait jet6 une telle lumiire
dans le ciel artistique quil paraissait devoir ^eindne forc6ment
toute lueur naissant k un moment oil son 6clat incomparable
n'^tait pas encore affaibli. Les ^l^ves directs du maitne avaient
aussi, pendant quelque temps, produit des oeuvres participant
k cette admiration g^nerale et Ton imaginerait ais^ment que
leiirs iointains successeurs n’aient pas eu I’audace de ranimer
le flambeau sacr6 qui se mourait en passant de mains en mains.
*1 I Mais cette fa^ de voir n’est-elle pas, k tout prendre,
fendancieuse? Notre confrere P. Bautier, conservateur au Musfe
royal de pcinture de Bruxelles, a d^montr^ depuis peu que
O^ard Thomas et Balthazar Van den Bossche^ par exempk,
latent d'excellents «petits mattres anversols* d’une fere injus-
ktneot dfedaign^e
" ** Vsir teker nkt t# ostkeane.i ia opzicht van kunst en
ivefans^ap, de XVIII* eeow een eeuw van armoede is voor het Vader-
(aiKl>. BMchouwlagca ow de XW« «a de XV0I* eeuw in ons vadkr-
iaod. VersUcen en mededeelmgen der KoninkUike Vlaamsche Academte,
1924 (October), p, 71«.
Cu dedaiii, crailleurs, iie se inanifestait nullciaeni dc leur
vivant car Jes oeuvres ile pareils maitres dtaient alors aussi
recherch^es que nambreuses; elles peuplaient les 6glises, elles
d^coraient les maisons patriciennes ou bourgeoises, elles
s’exportaient cn grand nombre. II fallait done qu’on leur
reconn^t un mJrife suffisant pour justificr une vogue dont nous
pouvons enoore relcver des f^moignages dans Ics archives
(inventaires de tnortuaires. e.a.)
Dans ces conditions, pour expliquer un pareil discredit,
ic critique ne doit-il pas songer plutAt il une modification dans
le goflt public qui fit admirer i cette c^poque ce que Ton n’ap-
precia plus durant le... stupide XIX' si^cle?
Ce sont variations dont il scrait vain de rappeler les
pr^ddents au cours des si^rcles et dont nous n‘avons pas l^esoin
nwi plus de signaler la rdp4titk)n — de plus en plus hitive —
de nos jours. .i
Nous pouvons done, semble-t-il, etre ddji d’avis que Ic
cas des artistes anversois du XVIII* si^le a pu dependre jusqu’ici
d‘un critere subjcctif plutdt que relever d*un jugement objcctif.
D’autre part, si les peintres et les sculpteurs quelquc peu
mieux dou^s que la masse de leurs confreres s'expatridrent et
efemeurdrent k rdtranger, en Italic, en Espagne, en Autrichc.
dans le Nord, en France surtout, cu bcaucoup d'entre eux se
distingu^rent et parvlnrent. par leur talent, ^ occuper une situa¬
tion en vue, cela t^moigne peut-fitre d’un manque de d^bouctife
locaux mais cela n’infimie en rien la valeur et la vigucur de
I’enseignement artistique anversois.
La quality des (cuvres produites fOt-ellc cependant sujette
k caution, qu’il seralt inadmissible, en tout cas, de contester
qu’au lieu d’un marasme. rdgnait alors ^ Anvers un mouvem’ent
d'art Intense. On n’en a jamais soup^onn^ la vie, malgrc tout,
persistantc, et I’influcnce intrinsfeque peu ordinaire. C’^tait
TAcadimie des Bcaux-Arts qui en 6tait le foyer vital. L’Acad^mie
TJ'Anvers a jou(5 k cette ^poque 'un rAle que I’on a oubli^ et qui.
pourtant. rn^rite d’etre expos6.
Hnianatiofit depuis 1663, de la Gilds Saint-Luc, dont slls
se d^tacha complitement ea 1741, i'Acadimie avait vu accourir
A elle la grande majority des artistes qui connurent le succ^s,
et qui 6taient, bien souvent, Ofiginaires de I'fitrangsr. Avec le
temps la vogue ne se ralentit nullement. Les archives de cette
institution steulaire — dont I’fitude approfondie r6serverait encore
bien des surprises — en foumissent la preuve convaincante.
On y relive de fort int^ressantes indications. Pour ne pas
♦rop les 6tendre nous ne nous arr&terons qu’a celles qui se
rapporfent k la p^‘ode comprise entre I'^mancipatron de I’in-
stitution en 1741 et sa reorganisation complete par la R^publique
fianfa sc en 1796. Pour des motifs d’ordre logique on historique
—mise en marche du nouveau systfenve ou troubles divers (4)
— et infime simplement d’ordre materiel et archivistiquc — qu'il
serait trop long d’expliquer Ici — nous laisserons une marge
dc Quelques ann^es aprte 1741 et une autre avant 1796, limitant
airsi H* maximum de notre observation aux ann6es comprir.es
entre 1751 d’une part et 1792 d'autre part, c’est-i-dire, en
somme. 1 la seconde moiti^ active du XVIII* sifecle, que fon a
accoutum^ de presenter comme inf^rieure encore ii la premiere
moiti^.
La premiere oonstatation d faire est qu’^ cette 6poque la
population scolaire de I’Acad^ie ^tait considerable. 11 est
(4) Noil* relevons par exemple que I'Academie fut fennee du 29
novembre an 16 decembre 1790 durant le passage des troupes autri-
chiennes. Le 10 avril 1791 la ifistribohon des prix se fit rapidement
aendant que les troupes sur pied de guene d^filaient place de Meir.
Les Strangers itaient ators pr^ae tous partis et Ton comptait beau-
coup d’abaents panoi le* natiofiaux. En 1793, H nV eut pas de coocours
i cmaae du petit noanbre d’tiives (7) auxqu^ a etait poa^le de s^vre
les.lecoa*. La da»e d*<antiqoe> avait ^ ferm^e le 7 Wvrier, ceBt
d'arcMtecture ef de perapective le 17, et ceHc de nodtfe vivant le 21
du iD^me iiioU. Let repr^aiaata da people tenaktit alors leurs stances
dana le« incaux de I’Aiudtoie. On avait .cacbii tous les tableaux avec Iss
archive* de rfnatitntion daot de* armoire* es placards dissimul^ par
de la petetore. La clatse (farcbitectnre fat rouverte le 5 mai, ceDe de
modMe tndque le 6 ro ai et cede de mod^ vivant le 7 oerobre. mais
au coin* de TWrer T793-I79t. quinse ^ves qaiftireat le modile vivaJif ct
dix le mfkWe aati^. Le 18 septembre let coom furent suspendus.
— 9 —-
evident que la majeure partie en 6tait foumie par les cleves
orfginaires d’Anvers et de ses environs imm4diats. On trouvera
plus loin (Annexe I) la liste de ceux qui partirent momentan^-
ment ou d^finifivemenf pour I’^tranger. Mais i des Anversois
se pressaient en grand nombre les jeunes artistes originaires de
toutes les provinces des Pays-Bas. Les archives cachent souvent
leur profession sous les denominations les plus modestes, par
exemple- appelant «charpentier» ou cma^on» des architectes de
valeur. Dans cette categoric le contingent malinois 6tait naturel-
lement important. II ^tait cofnpos<^ en grande partic de pcintres:
les deux De Cuyper, M’oerenhout, Van Havre, d'autres encore,
puis des sculpteurs Van Buscom, Goeyens, Simland — ce dernier
s’expatria en 1772 — enfin du graveur Jacques Snyers.
Le nombre des Bruxellois 6tait considerable. Nous en comp-
tons plus de vingt-cinq. Nous citerons parmi eux Bosschaert
qui devait plus tard devenir conservateur du mus6e dc sa ville
natale. et surtout Francois Lansing, oui, apres de multiples
voyages, se fixa k Bordeaux, oi il jouit d’une vogue enviable.
Les Louvanistes n’etaient pas moins nombreux. D’autres
arrivaient de Diest. de Tirlemont, de Hal, d’Aerschot. Parmi ces
derniers sc distingua surtout Pierre-Joseph Verhaghen, dont la
carrierc artlstique fut brillante. A. J. Waufers lui reserve, dans
la peinture flamande, la place qu’occupent Tiepolo dans I'ecole
italienne, et Goya dans I’ecole espagnole.
Dtsons seulement qu'il se fixa k Louvain peu apr^s avoir
ete peintre du prince Charles de Lorraine et de la Cour imperiale
de Vienne. On trouve de ses oeuvres dans les principaux mus6es
et dans les dglises tant du pays que de I’etranger.
Plus nombreux encore que les Brabanfons etalent les
Flamands, lis etaient originaires de vingt-deux villes ou localit^s
plus modestes des Flandres. C’^taient d’abord les Gantois et
les Brugeois. Ces derniers foutefois (Etaient en nombre molndre
que les Termondois. Parmi ceux-ci se distinguait le sculpteur
Corneille de Smet qui, aprfes avoir termini toutes ses etudes k
Anvers, finit par s’y fixer et fut en 1870, nomm6 professeur
— 10 —
adjoint dc I’AcadcinH; en reinplaccment du sculptcur Schohbens,
dcinissionnaire pour raison d’Sge.
Saint-Nicolas et Yprcs son* repr^sent^s a I'Academk; par
lies contingents de la ni5me force. Puis, sont a signaler les
dl&ves originaines de Courtrai, Alost, Audenarde et de quatorze
]ocaiit6s de ntoindre importance. Nous noininerons Jean de
Landsheer. natif de St-Ursmar-Baesiode. qui, apr6s avoir quitt^
Anvers, remporta en 1786, k I’Acad^mie 61ectoraIe palatine de
Dusseldorf le prix de composition historique en peinture. et
rarchiterte Jean-Joseph Montoisre, qui avait vu le jour k Rupel-
loonde. et qui exer^a une certaiite influence k Paris au cours
des derni^res ann^s de l Ancien Regime.
H y a lieu de constatcr d’autre part que les elfeves origi-
naires des autres provinces, et surtout les Wallons, accoururent
avec non moins d’empressement pour s’inscrire k I’Acaddmie
d Anvers. Mons est repr^sent^ par dix 6Idves, Namur par onze,
Li^ge par sept et Tournai par un nombre identique. Quelques-
uns de ceux-ci se signal^rent dans la suite par leur talent et les
succSs qu’ils remport^renf. 11 nous suffira de citer Piaf-Joseph
Sauvage, de Tournai, peintre de grisailles, qui devinf peintre de
Louis XVI el membre de I'Acadi^mie de Paris: Michel d’Argent
de Li^ge, miniaturfste distingue, Torf^vre-ciseleur Andr^ Joseph
Petit, de Mons, etc. D’autres dfeves ^talent natifs de Nivelles,
Charleroi. Dinant, Enghien et de dix-huit aulres localit4s du
Hainaut. Nous nous bornerons k citer au nombre de ces der-
niers, le peintre d’histoire Pierre-Joseph Francois, de Charleroi, ;
et le frdre Abraham de Tabbaye d’Orval, qui travailla plus tard I
i Dusseldorf. |
Mais les nationaux 6taient loin de constifuer toute la popula- |
tkm scolaire. Si nais pass<Mis aux strangers proprement dits, ^
nous nous trouvons en presence d’inscriptions dont le chiffre est ^
saisissant. Ce semf d’abord les habitants des provinces septen- j
trionales que Ton rencontre en grand nombre aux cours de !
I Acad^raie, sauf en 1784-1785 oii I’on put croire qu'une guerre |
allait Water enfre I'empereur cf la HoMande. Les jeunes gens |
originaires de Z^landc, du Brabant septentrional, du Limbourgr
arrivaient de Middelbourg, de RosendacI, de Ruremonde, de Bois-
le-Duc, de Br§da, de Maestricht. Les grandes villes, tellea
Amsterdam, Delft, La Haye, Haerlem, Utrecht, Leyde, fourjiis-
saient aussi un contingent respectable d’^l^ves, et si k ceux-ci
nous ajoutons Ics jeunes artistes natifs de quantity de localit^s
inoins importantes, nous atteignms le total de plus de oent.
Nonibre de noms meriteraient tl’etre citis, tels ceux d^ C. van
Cuylenburg d’Utredit, paysagiste et portraitiste de talent, des
deux fibres Gerard et Corneille van Spaendonck, originaires de
T ilburg, qui apr6s leur s6jour k Anvers s’6tablirent k Paris, ou
le premier d'entre eux devint c^l^bre, du portraitiste Jean-Antoine
Mertens de Sittart, qui prit domicile par la suite k Amsterdanr,
de Charles Bentfort de La Haye, qui peignit les portraits et les
.'•ujets d’histoire, d’Adrien Dc Lelie de Tilburg, du paysagiste
Alhert-jacques Besters de La Haye, qui mourut a Leyde, du
paysagiste Vrymoet d’Anisterdam et de nialnts autres.
Les Allemands, sans @tre aussi nonibreux que les Hollandais.
6taient cependant bien representes; ils venaient des k)calit6s les
plus tliverses. A ceux-ci s’ftaicnt joints quelques Luxembourgeois
et plusieurs Viennois et Tcheques. Nous nous bornerons a nom-
mer, Jean Blom, natif de Weiler prfis de Cologne, qui, arrive
k Anvers oomme simple apprenti charron, fit preuve de grandes
dispositions artistiqucs et remporta de beaux succ^s en archi¬
tecture et en dessin, Antoine Straedtinan de Paderborn, qui fut
laur^at de la classe de nature en 1755 ef se vit de ce
chef d6cerner une coupe en argent, donn6c par le bourgmcstre
della Faille. Citons encore le Viennois Francois Stoeber, qui
peignit des paysages et des viics de villes.
Si les Fran<jals n’ttaient, par contre, gu’eii petit nofiibre, et
arrivaient surtout des localites voisines dc la frontiftre. telles
Valenciennes ou Cainbrai, les Anglais cornptaient une douzaine
de repr^sentants, presque tous venant tie Londres. Parmj ces
derniers, citons le pelntre Balthazar Beschey, qui k la suite
d’une altercation avec son camarade Stallenbergh, fut, en 1759,^
— 12 —
«expuls6 momentan6ment de PAcad^mie, ce qui ne I’emp^ha
pas, quelques anntes plus tard, d'en devenlr professeur et de lui
offrir son portrait en 1763.
Nous ne pouvons omettre de citer encore parmi les 6tran-
•gers deux Italiens, trois Danois de Copeniiague, un Am^ricain
d’Annapolis.
Enfin n nous reste k faire mention d'un groupe de quelques
peintres russes; ils 6taient tous natifs de Saint-Petersbourg ;
c'^taient Koorbof, Mordwinof, Miltsuring, Mattweef et surtout
Augustin Ritt, quI joua un rfile artistique important et s’illustra
dans le portrait, surtout le portrait en miniature.
On trouvera dans la suite de notre £tude(Annexes II et III) la
liste exacte et circonstanci^ en vue d'identification de tous ces
artistes auxqueis, dans cette petite synthase d’introduction, nous
avons simplement fait allusion. Beaucoup m^ritent d'etre mieux
ctMinus encore et leur oeuvre ne peut manquer de faire honneur
i rinstitution dans laquelle ils se sont initios k la vie artistique.
Dans un tout autre ordre d'id^es, ce qui prouve aussi
rimportance grande qu’avait conserve PAcad^mie d-Anvers et
la consideration dont elle jouissait dans le pays et k P^tranger
ce sont les t^noignages de reconnaissance <et d’estime que lui
prodiguaient ses canciensa faisant brillante carri^re au dehors
(5), c’csf-i-dire, les aommitfe du monde artisb’que, et avec
eux, les swnmitfe du monde politique. Ces demidres — princes
ou grands personnagcs, fant strangers qu'indig^nes, — s’ho-
noraient r^llenrent de lui faire visite. Bien ciue donnant en .in-
nexe (IV) quelques details sur ces visites, nous rappelerons k
propos de Ritt, dont nous verwns de parler, celle que le Czar-
(5) Vovez par exempte Pierre Qaaptrd Scheemackers qui. n6 k
Anvm fc 10 Janvier 1691 et mort le 12 septembre 1781, Wgua k
XKaMadt trots figures en pUtre : Laocoon, HercuM et Rore, copies
rMvrtes es4cut^es 4 Rome sor les originaux et qu’U avait emport^es
dans aoa ateb^ a Londres. Ces pieces furenf livr^ les 19 septembre
17S3, par as niice Anne-Marie van Diepenbceck. — Ignace (oseph van
den Berghe. 4. Anvers, et 4tabli 4 Londres, fit des dons de gravures
4 rAcaeMttie en 1790 et 1791. Voyez la notice qui lui est concacr4e
phis lohi.
— 15 —
vitcli Paul de Russre et la Grande Duchesse, sa fcnmie, firent
en 1782, alors que Ritt 6tait 61feve. Ces prmces ne furent pas¬
tes seuls; ies souverains. les personoages prinders qui passaient
par Anvers, apris avoir parcouru les ^glises et les curiosiUs les
plus remarquables de la ville, ne manquaient jamais de sc ren-
dre d TAcad^mie. Celle-ci 6tait ak>rs ftroitement log6e k Tdlage
de la Bourse; on y (nouvait la cFiambre de la Glide St-Luc, la*
salle dcs directcurs ct les locaux ou les ^l^ves travaillaient dans
trois ou quatre classes. Lots de ces receptions les artistes de la
Gilde apportaicnt leurs oeuvres les plus remarquables pour les
.coumettre aux visiteurs de haut rang; quelquefois des achats
en ri§sultaient. Puis les autorit^s se rendaient dans la salle des
directeurs oD elies ^talent abondammcnt compliment^es.
Pendant les derni^res anndes du XVIIP siecle ces visites
se succ6d^rent .T>ombrcuses. Parml les visiteurs nous signalerons
en 1759 le due Charles de Lorraine et sa sceur la princesse
Charlotte; en 1768 le roi Christian VII de Danemark; la mem-e
ann6e le prince Henri de Prusse, fr6re de Frdd^ric II; en 1769^
le prince Guillaume V de Nassau et le Due de Brunswick; en
1771 et en 1780 Gustave III, roi de Su4de et son frSre Adolphe;
en 1774 I’archiduc Maximilien-Joseph d’Autriche ; en 1781
I’empereur Joseph II, Tarchiduchesse Marie-Christinjc et I’archi-
duc Albert: en 1785 CI6ment Wenceslas de Pologne et sa soeur
Marie Cuiv^nde, Albert Casimir de Saxe et Marie-Christine :
en 1786 Ferdinand-Charles d'Autrichc et Marie-B4africe; en 1794
I’empereur Francois II et Tarchiduc Joseph-Antoine, et nous en
passons (6).
De ce rapide r6sum6 et des d6tails compl6mentaires quf
siiivent, on pourra se convaincre que, malgr$, peut-Stre, la deca¬
dence relative, dont pouvait souffrir, au XVIIl* sikle, Tart
dans nos provinces, I’Acad^mie d’Anvers avalt continue A jouir
(6) Par exempic en 1771 le cardinal de Frankenberg, en 1784'
le comte de Palfy, le comte et la comtesse d’Esterhaty, en 1785
le prince de Ligne et le due d’Ursel, en 1788 la duchesse d’Aremberp,
cn 17PI le comte Staray et le comte Von Haddich.
u’une prosp^ritC* fitonnante et que 1‘influence qu’elle • exer^a
s ctofldait encore au loin. Nous en awns trouv^ des t^moignages
indiscutabies dans Ic nombre consiilerable de jeunes artistes,
qui, non souleinent de toutes les parties du pays, inais encore
<Ies contras lointaines, accouraient pour y parfaire leurs etudes
artistiques et dans les visites que les souverains et les person-
nages de distinction lui prodiguaient et qui contribuaient A
-consacrer dune maniere 6clatanle le rdle preponderant qu'elle
Jte cessait de rempHr.
ANNEXES.
I. CERTIFICATS DELIVRES EN VUE DE VOYAOES A DES
ANVERSOIS AYANT SUIVI LES COURS DE L'ACADEMIE
D^ANVERS.
28 aofit 1762. — Picrre-Balthasar DE BLOCK, peintre d’art commc
son pert, obtint Ic premier prix de dessin en 1754.
13 si'ptembre 1762. — Jean-Fran<;ois METS, peintre, second en 1755
et en 17?9.
10 a«>ut 1763. — Jean-Joseph VAN DER JEUOHT, peintre. second ou
troisiemc de 1753 h .1756, premier en 1757.
16 octohre 1764. — Andrd-Comeille LENS, premier en 1756. directcur et
professeur en 1763. En 1764 it est nomrae peintre ordinaire de S.
A. R. Charles de Lorraine avec son frere jacques-joseph et va
.s'instfulre aux Academies 6franpere«. principalement i Rome. II
s’y trouve encore en 1767.
16 octobre 1764. — Jacques-Joseph LENS, troisi^me en 1763, second en
1764. Voyez ci-dessus.
20 m.ii 1767. — Guillaume HERREYNS, alors a{;d de 23 ans ; avait
troi.sieme en 1762 et premier en 1764. II est a ce moment
diri'cteur pmvisoire et enseigne la giomdtrie, la perspective etc.
II desire suivre les cours d‘Academies dfrangeres.
30 septemhre 1770. — Jacques-Nicolas DIERCKXSENS, $talt parti
le 30 avril pour I’Espagne et Tltalie (Rome).
21 mai 1774. — jean*Fran?ois FRANSSEN, emenuiiuer^, a 6tudic Tar-
chitecture pour laqueHe 11 a obtenu le premier piix le 21 mars
1773. II part pour la France.
18 avril 1775. — Guillaume VAN DE LETTER, peintre, part pour Paris,
mais revient peu apris cette date.
18 avril 1775. — Jiean-Frangois OYBELS, sculpteur, a accompagn^ le
pric^dent.
21 avril 1775. — Conrad-Joseph DEFUES, statuaire, dernier primus, part
pour Paris, mais revient peu de mois apr^
18 octobre 1777. — Joseph-Pierre VLOERS. < mtenuisler-charpcntier >,
classi deuxiime en perspective cn 1776 et 1777. Part pour Paris.
18 octobre 1777. — Emmanuel KEERSMAECKER, a obtenu la m^daile
pour I'architecture, mime voyage.
.1777. — Jean-Baptiste DU BOIS, part pour Paris.
8 avril 177& — Prancois-Balthasar SOLVYNS, premier en dessin
d'apres I’antique en 1776 et second d'apris le module vivant en
1778, part pour Rome et,aiileurs.
.1778. — Philippe TASSAERT, revient de Londres .
II mars 1780. — Anioine-Joseph VAN HAECKEN, peintre d’histoire.
Etudie i I’Acadimie le dessin d'apris I'antique et le modUe vi'
vant. On I’y voit respectivement quatriime en 1771 et premier
en 1779. Sans profea»on, desire partir pour Dusseldorf, puts pour
Rome. A Dusseldorf U copie des tableaux k la galerie ^lectorale
et y meurt en octobre 1781.
24 Janvier 1781. —. Joseph BORREKENS, peintre de paysages, dleve
de Balthasar Ommeganck.
7 mars 1781. — Jacques-Andri-Joseph TRACHEZ, peintre de paysages,
de tibriques. de bitiments. I>e 1764 k 1772 a demeuri i Gand
et a voyage.
.1781. — Pierre DE ORAE, peintre, obtieot an certificat i
foccasioa du voyage de FEmperenr.
3 avrfl 1782. — Francois-Valentin BCWOOURT, peintre, part pour Paris.
17 iVTt 1782. — Franfoia-Marc SMIT, peintre, part poar DiisseMoTf.
27 avrfl 1782,*— Jean-Fran?o» VAN PEETERSEN, sculpteur, part pour
Paris.
— 17 —
9 avril 1783. — Thiodorc-Wynant STALLENBERGH, aide i Anvers les
professeurs comme peintre-decorateur de figures, de paysages, de
vues, d’animaux et m^e d’histoire. II part pour Valenciennes oA
le magistrat va iriger une Acadimie de peinture.
18 avrii 1783. — Jean<^seph VAN DER ORACHT, sculpteur, premiere
m^daille, part pour Paris.
18 avril 1783. — Christian JACOBS, «menuisier>, second en architec*
hire en 1783, part pour Paris.
20 novembre 1783. — Pierre-Charles ANTHONY, peintre ,dAve d’Antonis-
sen, paysagiste. Part pour Paris.
10 avril 1784. — )oseph-Fran?ois DANCO, tailleur de pferre, regu en
1777, mddaille d'architecture, part pour Paris.
%
18 mai 1784. — JacqueS'Josepb FRANSEN, peintre, ayant toujours ob-
fenu une dss quatru premieres places, s'en va a la Qalerie et k
I'Acad^mie palatines de Dusseldorf.
IS juin 1784. ^ Jean*Baptiste BECUINET, peintre de paysages et de
figures, s’en va dessiner sur les lieux en Haute-Meuse et ailleurs.
3 scptembre 1784. — Jcan-Nicolas-Valentin-Michel PEETERS, peintre de
paysages et de figures, part pour ta Galerie Electorate de Dus*
seldorf, puis pour Rome.
20 dEcembre 1784. — Jean-Baptiste RUBBENS, a fait parfie de I’Aca-
dEmie depuis 1776 et a EtE classE premier. K a remportE aussi
A Bruxelles la premiere mEdaille pour le dessin d'apres le modEie
vrirant en 1781. et a travaillE dans la mEme ville pour le comte
van der Stegen, drossart de Brabant, et pour le doc d’Arenberg.
II dEsire voyager et se rendre notammcnt A TEcoIe acadEmique
de Paris ofi, de fait, on le trouve le 17 dEcemhre 1784 (1) .
1 avril 1758. — Mathieu DE- WINTER, peintre dEcorateur.
(1) Pour les renvois concemant I'AcadEmie de Paris, voyez S.
ROCHEBLAVE, Note sur les ElEvea flatnands Inscrita A I'Ecole aca*
dEmique de Paris entre les antiEes 1765 Et 1812. Annates de I’AcadEmie
Royale d’ArchEologie de Belgique, LXX, 1922, p. 146.
— 18 —
23 «ptembre 1785. — Louia-Fran^ois ARONS, peintre. apr^s 8tre all^
a Ter Goes (Z^Iande) part pour d'autres region*.
.1785. — Antoine HERRY, 4I4ve depuls 1779, peintre d’histoire,
se rend a Dusseldorf en 1785 en compagnie du malinois De
Meester et de I'an^s Cranke.
n maiR 1786. — Jcan-Fran^ois VAN DAEL, peintre, ayant obtenu la
premiere place en architecture en 1785> part pour Paris.
.fnai 1786 — Corneille ASSELBERO, sculpteur d’aprfes nature, entri
d i'Acadimie en 1779, a d6ja voyagi et obtenu la premiire
Tnidaille au concours de I’Acad^mie de Lyon en 1783.
2I avril 1787. — Fran^ois-Jtoseph E>E WEERT, peintre mariniste* va
travailler i Bois-Ie<Duc.
2 juin 1787. — Barth^l4riy-]«an VAN HULST, peintre dTnsiofre, part
pour Dusseldorf le 2 juin 1787.
13 septemhre 1788. — Qilles-Jean-Baptiste-Josepfa JACOBS, peintre
d'histoire, deve de A. C. Lens, part pour Bruxelles oil U meurt
peu de temps apr^.
27 mars 1789. — Ignace-Joseph VAN DEN BERGHE, entr^ i I'Acadimie
en 1770, part pour Londres avec un tres beau dessin exteuf4
d'une noovelle manure, au crayon noir. Le sujet en £talt la
fable de Leda et du cygne. (II s’itablit h Londrea oil il re?ut
lea lemons du c^lebre Bartoloazi, graveur du rat. En' 1790 H
envoya i I'Acad^ie une planche reprisentant un paysage avec cas*
cade. Un nouvel envoi itait destine i comm^orer la bataiHe de
Turnhout du 27 octobre 1789, premlire victoire de la Revolution
hrabanconne. En 1791 un titMsieme envoi consistait en une gra¬
vure reprisentant le Salvator Muadl.)
.Decemhre 1789. — Jean-Emmanud KEERSMAECKERS, s'engage
dans le nouveau corps d’artillene leve pour la defense de la
patrie.
11 }uSe 1 1792. — Lambert'Antoine CLAESSENS, part pour Londres.
— 19 —
II. — LISTE DES ELEVES DE L’ACADEMIE D’ANVERS.
ORIGINAIRES DES PROVINCES BELGIQUES (I).
PROVINCE D’ANVERS.
MAUNES.
1758. — Judocua GOOSSENS, ne fu4 qu’un midiocre dlive.
HTO. — Jacques SNYERS. resta k I'Acadtoie pendant 10 ans. U se
destinait k b gravure. II etait ne le 13 avril 1734 et apris scs
etudes il s’^tabJit a Anvers ou il prit encore des lecons dans
I’atelier de Pierre Martenasie, professeur de I’Acad^mie. II mou-
rut a Anvers le 28 f^vrier 1832.
1771. — Jacques SIMIAND. Ne resta qu’un an k I’Acaddmie, il s'adon-
na k la sculpture. En 1778 on constate sa prfeence a Paris.
1772. — Michel VAN HAVRE
1777. — Henri-Joseph DEMOOR, n’a pas laiss6 de traces.
1777-78, — Egide-G. VAN BUSCOM, II fit de premifcres Etudes k Ma-
lines oO. des 1774, on le trouve signal^ parmi les et^vea de
I'Acad^mie; 11 y eut pour professeur le statuaire Verhulst. 11
dessina aussi a Anvers, pendant deux ans, d’apr&s I’antique. En
1781 il part pour Paris. oO il travaille I'EcoIe d’art; U etait,
alors fig^ de 23 ans etant nd en 1758, et s’adonnait k la sculp¬
ture. II devint professeur dc TAcadimie d’Alost, ou il mourut
en 1631. Le mus^ de Bruxelles possMe une de ses oeuvres. On
tui doit aussi la chaire de vdriti de I’^glise primaire d’Alost, et
les statues dr Neptune de la fontaine de la place St-Piene k
Maline.s.
17S0. — Laurent OOEYER. sculpteur.
(I) Les noms des dlives sont indiqu^s chronologiquement d’apr^s
les dates inscrites dans les registres des procis-verbaux ddposds aux
Archives de I’Acadimie.
1780. — Jacquea-Francois DE CUYPER fit un sijour de cinq ans &
Anvers
1783. — Herman MOERENHOUT.
1785. — DE MEESTER, est quaJJfii. dans les procis verbaux acadimJ-
qoea, d’amatcur de dessin. Avcc deux de ses compagnons d’itu-
des Antoine Herry et Tanglais Cranke II partit en 1786 pour
Dussetdorf.
LOCALITES DIVERSES.
1764. — Jean VRINTS, de Brecht.
1764. — Jean VOLDERS, de Tumhout, priseoti comme ma^on, dtudia
la perspective.
1764. — Pierre SMITS, de Schelle, jardlnler. itudia la perspective.
1764. — N.DE VREESE, de Merxem, amateur, id.
1764. — Jaspar HASSELBERT, de Berchem, peintre, id,'
1764. — Oommaire DOM, de Lierre, passa quatriime au concours d’en-
trde et conserve lea meilleures places. On le signale encore
PAcadimie en 1782.
1764. — Josejrfj DE VOS, de Reeth, «menuisjei>, <fud!a la perspective.
1764. — Jean COLS, de Deume, <charpentier>, id.
1764. — PranecNS CONVENT, de Duffel, cmenulsier>, id.
1764. — Jean ADRIAENS, de Wavre Sainte-Catherine, cmenuisier», id.
1767. — Pierre Joseph THYSSENS, de Uerre.
1767. — jaspar ASSENBERO. de Berchem
1788. — Jean LANCJCENS, de Deume, <menuisier>, itudia la perapeC'
five.
17M. — Jean ASSELBERO. de Berchem.
1768 — Oafflaume SPOW, d'Eyndboven, amateur. Obtint le premier
prix de sculpture k PAcaddmie do Capitole k Rome.
1770. -X Corneille MERTSENS, de Scbooteo, <charpentier>, 4tudia la
perapect i ve.
fTTO. — Pierre-joaepli DE HERDT, de Contich, emenuiaier>, id.
1770. — Pierre AVONDS, d'Hembcem, <ina(on>, id.
1771 . _ Pierre FAES, de Meir. peintre, obtint de bonnes places en
perspective.
1T71. — Niwbert VERHAERT, de Tongcrloo, <ma?onv.
1771. — Joseph GERARDl. d’Hoogstraeten, <macons, etudia I’architecturc.
1772. — Francois DE SWERT, de Berchem.
1773 . — Adrien REYSSEN, de Wijoeghtm. €fnacon>, itudia la pers¬
pective et I’architecture.
1773. — Pierre-Joseph DENIS, de Uerre, peintre. Obtint un certificat
pour voyager Ic 19 novembre 1781.
1773. — Jacques DELBAEN, de Schelle, «raenuisier>, apprit la pers¬
pective.
1774. — Arnold SMEYERS, d’Aertselaer, cmagons. itudla Tarchitcchire.
1774 . — Thomas SCHOOFS, de Meerhout.
1774. — Oommaire DE RIDDER, de Lierre, cmenuisiera, etudia I'archi-
tecture.
1774. — Corneille DELAET, de Deume, 4charpentier> Id,
1775. — Guillaume SCHAECICEN, de Weert. peintre dlilstoire, termina
avec le grade de premier en 1781. Le tr avril 1785 il obtint un
certificat pour se rendre a Dusseldorf, aprds avoir £ti k Rome et
voyage dans J’Empire. Il fit ces voyages avec ses condisdples
Jean Hubert de Bois-le-Duc et Philippe Smtt de Flessingue.
1776. — Francois ELIAERTS, de Deume.
1777. — jean-Baptiste RIJS, de Wijneghem. Est classi troisiime en
architecture, lors de son entr4e.
1777, — Jtan-Joscph FASSCHOEN, de Halle, travailla le dessin d’apits
I’antique.
1777. — Louis VAN HERCKEL, de Tumhout, <charpentier>.
1777. — Henri WILRIJKS, de Wiineghem, <rharpentier>.
1777. — Jean-Baptiste RIJSSEN, de Wljneghem, cmaconi, passa qua-
trifeme en architecture en entrant et est encore cinquihne dans b
m6me branche en 1780.
1779. — Francois DE SWERT, de Meerhout, sculptcur.
— 22 —
1779. — Jean MOENS, de Lierre, «menuisier>.
1779 . _ Arnold VAN MEIRLOO, dc Rethy, ccharpentier>.
1780. — Adrien VAN BEECK, de Wuestwezel.
1780. _ Jean-Baptiste DILLEN, de Lillo, emenuisier*, cla»s6 deuxieme
en architecture lors du concotNS d'entrte.
1781 . — Jean-Chartes VAN DER HE\'DEN, de Schilde, echarpentieo.
itudia I’architectore.
17fi!. — Pierre VAN DEN WOUWER, de Ucrre.
1781 . — Joseph VERBRUECKEN d'H^nthals, «Aarpentier», est classi
cinquiime en architecture lors du concours d’entrte et obtient
la m^me place en 1783.
1781. — Louis VAN MERCK, de VosseUer, €charpentier>, est huitiimc
en architecture au concours d'entr6e.
1781. — Pierre JO.NCKHEER. de Wijneghem, <charpentler». ^tudia
Tarchitecture.
1783. — Chritien VERHAEGEN, d'Eyndhoven, <chaipcntier*, obtint en
entrant la sixitoe place pour Tarchitecture.
1783. — Corneille VAN DEN BOSCH, d’Hemixem, «nenuisier», itudia
I'architecture.
1783. — Jean-Baptiste FABRI, d’Hoboken. <niacon», obtint la premiirc
place en architecture en 1786.
1784. — Jean-Baptiste SNAECKEN, de Santvliet, ^tudia I’architecture.
1784. — Francois HOREMANS. de Deurne.
1784. — Plerre-Joseph BRUYNINCKX, de Santvliet, «chafpentier>,
^cQa Parchitecture.
1785. — Rerrc BERVOETS, de Wecbetderzande.
1785. — Fran^ota-Auguste MERTENS, de Womraelghem, fut clnquiime
en architecture en 1790
1786. — Jacques RIQOUTS, de Lierre.
1786. — Pierre-Joseph SWIOQERS, de Mortsel, emenuisiera.
1787. — Jean-Francois VAN DER BORGT, de Weert, obtint d’excellen-
tes places en dessin d'apris Tantique juaqu’en 1794.
1788. — Francois VAN STEVENS, dc Lierre, peintre paysagiste, desaina
ausfii ivec succis d’apris le modele antique et le module vivant
1786. — Pierre HERMANS, de Turnhout, dessina d’apres le modele
vivant.
1787. — Egide DE GROOF, de Ranst. €tnenuisier», fut quatrieme en
architecture en 1792.
1789. — Oodefroid CROENEN, d'Arendonck, de quinzicme qu'il ^ait
en dessin d’aprfes I’antique en 1792, passa deuxleme en 1794.
1790 . _ Francois VERBEKT, de Mortscl, <macon». fut classd neuvieme
en architecture au concours d'entrde.
1790. — Thomas-Joseph SEYTS, de Weert, «Tnenui8t€r charpentier >,
fut sixiime en architecture lorrf du concours d'entrie et obtint en¬
core la m£me place en 1792.
1790. — Egide DE SCHEPPER. de Niel, «macon>. class6 dlxlbme en
architecture ^ son entrde.
1793 — Jean-Baptiste VERCAMMEN, de Lisp (Lierre), etudia le dessin
d'apres Tantique.
1793. — Jean-Baptiste PRISON, de Lierre, charpentier, fut class^ sixi6me
en architecture en entrant.
BRABANT.
BRUXELLES.
1757-58. — Frangois-Joseph LANSING, naquit & Bruxelles en 1743.
Son p^re dtait officier dans I’armie autrichienne; luf-mfime y rent-
plissait la charge de cadet. Ils furcnt envoy4s en garnison i la
citadelle d’Anvers. Lansing en profits pour suivre les coura de
I’Acadimie. La premiere ann^e il dessina d’apres le plAtre. Lors
du concours de 1759, il obtint, pour le dessin d’apri^s nature, le
premier prix. 11 etudia en m^me temps la peinture dans Tatelier de
Martin Jos. Qeeraerts, artiste qui s'dtait spdcialis^ dans I’exdcution
de peintures en grisailles »mulant des bas-relieh: en plStre. En
1760 il quitta Tamv^ «t. grice h une pension de 400 florins qui
lui fut octroyde par Charles de Lorraine, il put se rendre en Ita'lie.
A Rome tl travailla dans I'atelier de Raphatil Menge, peintre
saxon; il grava a I'eau forte en 1772 des planches pour le recueil
d'antiquitis de Hamilton. 11 partit ensuite, en 1778, a Lyon, ou il
fut nornmi pcintre de la vile et y sijouma jusqu’en 1783. li a’itablit
alors A Bordeaux, ou U acquit une bonne rtputatiori. 11 mourut
aux environs de cette ville A Leoguan, tell avril 1799. Son (euvre
principal consiate cn portraits •, ses tableaux d’histoir^ aont plus
rares. II exAcuta aussi des peintures dAcorativeB, notamment au
chAteau de La Louviere, appartenant A M. Merdlhac.
1758. — ThAodore BALLANT. Remporta A Anvers de brillants succAs
dans les concours acadAmiques de 1760 et 1761, oMenant les premier
el second prix de dessin. H se destinait A la sculpture. Le 28 juiii
1762 rAcadAmie lui dAlivra un certificat en vue d’un voyage d’Atudes
qu‘{l comptait faire A I'Atranger.
1758-50. — Michel CHAPEL, travaiWait encore A I’AcadAmie en 1765.
1763w — LECLERCQ, etudia I’architecture.
1765. — JArfime VAN DROOCjENBROECK. inscrit jusqo’en 1768; obtint
de belles places dans tes concours.
1765. — Pierre-Joseph DE GLIM, probablement DE OUMES. 11 s'Amblit
dans sa v40e natate. II piignit des tableaux de genre et des por¬
traits.
1766. — Antoine VAN RUISVELDT.
1767. — Egide-jean GEENS. Etait encore A I’AcadAmie en 1772-1773.
Of< conserve deux tableaux, oeuvres de cet artiste, dans TAgUse
de Denderteeuw.
1767. — Pierre CLEMENT, sAjouma A I'Academte ju.squ'en 1773.
Scuipteur.
1767. — Pterre-Jbseph SIMONS.
I76B. — AntoiiK DE SMET.
1788. Comeflte DE?71S. peintre.
1788. — FrafKois-joseph TRICOT, fut proclamA premier an concours
de deisin de Texerdee 1789-1770. En 1770 il fut appelA A rempllr
A rAcadAmie (TAovers tes fonctiona de protesseur-adjoint de dessin
en fonde botae antique, n rAclama un certifkat qu'il obtint le 10
jnSet 1770 pour aUer voir na mAre qui Atart A St-Petershourg. Mais
arrlvA A Amaterdam, U changea d'avis, nous ignorons A la suite
de queues circonstances, et revint it Anvers- L'ann^e suivante oo
le trouve a Paris, logeant a I’bOtel d’Espagne, et travaiUant k
i'Ecole Acad^mique. II 4tait alors de 20 ans.
1769. — Jean LHOOST.
1770. — Pierre Joseph DE WIT.
1770. — FranQois MIENENS.
1770. — Fran(oi&-Joseph JACQUIN.
1771. — Martin WAETELAERS, s’occupa surtout de peinture decorative.
II representait des scenes villageoises. 11 jouit d’une belle vogue.
1771. — Jean-Baptiste PAUWELS, fit un long sijour a I’Acad^mie d’An-
vers, Quoiqu'il efit rvmporti en 1773 le premier prix de dessin
d’apris I’antique, il y resta i travailler jusqu’en 1776. Le 17 ftvrier
1777, on lui ddivra un certificat pour se rendre k Rome.
1774. — Mhrie-Elisabeth SIMONS, s'adonna & la gravure.
1776. — Michel SIMONS, ^tudia la peinture et Tarchitecture.
1777. — Guillaume DE BROUWER.
1778. — BOSSCHAERT peut-^tre un fils ou un parent de Guil¬
laume Bosschaert, le premier conservateur du A4us4e de Bruxelles.
1784. Jean-Baptiste fiOOAERT.
1789. — Ignace COLBERT.
1792. — Martin^ranQois JACOPS, natif de St-Josse-ten-Noode.
1808. — SURMONT.
LOUVAIN.
1764. — Lambert MiINNE, «menuisier>, ^tudia I’architecture
1“68. — Henri-Joseph BECKER, apris avoir quitti I’acaddmie, se fait
inscrire une scconde fois cn 1776.
1768. — Joseph GUILLIAMS, peintre.
1771. — Michel VAN CAMPEN.
1777. — Francois MELAERTS.
1778. — Henri J., J; SCHOETENS.
1782. — Pierre QEERTS, remporta en 1786 le premier prix de dessin
d’apris Fantique; travailla a I’Acadimie jusqu'en 1789.
— 26 —
1783. — Michcl-Joseph COLIN.
1784. — jean-Frantois EVERAERTS.
1787. — Judocus WALGRAVE.
1791. — Ingelbert LISON.
1792. — Francois WALGRAVE.
NIVELLES.
1768. — Jean-Baptiste STOEK, «taitleur de pierro, itudia Tarchitecture.
1777 . — Jean-Baptstc LONS, passa cinq anntes 4 I’Acadenrie. Ses pla¬
ces, dans les divers concours, itaient excellentes.
1777. — Dieudonnd DE LA LIEUX (de Lalieu).
1781 . — jean-Joseph SAMSON, cmemiisiera, ilive en architecture oil
il obtint les raeilleures places.
1784. — Henri BONNET, «menuisier>. 6tudia I’architecture.
AUTRES LOCALITES DU BRABANT.
1756. — Pierre-Joseph VERHAOHEN, natif d'Aeischot, mais habitant
Louvain, fut class^ troisiilme pour Tipreuve de dessin (Tapirs pl4tre,
lors du concours de fin de I’ann^e 1750>1751. II 6taJt d 6 le 19 mars
1728 (fils de Guillaume Verhaghen et de Madeleine Verstreecken);
il se maria en 1758 avec Jeanne Huismans et mourut 4 u)uvam
le 3 avril 1811 Sa cani^re artistique fut des plus actives; prot^gA
par rimp^trice Marie-Th^rise, il fut nomm4 premier peintre de
la cour; il jouit de la faveur du prince Charles de Lorraine, gou»
vemeur des Pays-Ba.«(. It voyagea a travel^ I'Europc, visitant
successivement It France, lltalie, I'E^agne, TAuriche. Son oeuvre
est conaidirable. Le pape Clement XIV et Tempereur poss^daient
de ses toUes. On en trouvait ^galement dans les abbayes de Parc,
de Ste Gertrude de Louvain et de Oand, et surtout d’Averbode
od n ddcori notamment des plafonds et exdcuta des bas-
retiefs. Toutes les dgtises de Louvain possddaient de ses tableaux,
aouveot en grand nombre. On en trouvait encore 4 Aerschot, Diest,
Hal et dans de nombrenaes localitds, sans compter ceux qui 4taient
conaerrds 4 Rome. 4 Vienne, en Angleierre, et chet beaucoup de
— 27 -
parHcuIiefs. On voit flujourd’hul de ses oeuvres dans Ws prin-
cipaux musses du pays.
1764. — Ouillaume AVAOX de Tubize, <charpentter>.
1768. — Corneille VAN DE GAER, de Montaiffu, est d6sign6 comme
cxer^ant la profession de batteur de cuivre; il dtudiait le dessiii.
1768. — Judocus HALLTS, d'Aerschot.
1770. — Francois DE JAEGER, dc Diest.
1773. — Francois DE LINIOT, d’Holleden, prfes de Tiriemont.
1774 —• Pierre-Joseph ROBERT, de Bousvalle, inscrit comme echar-
pentier*, ^tudia rarchitecture.
1777. — Pierre-jacques DE CRAEN, de Diest, dtait encore a I’Acad^mie
en 1782.
1777. — Jean-jo.ieph PLASSCHOEN. de Hal.
1781. — .liean-joseph LE OOYX, de Genappe. signald comme ^plafon-
neur>, dleve en architecture.
FLANDRES.
QAND.
1757. — Jean SARTEL
1766. — Ignace-L. WAUTERS.
1769. — Pierre DE HU WETTER .
1774. Guillaume BOVOIER. «huysscfiildei>, obtint de bonnes places'
en architecture les deux ann^es suivantes.
1776. — Joseph BAJLLY, avant d'arriver & Anvers, avait, d’apres
ses dires, remport^ A Gand le premier prix de dessin. Il rcsta trois
ans k I'Acaddmie d’Anvers et fut, dans les contours de dessin
d’apr^ nature, successivemcnt classd 5*, 6* et 6*.
1776. — N... DE VOS.
1777. — Joseph GODARD, remporta le premier prix dans la classtf de-
dessin d’apres nanire.
1787. — Pierre VAN DE WALLE
1791. — Emmanuel VAN ACKER, de.ssina d’aprbs le modele vivant.
1793. — Pierre-Jean MAES.
TERMONDE.
1758. — Comcllf DE SWET, scuipteur, suivit 1« cours i Anvers Jus-
qu'en 1765. II naquit h Termonde en 1742, ct fit ses premifcres
^des artistiques dans sa ville nataie. Apris avoir termini ses
classes 1 Anvers, il travaitla dans cette mime vilk dans I’atelier
dc Jacques Vander Neer. Le 1 mai 1769 tl hit nommi maitre i ]a
Oilde St'Luc. Chargi en 1780 d'un cours i I’Acadimie d'Anvers en
qualiti de professeur-adjoint, il hit en 1796 notnmi professeur de
sculpture. En 1894, it hit disigni pour rempltr les fonctions de
conaeiUer. II sculpta pour le palais ipiscopat d’Anvers les statues
des quatre ivangiistes. Celtes-ci sont actueUement conservies dans
riglise Notre-Dame de cette ville. Le matinois Egide van Buscom
travailla dans son atelier.
1771. — Werre^Joseph DE SAERT.
1777. — Andrt IHERCKX, ccharpentiera.
1779. — Emmanuel LUTKENS.
1779. — Joseph VAN HORENBEECK, <charpentier».
1781. — Jean RERAUX.
1785. — Chritien DESNOS.
1789. — Charies BENZ.
St-NICOLAS.
1770. — Pierre-Benoit DE MAERE
1776. — Jean-Joseph THIERENS.
1776. ~ Jfcan-Benoit DE BONDT.
1781. — Pierre-Louis VERBELST, deaaina d’apris le modile antique
et le modile vivant jusqu’en 1786.
1791. — Jean TIELEMANS.
BRUGES.
— Chrftien AMPT VAN OPPENHEIM, obtint la premiirc place
lora da concour* d'entrie. Ce aiccis ne ae maintint paa.
17fl& — Ouilaume DUMAERY.
1776. — Eogine VAN KERCKHOVE, dessioa (Tapris Tantlque.
1777. — tgnace VERSTRAETEN. id.
— 29 —
1787. — Jean-Baptiste MEYTS. Get ilive, co s’inscrlvant a I’Acadimie
d’Anvers, fit connaftre qu’il arrivait de Malines oti il avait suivi
les coure de rAcadinii« de cette ville.
YPRES.
1771. — Constant DELVAUX, brillant 6live, remporta aux concours de
belles places. Le procis-verbal d’inscription mentionne qu'il itait fils
d’un inginieur et appartenait k la noblesse.
On retrouve en 1730-1781 un Constant DE VAUX d’Yprea qui s’inscrit
a i'Acadimie. £st-ce le mSme?
1780. — Roland-Andr^Jacques DE CLERCQ, orfivre, obtint la deuxiime
place au concours d'entr^e (dessin d’aprte I'antique).
1780. — Yvon DE BROUWER.
1780. — Fran;ois DE BROUWER.
AUTRES LOCALITES DES FLANDRES.
1762. — Jean MiNNE, de Waeckene, pres de Gand. Outre ses 6tudes
k I'Acadimie, il travailla igalement dans I’atelier de Oeeraerts.
Le 19 janvier 1764, on lui donna un certificat afin de lui permettre
de se rendre k Paris pour achever ses Etudes. Il revint n^anmojns
travaiUer il I'Acad^ie d’Anvers pendant I'exercice 1767-1768.
L'iglise de Waeckene poss^de deux tableaux de cet artiste, fun
repr^ntant St-Pierre d^livri par un ange et I'autre une Sainte-
FamiDe. H itait ni en 1734; il mourut en 1817.
1764. — Pierre VERSTURME, de Popcringhc, peintre. Seconde inscrip¬
tion en 1768.
1765. — Jean ROTTHIER, de Beveren.
1766. — Ouillaume-Dominique DE LE BULCKE, de Reyselde, prfcs de
Oand.
1768. — Pierre VANDER MEERSCH, d’Audenarde.
1771. — Jacques VAN ACKERE, de Courtrai. Signal^ encore en 1776.
Elive mediocre.
1771. — Ignace VAN WAEGENBERGE, de Somergem.
— 30 —
1773. — Jean-Jo8cph MONTOlSIE de Rupetinonde. <charp€ntier»,
nommi premier en perspective en 1775. Le 6 JuiUet de la mSme
annie il obtint un certificat pour se rendre ii Paris oil il acquil
une certaine cMbriti.
1776. — Emmanuel TAFFIN, de Courtrai, remporta en 1777-1778 !e
premier prix pour le dessin, d'apris I’antique.
1776. — Armand DE BEULE, de Hamme.
1777. — Pierre TIBERGHIEN, de Courtrai.
J777. — Aim4 DfijEAN, de Poperinghe.
1777. — J. RENAUX, de Lokeren.
1777. — Jean DE LANDTSHEER, d4clara, lors de son inscription, qu'il
etait n4 a St-Uramer Baesrode, pris de Tem^nde, qu< son p4re
4tatt charpenHer de navtres et qu’il avait exerc4 le m4me metier jus-
qu'i I’ige de 23 ans. Pendant deux ans et demi il dessina i I’Aca-
d4niie de Bruxelles. It habitait alors Alost. Au cpncours de Texer*
dee 1779-1780 i I’Acadiraie d’Anvers, il remporta la premiire m6-
dailie pour son dessin ex4eut4 d'apr4s nature. Le 16 aoOt 1780 il
obtint un certificat d'4tudes en vue de se rendre k Dusseldorf oO
il remporta !e premier prix. Rentre dan.s le pays, il hit choisi pour
enseigner le dessin aux jeunes princes d’Arenberg. Lt 18 juin 1783
il r^clama un nouveau certificat. II s'intitulait ators peintre d’his-
toire. n obtint le document r4c1am4 dans le but de voyager et
de travaHler 8 la gaterie doctorate palatine et i PAcadimie de
Dusseldorf. Un autre certificat lui fut accord^ en Janvier 1786. Une
de ses oeuvres repr4sentait «Coriolan, suppti4 par sa mere,, sa femme
et ses enftnts.s. Le mu.s4e de Bnixelle.s po.ss4de de ce peintre un
tableau figurant «V4nus coupant les ailes i rAmour>; une autre ^
toiie con»erv4e i Haarlem a pour sujet «deux entants ass<s>. N4 en .
1750, il mourut en 1828.
1778. — Fidde DE QEND, de Beveren, resta k PAcad^mie Jusqu>n 1784.
t78l. — Piene-Joseph DE OENDT, de Tamise,
1782. — Benoit PfLAET, de Tamise.
7788. — Jean DE FROY, de Qrammont.
1788. — Rerre GILBERT, de Houcke, pri» d'Ostcnde; it itait encore
k PAcad^mie en 17W.
— 31 —
\19\. — Joseph QEERTS, de Tamise.
1793. — Joseph DE CAUWER, de Beveren, ne en 1778, s’adonna a la
peinture d’histoire. 11 peignit notamment le < Bapt^me du Christ >,
oeuvre conservie a Oand et <La fuite de la reine Henriette-Marie
d’Angleterre* que Ton peut voir au mus^ de Bruges. II mourul
en 1854.
HAINAUT.
MONS.
1757. — Jean DE BOCK, obtint de belles places. Parti pour I'dtranger
en 1759. ,
1767 . — Albert BAJARD. Vient de Paris (Academie) ou il est signal en
octobre 1765 sous Ics prinoms d’AIbert-Pierre-Joseph.
1776. — N. CAPIAUMONT.
1776. — Andr6-Jbseph PETIT, orfevre-ciseleur. Demande un certihcat
le 30 mars 1782.
1777. — Louis PIQUET.
1788. — Jean-Joseph BARABIN, a premier en dessin d'apres plStre
k la nouvelle Acadtene de Mons. A Anvers, il est trente-troi-
siime en 1789.
1789. — Benoit-jbseph VINCE.
1788. — Louis LEG AY.
1791. — Charles-Joseph PLISNIER. Trols fois premier i la nouvelle
Acad4mie de Mons en des.sin d’apr^ Vantique. A Anvers dix-
neuvi&me en modWe vivant en 1792.
1791 . _ Augustin DU FRANE.
1793 . _ Charles AULIT.
TOURNAI.
1762. — Piat-Joseph SAUVAOE. Sorti de I'Ecole de dessin ae Toumai
11 passe sixi^me au concours d'entrie et conserve de bonnes places
les ann^s suivantes. 11 suit surtout ks cours de Geeraerts. Le'
12 octobre 1764, il obtient un certTficat et part pour Paris, oi il
est inscrit a TAcadimie royale en novembre 1765, cagr6i> en 1781
— 32
et <refu> le 29 mars 1783. II devint premier peintre de Louis-
Joseph de Bourbon, prince de Condi, puts de Louis XVI. K peignit
beaacoup d'oeuvres, dont uo admirable portrait de Mane-Antoinette
pour la du Barry. Mais son talent s’exer?a surtout dans les gri¬
sailles. On en conserve k la catbidrale de Toumai et dans de
nombreux musies.
1766 . — Nicolas DE LIONE, peintre, friquenta I’Acadimie jusqu’en
1769. II figura foujours paimi les premiers. Re(u mattre peintre
de Saint'Luc k Anvers, il se proposait d’aller k Paris le 7
novembre 1769.
1769. — Laurent MALAINE.
1771. — NicolaS'Joseph DELIN, fut classe cinquiime en uessin lors du
concours d’entrie, septiime en 1772-1773 et premier en 1773-1774.
Venalt de Paris (Acadimte) ok il est signali en juillet 1770.
. — Charles DELIN, peintre, obtint un certifieat pour aller k
Maestricht ou aiUeurs le 4 dicembre 1775.
1770. — Joseph DE LOBEL, premier k I’Acadimic de Tournai, est
dassi quarante quatriime k Anvers en 17761 La riflexion suivante
est faite k ce sujet: «Onze scool is noyt fabryke geweest*. (Notre
icole n’a jamais iti ude fabrique). C'est une allusion k la nouvelle
Acadimie de Toumai fondie spicialement pouf founilr des 416-
ments it la manufacture locale de porcelaines.
1780. — Antoine PLATEAU, excellent ilive, classi Iroisifcme en dessin
d'aprH I’antique au concours d’entrie. U resta k TAcadimie jusqu’en
1785. En septwnbre de cetfe annie il fut recu a I’Ecole acadimJ-
que de Paris, tl avait alors 26 ans. Le 16 septembre 1783 il de¬
mands UR certifleat pour obtenir une pension du magistrat de
Toumai. On Ty prisente comroe dicorateur qui vient de riuasir en
fleurs, fruits, plaates, iosectes, etc.
1781. — JeatvJoseph HERMANS, obtint la huititovc place (antique) au
concours d'entrie.
CHARLEROI.
1771. — Fierre-Joseph-Celestin FRANCOIS, peintre d'histoire. Obtient la
cinquiitne place en 1772 et la premiere en 1776. Le 17 octobre
1778 51 demanda un certificat pour se rendre i Rome «n traversant
la France.
1777. — Frangois DE BRUCQ.
1777. _ Alexandre BOENS.
AUTRES LOCALITES DU HAINAUT.
1768. — Pierre DU JAQUET, de Feluy, etailleur de pierrea, 6tudia
la perspective.
1774. —' Pierre LE BLANC, de Chdtelet, <charpentier>, itudia I’archi-
tccture.
1778. — Uurent LESTARQUY, d'Ath.
1781. — Joseph CAPITE, septieme en architecture.
1785. — Joseph BAUDET, d’Enghicn.
PROVINCE DE NAMUR.
NAMUR.
1764. — Jacques SCOREiN, ccharpentier*, suivit les cours de perspective.
1768. — Jean-Baptiste LALOUX, <tailleur de pierre>, id.
1768. — Jtean ELEWILLE, sculpteur, id.
1770. .— Joseph PEERELOSSE, <charpentier>, id.
1770. — Jean-Fran^ois MOUTON, sculpteur, id.
1770. — FrangoiS'Joseph DENIS. Etudia Tarcbitecture et le modHe
vivant. En 1777 il obtint un ccrCficat pour aller a Paris. En 1789
il est & Rome oi^ il prisente au pape un tableau qu'tl vient de
peindrc et re^oit la commande d'un autre pour 1.000 scudi. L'aria-
tocratie romaine visite son atelier et le prince Borgh^se lui passe
dgalement un ordre.
1770. — Fherre-Francois BOHIN, «tailleur de pierre>, Etudia la perspec¬
tive.
1773. — Francois LE CLERCQ, sculpteur. Va d’Anvers h Oand en 1777
en compagnie de Duhhclens.
— 34 —
1777. — Charies BAUEHJIN.
1782. — Frarnois-Joseph ARNOULD.
1787. — Nicolas BARBie<.
1788. — Jcan-Joseph GOLENVAUX.
AUTRES LOCALITES.
1757 , — JiBcques EVRARD, de Dinant
1766 — Antoine-Joscph BOSSERET. d’Anh6e, peintre, obtint un ceni-
Hcat le 6 septembf'e 1770.
1770. — Antoine EVERAERT, de Tamlnes, <charpcntier>, ^tudia la
perspective.
1777. — Francois DAVE, de Gembloinc, ctudia rarchitccture.
PROVINCE DE LIEOE.
LIEGE.
1772. — Michel D’AROENT, fils d’un capitainc, est classi second en
dessin d’apres I'antique en 1772. Le 26 mars 177.1 il declare se
rendne k Paris ou ailleurs.
1773. — Mafhieu RENSON, sculpteur. Part pour Rome en 1775. 11 y
obtint, en 1779, le second prix de la premiere classe, a I’Academie
de Saint-Luc.
1774. — Laurent THYS, statuaire. Retourne chez lui en 1777 en pas¬
sant par... la France et I’ltalie.
1775. — Philippe MARECHAL.
177& — Fidile DE VRY.
1781. — Henri OREUT, <pUfonneur>.
1782. — J. ANSIAUX, premier k I’Ecole de dessin de Lifige.
1791. — Antoine THONET, a obtenu trois fois la mtdaille d’architecture
it Udge. II passe premier k Anvers en 1792 pour le dessin tfapr&s
I'antique.
MALMEDY.
1777. — Henri-Remacle BOOS.
LIAWOURO.
1774. — Leonard REYNDERS, d’Opoeteren. Est encore k J’Acadimie
en 1784 (antique).
1779 . —. Henri VAN EESTEN, menuisier k Velthoven, pres Quaedme-
chelen.
1780. — Jean AERTS, de Halen.
1785. — Frangois CAKI, de Saint-Trond. Obtient en 1786-1787 la deu-
xieme place en dessin d'aprra I'antique.
1787. — Jean-4Antoine AMBROOS, de Tessenderloo.
1787. — W... SPRINOEL, d'Hasse^t, cmafon>, septieme en architecture
au concours d’entr^.
LUXEMBOURG.
1774. — Frtre ABRAHAM, de I'abbaye d'Orvai, envoyi pour apprendre
la peinture afin d'ex^cuter les plafonds de la nouvelle ^glise cod>
ventuelle. II loge k I'hdtel Saint-Antoine aux frais de son abb^. Est
present k I'Acad^mie du 4 janvier au 2 mars 1774, part pour
Rome, puis revient en octobre 1774. 11 copie alors des oeuvres de
Rubens et repart pour t'Acaddmie de Dusseldorf oCi il obtient le
premier prix de peinture en prenant comme sujet: Adam et Eve
trouvant le corps d'Abel
III. — LISTE DES ELEVES DE L’ACADEMIE
ORIGINAIRES DE L'ETRANGER.
HOLLANDE.
AMSTERDAM.
1758. — Guillaume DE LENO. didve mediocre.
1765. — Corneille MERTENS.
1766. — Wybrand HENDRIKS.
1774. — Jean-Antoine MERTENS, d’Oorsbecke, prds Sittm-rt, *cliarpen
tier>, dtudia I’architecture.
— 36 —
1777. — Henri ROHAN, peintre de portraits, premier en dessin d'apr&s
I’antique en 1778, part avec Van Haecken le II mars 1780.
1782. — Jacques VRYMOET, paysapste.
178& — Jtean SACHS.
BREDA.
1765. — Pierre DE SOMER, travailla k I’Acadfemic jusqu'en 1771.
1770. — Jeart VAN WYCK.
1773. — Mathicu OAUTS, charpentier, 6tudia la perspective.
1780. — Jean VAN DEN BROECK, fut sixierae en architecture en 1782.
1782. — Quirinus VAN GILS, paysagiste, termina avec la premiere place
en 1791.
1902. — Jacques HUISMAN.
BOIS-LE-DUC.
1765. — Corneille STEURLINGHS, itudia la perspective.
1769. — a VAN DINTER.
1774. — Antoine SAUVE, menuisier, fit de rarcbitecture.
1780. — Jean VAN BEUOEM.
1781. — Antoine-Henri VAN STRAATUM, fut troisiime en dessin
d'apres I’anHque en 1784.
1783. — Jean HUBERT, peintre de paysages, panit avec Schaecken,
de Weert et Philippe Smit de Flessingue, pour I’Empire et Rome
le premier avril 1785.
LA HAVE
1766. — Andri RENADIE.
1766. — Philippe DE BONDT.
1775. — Charles BENTPORT. dessina d’apres I’antique.
1777 . _ A. J. BESTERS, paysagiste.
1778. — Henri MES, dessina d'apris I'antique.
178a — Jean VAN BAERLE, ohtint, en 1782, la quatriime place en
dessht d’apr^ I'antique.
— 37 —
MiDDELBOURa
1757. — Henri-Bernard VAN DIEST, dessina d'apris le moddle an¬
tique. II s'inscrit de nouveau en 1764.
1757. — Daniel DE KEYSER, obtint une deuxieme place en 1761 et
une cinqui^me en 1762.
1783. — Henri DONCKHER, dessina d’aprte I'antique.
1783. — Jean TAVERNIER.
*’’ 1785. — Jean-Baptiste HANS, dessina d’apris Tantique.
1786. — David KUNIO (ou Koning).
1786. — Isaac BATTI.
179Z — Laurent VAN SPANGEN.
ROTTERDAM.
1767. — Francois VAN VELSEM.
1774. — Henri DUBBELENS, sculpteur, part pour Paris le 17 ttvrier 1777.
1776. —• Antoine KUYPERS, orfevre, dessina d’apris I’antique.
1777. —< Pierre MAZZA, 6tait encore i I’Acadimie en 1782.
1777. — Guillaume DUBBELENS, itudia I’architecture.
1784. — Qishert VAN DEN BERG, entr£ i I'dge de 18 ans, obtint de
bonnes places et fut mtoie premier en dessin d’aprto le modiie
vivant en 1787; il retourna ii Rotterdam comme peintre d’histoire
le 2] avril 1787, gagna la midaille d’or a Mannheim, travailla k
Dusseldorf et revint s’inscrire en I78R.
1786. — Antoine F. BAAYENS.
1787. — Jean ROBYN, sculpteur, fugitif, de 29 ans.
^ 1791. — Philippe VAN DER WAL, fut sixiime en dessin d'apr4s Tan-
tique en 1792.
RUREMONDE.
1764. — Joseph-Antoine BONCOUR.
1768— Antoine CLAESSENS, menuisier-charpentier, etudia la perspec¬
tive.
1768. — Leonard HIERS, id., id.
1768. — Thomas BURTE.
wp 1776. — Jean-Antoine THEUNISSEN, dessina d'aprte Tantique.
— 38 —
1782. — Alexandre GUISTHOUDT. id.
1787. ■— Mathieu LECLUYSE, charpenticr, fut dixifctne pour rarchi-
tecture en 1789 et en 1792.
UTRECHT.
1777. — P. GODART.
1777. — Francois ZWAGERS.
1782. — Theodore DE REUVER, dessina d'aprte I’antique.
1787. — C. VAN CUYLENBURO, «een der patriotexte in vlugteHng><?)
a obicnu deux mddailles d'or A Utrecht. 11 est a Anvers dfxiAmc
en dessin d'apres I’antique en 1788, et quatriftme pour la mfime
branche en 1789. Paysagiste et portraitiste de talent.
1788. — A. HAANEBRINK.
LOCALITES DI VERSES.
1758. — Pierre VAN SPILBEEK, de Roosendael.
1758. — Abraham VAN DER VOORT, de Swammerdam.
1758. — Pierre VAN GELDER, de NimAgue.
I/.W. — Pierre VERHOEVEN, d'Uden, dans la terre dc Ravenstein.
1700. — N. VAN BURHANIA, de Prise.
1764. — Herman TUYLEN, de Haeriem, est class6 quatrieme au concours
d'entr^ mats ne conserve pas de bonnes places. II est encore k
TAcad^mie en 1772.
1764. — Herman VAN ZWOLL, de Delft, est sixiAme au concours
d’entre^.
1764. — Oisbert VAN ROOYEN, de Delft.
1764. — Jean WALSCHOT, de Hilvarenbeek, menuisier, itudia la pers¬
pective.
1706. — Adrien BOON, d’Oudhong, He d’Overplacque.
1766. — Henri FEYENS, de Leeuwarden, sculpteur. On le rencontre
eocore, avec la aepHime place en perspective, en 1772 .
1706. — Andri WARMOES, de Venloo.
1707. — Jfean EYCKMANS, de Sevenbergen.
1768. — jacquea-Hubert CHAUDOIR, de Maestricht.
—39 —
J768. — Henri'GuiUaume BOMANS, de Beeringen, deseina la pers¬
pective. •
1769. — Guillaume SPOOR, d’Eyndhoven.
1770. — Antoine RYKEN, de Dusseo. prte de Oeertruydenberg, menui-
sier, fit de la perspective.
1771. — Francois VERCAMPEN, d’Uden, dans la terre de Ravenstein,
itudia la perspective, Tarchitecture et le module antique jusqu'eo
1783.
1772. — Abraham VAN STAY, de Dordrecht, hit quatrieme en dessin
d'aprirs I’antique en 1775.
1772. — Thomas THOMESSEN, de Venray. «charpentier>, ohtint la
premiere place en perspective en 1773.
1773. — Oodefroid LOOS, de Hollandsputte, amateur, hit ctnquitme en
perspective.
1774. — Antoine BRUYNINCX, de Hollandsputte, charpenticr, dtudia
rarchitecture.
1774. — Corneille VAN SPAENDONCK, de Tilburg, peintre, ^tudia I'ar-
chitecturc et k module antique. S’itablit k Paris avec son frire
Gerard.
1774. — Eugene VAN VEUGHT, de Loon-op-t-Sant, menuisier, 6tudia
rarchitecture.
1774. — Jean-Antoine MERTENS d'Oorsbeke prw Sittaert, ccharpenlier»,
itudta rarchitecture.
1776 — Guillaume VERSHEES, de Boxtel.
1777. — Jean-Guillaume SNOECK, de Leyde, dessina d’apr^s I’antique.
1777. — Adrien DE LELIE, de Tilburg, peintre, fut deuxieme en archi¬
tecture en 1778, partit pour Dusseldorf le 13 avril 1782.
1777. — Jean P. LAURIJSE, de Baerle-JDuc, dessina d'apres I’antique
durant p]u.sieurs ann4es.
1777. — Bernard RYKE , de Boxmeire, dessina d’aprds I'antique.
1777. — Ouillaume-Martin SVIRON, de MaestricSit, id.
1779. — Gerard VAN SPAENDONCK, de Tilburg, agr^ge a I’Acadimie
Royale de perspective de Paris en 1774, a i Anvers 6kve de
Jacques Coeck, pfere, puis de Jacques Herreyns. pere. Peintre de
— 40 —
• fleurs, ddcoratcur d’appartements, de carosses, peiirtre du Roy trte
Chr^iicn pour les fleurs et pour ses jardtns de botanique, etc.
1780. — Philippe SMIT. ni a Nassau-Dietz et 6l4ve k ncssingue, partit
pour I’Empire et Rome, te 1 *avril 1785 en compagnie de Jean-
Hubert. de Bois-leOuc, et de Schaecken.
1780. — David MOONS, de Leyden.
1781. — Annanias MOLL, de Zicrikzee. ^tudia le dessin d'apr^s I'an-
tique.
1781. — Jean UPS, de Berg-op-Zoom, itudia le dessin d’apris Tantique
ef 1‘arehttechire.
1781. — Jacques VAN OENCK, de Zierikzee, dessina d’apr^ I’antique.
1782. — Barth^im^y VAN HULST, de Maassfuys, fut premier en 1779
pour le module antique et en 1786 pour le module vivant. 11 centra
momentaniment cher !ui le 27 mai 1784.
1783. — Jacque.s DENIS (ou Denissen) de Steenbergen.
1784. — Charles WEBBERS, de Wfllcmstadt.
1784. — Chritien VERHAEOEN d'Eyndhoven.
1784. — Lambert VAN OILS, de Raamsdonck, pcintre payaagisle.
Demanda un certificat en 1788.
1786. — Antoine RYKE, de Boxnreer, dessina d'aprSs I’antique (6e en
1788, 7e en 1789).
1786. — Comcille-Ouillaurae PARIS, de Hulst, dessina d’aprfea I’antique
(7* en 1791).
1787. — Pierre-Enwnanuel PARIS, de Hulst. frerc du prfieddent, dessina
d’aprfrs I’antique et le modHe vivant.
1787. — GuiHaume-Chailes-Pieter VAN RIEMSDYCK. ni H Arnhem,
peintre fugitif.
1787. — Jean VAN T HOFF. d’Overschic. fugitif venant d’Amsterdam.
dessina d’apr^s Tantique.
1787. — Etienne VAN BROUCKHORST, d'Amhem. fugitif. Se declare
noble .et amateur du dessin.
1785. — Adrien DEVtSSER, d'Alkmaar. Fut troiaiime en modHe antique
en 17».
1789. -- Christoph* VAN DYCIC. de Delft.
— 41 —
1791. — Hhilibert VAN DEN HEUVEL, d'Oostertiout, itudia le modMe
antique.
1791. — Henri HERFTS, de Oeelekerken (Gueldre), charpentieri fut
septi^me en architecture en 1792.
1792. — Andrt WILLEMSEN, de Ke^isel (Guetdre).
1792. — Louis ZETNAY, de Valicenbuxg.
1792. — Jean VERHOEVEN, d’Uden, dessina d’aprfis I'antique.
1794. — Georges TEN BROECK, de Groningue.
1794. — Henri-4ju11tauine TEN BROECK, frfere du pr6c6dent.
1797. — Underdt SCHOTEL, de Dordrecht
1804. — Mathieu KUVL, dt Oeertruydenberg.
LUXEMBOURG.
1777. — Conrard PARMANTIER, de Laxembourg.
1787. — Jean SCHERMDA, d'Echtemach,
FRANCE.
1758. — Augustin PRONIEZ, de LUle.
1760. — Jacques VERBERCKT, de Paris. (Seraitnl le fils de Jacques
VERBERCKT, nd a Anvers en 1704, auteur de lambris au Palais
de Versailles?).
1761. — Jean-Baptiste LE COUPLE, de Dunkerque..
1764. — Charies-Benoit MARTHO, de Camhrai, classd dixtdme au
concours d'entrde, dtait encore k Anvers en 1769.
1765. — Louis- BERNARDIN, alias Bcmardy, de Lille.
1766. — Guillaume LE MASURIER, de Paris.
1766. — Pierre VAN RYNSCHOOTE, de Dunkerque.
1766. -• A. J. BOSSERET, dc Moulins en Bourbonnais
1769. — Louis DE MERSSEM'AN, de Bcrgues-Saint-Winnox
1776. — N... DANDELAU. de Paris.
1778. — Joseph VERDUN, de Thionville. dessina d’apres I'antique.
1780. M... DE SARTILLIEU, officier frangais, voyageant pour son
plaisir, a dtd k Rome et deswna foute. I’annde d’aprds le module
antique.
1781. — Jean-Baptiste Pl-ATEL. de Lille, dtudia I’architecture.
— 42 —
1781. — Francois TOURNELLE, de LundviUe.
J 783 . _ Antoine PAUEZ, de Valenciennes, fut troisiime en dessin
class4 dixi^me en 1790.
1784. — Georges OOREZ, de Douai, dessina d'aprfes I'antique.
1788.— Hilaire LE DRU, d’Oppy (Artois), premier prix de la Nouvelle
Ecole de dessin de Douai,, fut class^ premier en dessin d'aprfrs I’an-
tique en 1789.
1790. — Louis L’EPINAY DE BOULLERE. de Fontenay-le-Comte, pre¬
mier lieutenant au regiment d’infanterie royale.
1793. — Louis-Antoine-Joseph QAUDRY, de Saint-Amand.
AIXEMAONE.
. — Antoine STRAEDTMAN, de Paderbom, lauriat en 1755.
Premier prix de la classe de nature. Recut de ce chef unc coupe
en argent offerte par le bourgmestre della Faille.
1757. — Herman FABER, de Ludenscheyt en Westphalie, habitant
Elbcrfridt.
1758. — Tillentan-Joseph FELDMULLER, d'Ahrweylen, prfes de Cologne.
1764. — Laurent BERMINOER, de Mcnz (Prusse), peintre, ^tudia la
perspective.
1765. — Jean SPARMEKERINO, d'AnhaH. fut classd quatrifeme en pers¬
pective au concours d’entr6e.
1768. — Jacques TORNER, d’Ehrenstatten en Brisgau.
1770. — Frans DERKSENS, de Dive*.
1770. — Bernard OREVELAER, de Bottrup (Hannovrc), charpentier,
^dia la perspective.
1774. — Jean BLOM, de Weytten in Qriesburg, pr4s de Cologne, pein¬
tre, 6tudia le modWe antique, fut premier en architecture en 1775
et «n perspecHve en 1777. Sana profesrion, il gagnait sa vie i
Anvers comme garcon boucher pendant la durie de ses Etudes .11
retouma chex lui te I septembre 1780.
1777. — Guillaume STEFENS. de Kelz (Priisse).
1777. — Jean HEINEMAN, de Rimmelinghuysen (Westphalie) itudia
rarchHecture et obtint de bonnes places.
1779. Guillaume STEFEKS, de julich.
1779. — Efitmanuel WING, de Dus.seldorf, charpentier.
1780. — Nicolas PETERS, de Zeugel (Munster), etudia le modfele
antique.
1781. — Mauritz KELLESHOVEN, du duchi de Berg sous le Palatinat
et habitant Cologne, peintre.
1781. — Antoine SCHEUNEBERO, de Munster, £tudia le module antique.
1783. — Nicolas STRAELBORG, de Bercheim prfes de Cologne, char-
pentier, 6tudia Tarchitecture.
1786. — Frtddric-Joseph ZURNIDEN, de Hesse, Darmstadt, peintre,
dessina d’apiis I’antique.
1786. — Jacob FEHRMANN, Ji Br6me. peintre, dessina d’apris le
module vivant aux Academies de Copenhague et de Hesse-Cassel,
desana i Anvers d’apres nature et partit pour Bruxelles.
1787. — Antoine KUSSWIEDER, de Fribourg cn Brisgau, vient de
i'icolc de dessin de Haerlem.
1787. — Jean-G6rard.Joseph WOLFS, de Mun.ster, dessinateur. Etudia
rarchitectun'.
1787. — Maximilien GEERADTS, d'Antweider, pr4s de Nurenberg,
tailleur de pierre. Put classi uxiime en architecture.
1788. — Jean KAULMAN, de Dueren (Julich) menulsier, etudia Tarchi-
tecture et y remporta le premier prix en 1794.
1789. — Jean-Wilhelm CROES, de Wildeborg (comti de Hertsfeld).
charpentier, etudia Tarchitecture.
ITQOl — Jean-Henrt ALTENRATH, d’Aix-la-Chapelle. des»na d'apris
I'antique.
1792. — Jean HEER, de Fribourg.
ITALIE.
IWl, — Herman GILLIS, peintre dliistoire et de portraits, habitant
Rome. Fut cla.ss6 premier en dessin a Anvers. II demanda un certi-
ficat le 12 juin 1760 et mourut k Naples {avis du 26 novemhre 1791)
1757. — Jean-Baptiste-Joseph ROSSETTI,
1762. — Edouard MERIMEE, du duch6 de Broglio, peintre venant de
I’Academie de Paris.
AUTRICHE.
1767. — Jean PIALOl, de Vienne.
;t78a — Frajifois STOEBER, de Vienne, voyageant, dessina d’apr^s I’an-
ti<iue ct itudia la peinture chez BaUhazar Ommcganck, peinire
edibre en paysages et fignres. II retourna chez lul le 15 juiUet 1783.
BOHEME.
1774. — Jean PHEY. de Prague.
DANEMARK
1779. — Christian-Auguste LORENTZEN, de Copenhague, peintre du
roi Christian V de Danemark, fait i Anvers des copied de Rubens
et des portraits de particuliers et s'en va A Paris en juillet 1780.
1781. — Erich PAUELSEN, de Copenhague.
Russie.
.1781. — Jean-Augustin RITT, de Saint-Petersbourg, fut k rAcadimie
de 1781 a 1786; il y obtint les merVeures places — le plus souveot
la troimSme. tors de sa visile, le czarevritch le felicita. Tris
connu et tris appricii des amateurs de .son pays il se spicialisa
dans le portrait-miniatuT«. Lorsqu'il mounit, a 34 ans, it avait
produit pr^ de 400 oeuvres dont il nous a Iaiss6 la liste (cf. La
Colection David Weal, par 0. Henriot. dans L’Amoor de I’Art,
janvkr 1925).
1783. — KOORBOF, de Saint-Petersbourg.
1783. — MORDWINOF, de Saint-Petersbourg.
1783. — MILTSURING, de Saint-Petersbourg.
11786 — MATTWEEF, de Saint-Petersbourg, envoyi k I'Acaddmie d’An-
vera par I'lmp^atrice Catherine; peintre d’histoire, fut claas^ second
en deaain <fapr^ nature. Tl retouma en Russie i la mort de sa
protectrice.
ANOLETERRE.
1757. — Balthazar BESCHEY, de Londres, obtint d'excellentes places-
jusqu'en 1761. D’humeur bataiileus« il hit expulsi de I’Academie
pour un an. le 19 septembre 1759, pour s'6tre dispute avec Thtodore.
Stallenbergh.
1767. — Jean LLOYD.
1768. — Jean-Jacques ROUBY, de Londres.
1772. — Thomas KERRICH, du comt4 de Norfollc, noble, fut classd
premier en dessin d’apr^s Tantique I'annee de son entr^
1772. — Thomas POPIER, de Londres, dessina (fapres (‘antique.
1776. — Charles EMSELL, de Londres.
1777. — N. LEMESLE, de Londres.
. — N... CRANKE, peintre d'histoire, obtint un certificat pour
Dusseldorf en 1785. II s’y rendit en compagnie de I’Anversois Herr)'
et du Malinois De Mccster.
AMERIQUE.
1780 — Edmond BRICE, d’AJinapoIis.
IV. — VISfTES DE PERSONNES DE MARQUE
A L’ACADEMIE D’ANVERS.
22 AOUT 1759. — Son Altesse Royale Charles-AIexandre, due de Lor¬
raine et de Bar, gouvemeur et capitaine g^niral des Pays-Bas,
protecteur de I'Acad^mie, accompagn^ de sa sceur Anna-Charlotte
de Lorraine, abbesse de Rerairemont et de Saintc-Waudru & Mens,
et suivi des ma^strats et de quelques personnages de la Cour.
JUILLET 1768. — Christian VU. fils de Frid^ric V, roi de Danemark
et de Norvige, igi de vingt ans, allant en Angleterre et en France,
sous I« nom de prince de Trabenthals, viate I’Acad^mie et la
«SchTUerscamer> avec sa suite. 11 est accompagne en outre du
premier bourgmestre van de Werve, du pensionnaire de la ville
Michel van Essen et du commandant de la citadelle le teidmardcha!
Hsa. De retour dans son pays >1 fon.Ln & Copenhague une Academic
qui envoya ii Anvers des dlives.
f OCTOBRE 1768. — Henri, prince royal, frere de Fr6d^ric II, roi de
I'nisse, venant de Hollande.
27 JUIN 1769. — Ooillaume V. prince d’Orangc-Nassau, stadhouder hi-
r^ditaire de Hollande et le due de Brunswck-Wolffenbuttel, visitent
I’Acad^mie depuis 8 heures du matin jusque bien tard dans la
joumie.
31 MARS 1771. — Oustave HI, roi de Suide et le prince Adolphe, son
fr^re, atnsi que deux autres personnes, aprlrs avoir visits incognito
la cath^drale, viennent admirer les cwonderbare meesterstucken des
schoonc Kunsten op de Koninglyke Academies.
29 OCTOBRE 1771. — Vi'sate de I’Acad^mie par Jean-Henri, comte de
Frankenberg. archeveque de Malines.
27 JUILLET 1774. — Son A. R. MaximUien-Joseph, archiduc d’Autriche,
coadjufeur dO grand-maitre de TOrdre Teutonique, visite I’Acndimie
— 47 —
i midi «n compagnie d« Georges Adam de Starhenbergi prince du
Sajnt>£mpjre, ministre a la Cour de Bruxelles, du secretaire d'Ctat
ct de Guerre Van Cnimpipen etc. 11 est re^u sans compliments, en
vertu d’ordres superieurs, par la direction et lea membres de la
Glide Samt4,uc.
26 MARS 1775. — Distribution des prix dans la Schildcrskamer au-
dessus de la Bourse, en presence de deux jeunes princes de Sabn-
Salm et du comte de Respagni de Malines.
24 SEPTEMBRE 1780, — Gustave III de Suede, sous le nom de comte
de Haye, en compagnie de baron de Momcn, lieutenant-g^n^ral
faisant fonctions- dc ministre, du comte de Creutz, ambassadeur h
la Cour de France et de trois autres seigneurs suidois, venant de
Spa et de Bruxelles, visitc I’abbaye Saint-Michel. les 6gliscs, I’Aca-
d^mle. II admire des tableaux chez Peeters, Artsclaer, Van Havre,
Kuyts, Van Lanker, Stevens, et s'arr^te chez les peinfres Lens, Dc
Cort, Antonissen, etc.
19 JUIN 1781. — Joseph 11, longeant I'Escaut a chevai depuls la Hollande,
s'embarque au fort de la Pcrle le 18i juin 1781 i mjdf et arrive
i 3 heures ii Anvers. II y reste jusqu'au 20. Jean-Alexandre Brambilb.
italien eb premier chirurglen, membre de I’lnstitut imperial de Bo-
logne. visite en secret b I’Acadimje le 19. Ce jour-U, a T.30 heure.
Fempereur recoit en audience le secretaire de I’Academie Van der
Sanden el s’informe de la marche de I’institution.
24 AOITT 1781. — Marie-Chrisfine, archiduchesse d’Autriche et Albert-
Casimir, prince des Pays-Bas, due de Saxe-Tesschen, gouvemeurs
giniraux des Pay.s-Bas, visitent I’Academic en compagnie de deux
officiers genfraux chambellans. lls acceptent le titre de profecteurs.
en nvoiiant tows denx qu’ils sonf membres honoraircs de I'Academie
de Rome et, la princesse en particulicr, qu’elle a appris 6 dessiner.
On offre a eellc-d un paysage peint pour cllc. Dans la salle dc
Saint-Lue le prince prend plaisir s'asseoir sur la chause de Rubens.
II ctait revOu d'un uniformc de gala, dicord de la grand’eroix de
I ordre de Sahit-Etienne. L'archiduches.se donnant f’exemple de I’ico-
nomie et dc la modestic, etait vcfue tres simplement et portait au bras
.son petit ouvrage.
— 48 —
13 JUILLET 17(G. — Paid Petrowitz, crarevltz de Russie, €t Atarie
Fedcrowna, son dpouse, sous le tifre de comte et de comtesse du
Nofd, visitent I’Acaddmie 4 5,30 heures du soir. Ils sont accom-
pagnes de Marie-Christme et d’AIbert-Casimir, gouverneurs gtSnd-
raux, ainsi que d’une dame d'honneur et de deux officiers de
marine, dont I'un 6tai^ le comte de Soltikow, et I’autre le prince
de Jusapow, du chambeUan prince Hurakin, de M. de Crumpipen,
secretaire d’Etat et de Guerre et de trois officiers de la cour en
toilette de* gala. Ils Wiciterent -surtout Pierre* Faes, peifltre de
fleurs et eurent unc enfrevue avcc Augustin Ritt sur lequel le secre¬
taire de I’Academie leur remit une notice. Le comte du Nord por-
tait runifoime de grand amiral, blanc avec parements verts. Sa
femme ^tait vftue assez modestement d’une robe brod6e de petit
gris et ^ait coiffee san.s histe.
12 AOUT 1734. — Le comte Ch. de Palfy. grand chancelier du royaume
de Hongrie, le comte Francois d’Esterhaay. g^ndral de S. M. PEm-
pereur, tous deux magnats de Hongrie et chevaliers de' Ia Toison
d’Or, ainsi que la cnmtesse d’Esterhazy, visitent TAcademie. Ils
d6:larent qu’avec celles de Rome et de Paris elle ddpasse foutes
lea autres.
9 MARS I78S. — I.eurs Altesses Mgr. le prince de LIgne, chevalier de
la Toison <fOr. commandant gdndral de la ville d’Anvers et des
avant-postes sur les bords du Bas-Escaut. propndtaine d'un rdgiment
d'infenterie au service de S. M. PEmpereur et Roi etc., et Mgr.
fe due d’Ursel. de Hoboken, seigneur de Wesemaele, porte-4tendard
hdrMitaire du duchd de Brabant, gdn^ral major etc., visitent TAca-
ddmie i 7,30 heures du soir. Leur visile dure deux heures. Hs
encouragent les Olives finiasant leurs concoura. admirent les mo¬
dules et felicitent les profesteurs.
5 AOirr 1785. — Leurs Altesses Royaia les Gouverneurs 04n4raux, arri¬
ves par eau de Bruxette^ d4barquent ni p<Mt k 11 beurea A 1 h.
Bfi viiUent I’Acadimie avec leurs frkre et soeur Clement Wencealaa.
prince royal de Pologne, due de Saxe, archev8que iiecteur de
Tfk\’ea, et Marie-Cunigonde, princesse abbesse de Thorn et d’Essen.
Ils sont suivis du comte de Seckendorf, du g^n^ral baron de Kem-
pelen et de Mgr. de N^is, dvequc d’Anvers, chez qui ils logent.
Its admirent un bas-relief en marbre blanc de De Smedt, un des
directeurs, et font viaite i Geeraerts, directeur presque octogdnaire
dont ils louent beaucoup une grisaille. L’adrcsse suiv8nte(t) leur etait
destinde, mats des ordres supdricurs cn empcch^rent la lecture:
Qu’on revere la Grvee, en berceau des beaux-arts
Augustes protccteurs!
Qu’Alexandre !e grand parmi I'exploit de Mars,
Aima, prot^gea dans Lysippe, dans Apelle,
Cr^ateurs des morceaux, dont la nature si belle
Parut leur envier les effets plus frappants,
Que I'Amour, les trois Graces du goQt le plus charmant
Que Rome en paix sc vante d’Auguste, de M^cene,
Qui operent aux talents, arts, lettres, toute la gOnc
Par bienfoits, par honneurs, ces alimens d’espriti
L’empire possede un chef; la Belgique en jouit
A son bonheur plus grand, k litre des plus justes
Dans ses grands gouvemeurs, des rejetons Augustes
d'Autriche et de Saxe, dont cette acad^ie
Vante la protection, si puissante quo chore.
Daign^s, Madame! Daignds Monseigneurl point entendre
Ma lyre qu'en instrument des hommages a vous rendre
Pour les coeurs ipanchis, les membres assembles
des artistes i^jouis. par la trolsl^me vistte,
par I’art d’encourager les Arts, mains et m^rite
i Taspect honorant les astres, ^ctairant
I'Empire, Treves et TTiorn par leurs bienfaits brillants
Si Corinthe siege des arts, illustra toute la Grke
Aussi par le commerce, si Rome fleurit sans cesse
par les soins paternels des Augustes bienfaisans;
Anvers ose presenter ses voeux reconnaiasans!
Des Augustes protecteurs!
les tres humbles et les trfes devoucs serviteurs,
J. Vander Sanden.
50 —
[itCEMBKE 1785. — Derain de Copenhague, peintre* en miniatures, pen-
.sjonne dt* Chri.‘cflan VII de Danemark, ef De Bach, peintre dessi-
nateur, nonwie chevalier par StanisUs-Auguste Ponlalowski, roi de
Pologne, visitent rAcad(Jmie en venant de Dusseldorf. Us parfent
pour Paris et Tltalie.
11 MARS 1788. — Apres-midi S. A. Madame !a duchesse d’Arenberg
etc., avec une lady, un lord et un chevalier d^core de 35 ordres
(sic), visite I'Academie en s'intdressant surtout a Tarchitecture,
dans faquelle son prot£g(i, Maxknilien Geeradts, vient d’^re nomme
5' .sur 17.
30 JUIN 1786. — L. A. R. Ferdinand-Charles, prince de Hongrie, archi-
due d'Autriche. lieutenant-gouvemcur et capitaine g^n^ral de la
Lombardie, et Marie-B^atrice, sa temme, h6fiticre du duchi* de
Modene, sous les noms de comte et comtesse de Nellembourg,
arrivent k Anvers vers 2 heurcs. IIs visitent quelques ^glises, le
palais episcopal ou I'archiduchessc-. fatiguie se repose, et I’Acadfmie
oil on les attend depuis midi. Geeraerrs a recu avis d’y prseenterses
tableaux. On lui achete une «Diane apres la chassc. entourie de
nymphes et de compagnes*. une -tVenus couchw* a laquelle pluaeurs
amours viennent presenter des guirlandes>, et un eoeur servant de
cible et perce de flechcs.
JANVIEJ^ 1701. — I.C comte C. Staray, clwvalier de Tordre de Saint-
Jean de Jesus et de I'ordre de Marie-Thtrese. gi^n^rnl major, com¬
mandant d'Anvers et de la division d’infanterie ainsi que le sieur
de Moitclle. general major et commandant de la citadelle, visitent
I'Academie pendant deux heures en compagnie de beaucoup d’of>
ficiers. 11s se montrent tres aimables.
19 FEVRIER 1791. — Le comte von Haddicti. colonel commandant le
rigtment des Hussards au service de Leopold IT. visite TAcad^mie
avec quelques officiers de son regiment.
9 JOIN 1794. — L’empereur Francois 11, venant de Bruxelles par Mallnes
arrive k 1 heure, en compagnie de son frere I'archiduc ChaKes-
Louis, capitaine et goavemeur g^ndrat, dans un carosse attel^ de
— 51 —
six chevaux et escortd de soixantc dragons ,a I'hdtel du Grand
Laboureur. II y re^oit lea magistrals puis visile hauvement la ctfa-
delle, la cathWrale et I’Acad^mie oii le secrdtaire lui lit cette
piece de ver8(l):
A sa Majesty sacree
Francois II,
Empereur et roi.
Sirel
Aurora en chassant les tenebres
par la lueur du beau vermeil
d’ou s'envolent les hibnus funvbrcs
pendant que I'odeur et le miel
coulent duucement de ratmosphere:
I’aigle cherche les vertus solaires.
la ros^ baigne les v6g6taux
ses peries roulent sur la verdure,
les roses, lis, la mignature
des jardins, prds, champs, arbrisseaux
La d^esse gaie vint vite instruire
I’EcoIe d'Anvers, sa vieille amle
que le plus beau jour va reluire
sur les Beaux Arts et favoris
du Pamassc, car Francois PAuguste
Ange de paix, pire doux, bon juste
Saut^ur des Beiges, conduit le char
d’ApoIlon, rendant la visile
d’une bont^ i jamais b^nife.
Triomphe Cdsar! Triomphe de Mars! ^
Sire!
de votre majestd Saerde
Les plus fiddles, obdisaants et ddvouds serviteurs
Les membres de I’Acaddmie royale.
J. Vander Sanden, seer.
?,7044
— 52 —
14 JUIN 1794. — VjRite de Jo*cph-Antojne, archiduc d'Autriche, frfere
de I’Empereur, coad/uteur de la grande maltresse de I'ordre Teu-
tonique, accompagn^ du colonel Spanocci, chevalier de Salnt-
Etienne, toscan.
— 53 —
UNE TERRE NEUTRE EN ARDENNE
AU XVIII' SIECLE.
BERTRIX
par
LEON LE.FEBVE DE VIVY
Pour I’historien, que! champ merveilleux — peu explore
encore — que I’Ardenne!
Chacune de ses regions a un pass6 qui captive el qut
retient d'autant plus I'aftention que, jusqu’aux derni^res ann^s
de I’ancien regime, a subsists toute son organisation f^odale avec
ses nombreuses classes maintenant leurs privM^gies contre les
atteintes du pouvoir central. Comme si un sol rugueux, de culture
dpre, peu attrayant pour I’^tranger, jso)6 par ses for^ts, ^tait la
meilleure defense contre les innovations politiquesl
La grande pr^vAt^ avec ses vilks de Bastc^ne et La Roche,
le corrrt^ de Chiny, le duch4 souverain de Bouillon y dtaient
autantid’entit^s bien distinctes et bien d^termin^es, ayant chacunc
son organisation sp^iale, ses coutuines, ses classes sociales.
D'une i Tautre. m£me r6unies sous la mAme couronnc comme
Bastogne et Chiny, des diffArcnces trfes nettes et — pour susciter
davantage encore d’lnt^rSt — prfes d’elles, au long d’elles si je
puis dire, une s6rie de terres ind^pendantes, aux habitants
conscients de leurs droits et d^cid^s k les d^fendre quoiqu’il dHt
leur en coOter.
Chose curieuse: I'histoirc de ces terres indSpendantes —
quantises <terres franches> ou «neutres», «terres de non 4tat>,
— 54 —
<souverain€t^s», certaines des plus minuscules puisque, avec
Saint-Hubcrt, Muno, Chassepierre, Bertrix, s’y rangeaient aussi
Auby, SaintC'C^cite, Cugnon, Morlehan, Nassogne av«<i leurs
25 ou 30 bourgeois — a de 1650 A 1770, toute I’histoire de
nos Ardennes, chacun de ces lout petits ^tats luttant pour se
continuer tel, les Pays-Bas tendant A les absorber fandis que
Paris s’effor^ait de les maintenir sous sa sauvegarde; Tune et
les autres ayant les meilieures raisons pour vouloir le triomphe
de leur politique.
L’ensemble de ces terres m^riteraif une Atude. Si je vous parle
de Bertrix de preference, c’est parce que. plus que toute autre,
elle m'a paru symboliser iws Ardennes, tenace, opinlStre, ne sor-
lant de son mutisme que pour jeter A la face d’un agresseur
d^loyal et victorieux par Tabus de la force tout le inApris d’une
Arne indompt^.
* * *
Bertrix en Ardenne — ou plus exactement Les Bertrix, qui
comprenaient en une seule paroisse les trois hameaux de
Renauval, Burhaimont et Boh^monl —, gros village situe sen-
sltHement au centre d’un triangle que formeraient St-Hubert,
NeufchAteau et Bouillon, franc alleu A Torigine. ^tait au XVII*
siAcle poss^d^ indivis^ment par trois seigneurs qui s’en d§cla-
raient les souverains: le due de Bouillon, Tabb^ de St-Hubert ef
le comfe de Rochefort, celui<i au titre de seigneur de Neuf-
chAteau.
. La justice y etait rendue en 1* instance par la haute cour
compos^e de 3 mayeurs, 3 kihevins, 3 sergents et 1 greffier,
chaque seigneur nommant son mayeur, son 4chevin et son sergent
et Jc mayeur du due de Bouillon ^tant Ic droit chef de la cour
<toujours le premier soft au siAge de justice, soit A T<£glise, A
Toffrande et aux processionsi. En dernier ressort et souveraine-
ment. jugeaient les trois pr^vftts, <*fficiers ou <commis» des sei¬
gneurs, r^unis A Bertrix mSme avec Tassistance du greffier local,
statuant A la majority des voix et par qui furent prononc^es plu-
sieurs sentences de condamnation A la peine capitale — sentences
— 55
loujuurs suivies d'ex^cution sauf en cas de grace accords simul-
landment par ies trois seigneurs.
Si la souvcrainet6 du lieu 6tait indivisc, les habitants, se
qualifiant tous — et avec quelle fiert6! — ^bourgeois de Bcrtrix»,
y etaient en r^alit^ bourgeois d’un des trois seigneurs; «les sub¬
jects et bourgois et maisons estant partis, separes et discern6s
seachant chascun seigneur les siens», proclaraent des records
de 1574 et 1695.
Sa population, essentfellemcnt agricole, se divisait en trois
classes bien distinctes:
a) les iaboureurs ou «laboureurs pleins* qui possedaient
et cultivaient assez de biens pour en retirer itn revenu minimum
de 100 quartels d’avoine ou 40 charr^es de foin;
b) les dcmi-laboureurs, k qui la culture de leurs biens ou
des terres d'autrui n'assurait pas de telles ressourccs;
c) les manouvriers ou non-laboureurs.
Chacun — sauf les niayeurs en charges ct ceux qui en (Etaient
exempts par d^ret de leur seigneur propre — ^tait astreint
k des prestations en argent ou cn nature.
Des foires tr^s fr6quenti5es s’y tenaient pour lesquelles Jouis-
saient de pnvil^ges non seulenient les habitants de Bertrix mais
aussi tous ceux du duch4 de Bouillon, des terres de NeufehSteau
et de St-Hubert.
Jusqu'en 1650, la souverainet^ dc Bertrix r»e souffrit aucune
a.tteinte. Comme les peuples heureux, elle n’eut pas d’histoire;
a peine sa quietude fut-ellc trouble par queloues tentatives du
due de Bouillon dc s'assurer la primautf. En 1611, tes Archiducs
avaient certes tent6 de comprendre cette terru tranche dans Ic
d^nombrement du Luxembourg; sur protestation, ils n’avaicnt
pas insists. En 1656, nouvel cssai: la taxe est fix6e alors 5 un
feu pour la part relevant de Neufcli^teaii; .sur refus de payer,
on laisse I’affaire en 6taf.
Mais, vers 1664, se produit un evdnement qui attire sur
Bertrix I’attention de I’Espagne: d'accord avec r^vfique de Li6gc
encore due de Bouillon, k cette ^poque, et avec l’abb4 de St-
Huberf, Louis XIV a dtabli, de France k Li^ge, des chemins
— 56 —
publics, (eilcment clirigds qu’ils ne touchent nulle part aux terres
luxcnilx>urgeoises. Ces routes — que Ton d^nomme chemiins
neufs — pcrmettaient, avec celle de Givet h Dinant par Blai-
niont et Falniignoul, le transit en franchise de douanes de tous
les vins et tissus fran^ais vers Liege et privaieni les recettes
du Roi Catholiquc d'environ 200.000 florins I’an. La plus impor-
tante, par Sedan, Bouillon, la fordt de Luchy et St-Hubert, ser-
vait aux manchandises venant de la Champagne et ae Paris ou
.destinies ii ces regions, tandis que I’autre, par Carignan et les
terres neutrcs de Chasscpierrc, Sle-C6cile, Mortehan, Cugnon,
Auby. Bertrix, rejoignant la premiere dans la forfit do Luchy,
clait la voie indiqu6e aux commer^ants du Clermoniols, des Trois
Ev<^h6s et de la Bourgogne.
A Timportance dcononvique que pr^sentait ainsi pour I’Es-
pagne Bertrix, situ$ sur le chemin neuf, s’ajoutait encore un
intdr^t politique: le Luxembourg se trouvaif san^ communication
direcie ais^e avec sa pr6vftt6 d’Orchimont dont le seul d^ouche
astreignait h un long detour. L’annexion de Bertrix aux Pays-Bas
cut fait disparaltre cet inconvenient et, combin^e avec oeflle des
autres terres neutres. St-Hubert notamment, en isolant du duch6
de Bouillon, de la Lorraine et de la France la principaut^ de
Liege tant convoifee, eflf largement contribu6 ^ runificafion de
nos provinces.
S’emparer ilcs terres neutres devint le mot d'ordre, cepen-
dant que la dimplomatie fram^aise s’effor^ait de les maintenir
sous la sauvcgarde du grand Roi.
Soumoisement d*abord, on voudrait <Ies faire contritmer sous
main au souiagement dc la province de Luxembourg> mais ici
c’eat le gouvemeur lui-mfrme, prince de Chimay, qui se refuse
a pareil moyen.
En 1674, on tentc et on r^ssif i obtenir d’elles un droit de
c uluvement extraordinaire, € reconnaissance de frais de loge-
ment ou redemption d'iceux que payeront ou supporteront DE
TEMPS A AUTRES les habitants des dittes terres*. cDe temps
i autre...* avait-on dit, mais conaenti en 1674, Timpdt est exig€
en 1675, 1676, 1677, 1678 ef fl faut, pour y mettre fin, la
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victoire des armies fran^aises. Unie k la France avec le Luxem¬
bourg en suite des arrfits de la Chambre de reunion du Parle-
ment de Metz, Bertrix, occupy militairemcnt, ne payc plus de
droits mais supporte les charges plus lourdes des logements
militaires.
Le frait6 de Ryswyck la rend k son ind^pendancc et, le 16
juin 1698, en presence des «comniis> du prince de la Tour d'Au-
vergne devenu due dc Bouillon, dc I’abb^ de St-Hubert et du com-
te de Lowenstein, comte dc Rochefort, les 82 bourgeois, chefs de
foyer, cassembl6s au son dc la cloche cn la maniere accoustu-
m6e», proclament ttous unanimement qu'ils reconnaissoient
lesdits trois seigneurs par indivisse pour leurs troy et seuls sei¬
gneurs s(Miv(>ra'tn et en conc^quence ont prestez entre leurs mains
le serment de fid4Ht6, fold et homage».
Bertrix dtait k nouveau libre.
Aussitftt reprend le travail d’annexion aux Pays-Bas. Les
tentatives d’occupation par les troupes luxembourgeoises sc re-
•nouvellent. En 1703, premier raid avec enlevement d’otages et
perception d’une contribution extraorduiaire qui, d’annte en
ann6e, sera exigie jusqu'en 1734. Cependant que des agents de
l’6tranger fomentent des troubles, provoquant de la part de
certains immigr^s, des rebellions qui r^parent les «assembl^s
de soumission» de tous les bourgeois en 1711, 1712 ct 1726.
Entretemps, en 1718, des troupes qui s'6taient 6tablies k St-
Hubert avaient aussi impost k Bertrix un bureau de douanes.
Mais une r^clamatimi immediate de la diplomatie fran^aise les
avait amends k se retirer.
«Les choses sont resides dans cet dtat, nous apprend un
rapport de I’dpoque, jusqu’sl la fin dc 1734. Alors le conseil de
Luxembourg a cru que le temps dc la guerre dfait une occasion
faviorable pour dtendre son district... et soumettre A la souverai-
netd de I'Empercur la scigneurie de Bertrix. Sur le refus des
habitants, plusieurs des principaux furent enlevds le 1*' Janvier
1735 par un ddtachement de 100 dragons de la garnison de Lu¬
xembourg.* Vexations et violences inutiles: la souverainetd de
Bertrix ne daigna pas se soumettre A cclle de I’Empereur. C’est
— 58 —
alors quo le 18 ddcembrc de la meme ann^e 50 cavaliers de la
gannson de NeufchSteau firent prisonniers le cur^ de Bertrix,
les trois inayeurs et que, par voies de fait, ]c bureau de douanes
de Ncufchdtcau fut dtabli par I'administrateur g^n^ral baron de
Sottelet, k Bertrix mfime. Le triomphe de ce haut fonctionnairc
fut de courte dur^; I'ann^ suivante, il dut rSinstaller k
Neufchlteau son bureau d’impdts et, qiielques ann^es plus tard, .
!e roi de France obtenait i nouveau la liberty de ses chcmins
neufs.
Cependani les ordres de Vienne et de Bruxelles restaient
formels: «II ne faut rien Ucher>, stipule un avis du Conseil
Priv^, <qul puisse nous pr^judicier par rappel a notre defense
ou a notre conrmercc qui d^pendront prcsque enti^rement des
soins que nous prendrons de conserver nos terres. de faire restl-
luer celles qui doivent apparfenir i S. M. et de soatenir sa
souverainete sar Si-Hubcrt, Bertrix, Muno, Cugnon, Chassepierre,
Morlebon et aufres terref: jroncfres parce que, du moment que
nous nous reiacherons il ces 6gards, les Francois et les Li^geois
feront le commerce de la Suisse, de I’Alsace, de I’Allemagne,
de la Bourgogne, des 3 6v&ch^s, de la Lorraine, et autres con-
trdes a notre exclusijn et en passant pas nos terres sans paier
Jes droits d’entr^e, sortie ou transit dus k Sa Majesld.»
Timidemenl, la jointe de Luxembourg proposalt, au de¬
triment do I’abb^ de St-Hubert donf on oontesfait evidemment
I'ind^pendance, un arrangement avec Ic due de Bouillon et
r^vfeque de Li^ge; au premier on eOt donnb les compensations
teiriloriales ^quivalanf aux 2/3 de la souverainete de Bertrix. *
D’autres Changes entre Bouillon et Orchiment 6taient aussi en¬
visage, mais Vienne comptait sur le temps et sur la force de
ses armdes pour r6aliser son programme d’annexkxi... sans en
subir le moindre donimage.
La convention des Limites du 16 mai 1769 lui donna raison.
Par ses articles 28 et 29. le Roi de France renon^ait k toutes
pretentions form6es par lui pour Tindipendance des terres de
Cugnon, Qiassepierre, Bertrix, Muno, St-Hubert, Nassogne,
Auby, Sainte-C6cile.
— 59 —
Sans doute la renonciation de la France iie pouvait-elle
suffire pour attribuer k TAutriclie la souverainete de Bertrix.
Vienne le comprit qui laissa signer par son ambassadeur une
declaration jointe audit trait6 et casseurant au Due de Bouillon
Tadvantage de pouvoir obtenir pareil r^glcinent pour les limites
de son duch6 avec celui de Luxembourg*. Des propositions luf
furent demandecs. II offrit d'abandonner certains de ses droits
notamment ceux qu’jl poss6dait sur Bertrix centre cession dc
inenues seigneuries luxenvbourgeoises et restitution dc terres
usurpees. Le comte de Mercy-Argenton, charge de les examiner,
dut admettre que les droits du due sur Bertrix ^talent s6ricux et
justifiaient un d^dcmimagement. On en saisit la jointe des terres
contest6es. C'^tait r«encominislonnement» en r^gle avec toutes
ses lenteurs. Mis au point par une nouvelle convention dc 1779,
Je traits des Limites ne r6gla rien des pretentions des La Tour
d’Auvergne sur Bertrix.
Le due de Bouillon eut beau renouveler ses instances, cn-
voycr ses ambassadeurs k Bruxelles et k Vienne; il n’obtint rien
et rAutriche, de 1779 k 1795, put se dire seule souveraine de
Bertrix. La force primait le droit. Joseph II ne fit qu’ac-
centuer la mani^re. Le procureur g^n^ral dc la cour de Bouillon
Linotte de Poupehan qui fut ddl6gu4 auprds du prince de Sta-
renberg en 1782 6crivait k lui:
cUn si grand ^loignement k nous rendre justice prend sa
source dans le caract^re de I'Empereur; on sait que ce Prince
a de grandes vues; il veut non seulement se maintenir dans une
defensive respectable mais encore se trouver en position de
profiler de tous les fevfenements pour ajouter de nouvelles Pro¬
vinces i 66$ Etats.
Il aime d^sordonndment I’argent non par une vaine manic
de th^sauriser qui ne scroit que ruineuse pour les peuples mais
comme moyen de servlr son ambition. Aussi ce Prince ne n^glige-
t-il aucune mani^re de s’en procurer: ^conomie dans son Palais,
r^gularitd dans la perception dcs impi^ts, demolition des forteres.
ses, reforme des Etats-majors, retrait des pensions faites par son
Auguste Mere, suppression des maisons religieuses, vente de Sis
— 40 —
propres domaines, tout en un mot esf employ^ pour faire couler
I'argent dans ses coffres par tous les canaux possibles...> C4der
en quoi que ce soit sur la question de Bertrix eOt arneniJ Joseph II
ou a payer une indemnity au due de Bouillon ou k renoncer k
un bureau de douane d'excellent rapport. L'Empereur s'en garde
bien et resfa par la force seul maltre d’une terre souveraine
jusqu'aiors.
* * *
Si une occupation de fait toi^r^e par les Traits avait rendu
Bertrix terre luxembourgeoise. viennoise, ils n’avaient pu n^ali-
ser que les habitants daignent renoncer k leur ind^pendance. Les
cBertnjots> tinrent au contraire k la proclamer dans une protes¬
tation qu’ils firent k Bouillon d^s le 12 d^mbre 1769 ,ayant
ii leur tfile (ous les memhres de la cour de justice — dont cer¬
tains dtaient chez eux, non les bourgeois du due, mats ceux du
*comte de Rochefort, vassal de I’Empire. Tous s’unirent dans
la r^istance contre ceux qui restaient k leurs yeux des occupants
sans droit.
Pendant plus d'un si^Ie, pour maintenir la liberty de leur
terre, ils avaient, avec une invincible t^nacitd, supports toutes
les ^reuves: les confiscations, les pillages, les deportations.
Lorsqu’ils virent que, malgr6 toutes leurs souffrances, e’en 6tait
fait de leur antique ind^pendance. ces Ardennais, qui de la lutte
avaient gard^ leur caraetdre taciturne, sortirent de leur mutisme.
N’ayant rien pu obtenir de Taction, ils ^prouv^rent le besoin de
proclamer en paroles lout ce que Tatavisme avait mis d’indompta-
ble dans leur coeur, de crier leur hiaine de Vienne.
En 1736. le baron de Sottelet, quittant, furieux de son
icfiec, le territolre de Bertrix, avait stigmatise leur entStement
en les Qualifiant de «baudets». L'ipithete 6tait appliqu^e avec
d'autant plus d’i propos que les gens de Tendroit se servaient
vokMitien d'ines, plus endurants et d’entretien plus ais^ que des
cbevaux, pour les convois de marchandises au long du chemin
neuf.
Ce mot du haut fonctionnaire autrichien n’eut 6te, en cas.
de victoire ddfinitive des habitants, qu’un banal incident de lutte.
II fut, d^s I’annexion de leur sol, le cri de raltiement des vaincus.
Leur chant national — adapts de la chanson de I’Ane que des
rouliers d€ I’lle de France leur avalent chanties — fut cetfc
Bertrijotte chant6e encore aujourd'hui et oO la m^re Snesse,
jct6e dans un foss6 par les troupes autrichiennes, legue k ces
marchands de chevaux personnifiant la cavalerie ennemie — en
terme dc supreme mtSpris —
le soufflet du derrifire.
Tela jadis les gueux des Pays-Bas, Ics cbaudet$» de Bcr-
Irix furent fiddles k leur ideal, inalgr^ le gouvernement.
Lors de la creation dc I'Acad^mie de Bruxelles par Timp^ra-
trice Marie-Th6r6se, — nc voyant ]k qu’une institution des
autorit^s ex$cr6es — lls la parodiferent en i§rigeant chez eux une*
«Acad^mie dc Baudets>, litt^raire in6diocreinent, antiviennuise
farouchement, usant pour sceau d’un fer d'dne ct accordant d
ses lauri^ats, avec une place d’honneiir dans le chceur de I’^glise,
le droit de porter, aux reunions de I’assembl^e, une couronne*
rehauss^ de volumineuses oreilles d’Sne.
A scs concours annuels, le genre qui plaisait surtout dtait
la satire du regime abhorr^. Quclqucs questions nous en donnent
la preuve:
r Le triton fr^quemmenf employ^ dans le plain-chant de Ber-
try est-il v^ritablement anormal? Appr^iez k leur juste valcur
les autorit^s du baron de Sottelet, du ministre Cobenzl et du
g^n^ral de la Tour et indiquez Teffet de cet accord sur les
non-progres des troupes imp^riales.*
2*. eSupposez un I^gislateur ancien ou moderne tenant en
main une queue de baudet pass<^e k une fumigation de soufre.
Sera-t-il pour ou centre les 6dits de rdformc de Joseph II?>
3^. cD^finissez Ic clair de lune ct peignez k quinze pas k
Tombre d’un h$trc steulairc deux baudets prenant Ic plaisir de
se galler tandis que les Autrichiens quittent le chemin neuf.>
La cour de justice elle-mfinie adopta pour sceau trois fers
d’Sne et enjoignit k son substitut greffier de I’apposer au bas de*
<l()cun)ents destines au conscil provincial de Luxembourg!
L'hostiiit^ de Bertrix au regime aufrichien avait dur^ aussi
longicmps que le regime lui-mdme.
La haine dc I'^trajiger subsista.
Lorsque, en 1793, le$ sans-culottes fran^ais, semant les
dcuils sur leur passage, af^rocti^rent dc Bertrix, lls trouvferent
devant eux unc bande de volontaires dont le chef fut plus tard
condamn^ a morl par !e conseil de guerre de M6zidres. Cette
troupe de «ba4jdets>, par son action aiergique, retarda I’occupa-
tion definitive de Bertrix par les troupes fran^aises pendant
plusieurs mois. Cette commune fut cit^e alors dans les communi¬
ques ennemis comme endroit dangereux de francs-tireurs. La
justice ne cessa d'y etre rendue au nom des anclens seigneurs
qu'en sepfembre 1795. Le dernier aefe de la haute cour est du
28 de cc mois ct est sign^ de Nicolas Collette, Mayeur, Nicolas
Pensard, 6chevin et Pierre Ouidard. greffier.
L’esprit nationaliste dcs«baudets»se manifesta encore en 1819,
quand, apres la tourmenic ot I’Empire, les puissances cr66renl
les Pays-Bas et que fut restaur6 un ephem&re duchd de Bouillon.
Inspires par leur Academic, (es «Bertrijots» refuserent de se lais.
scr rattacher h la Hollande et voulurent revendiquer la nationa¬
lity ix)uiIlonnaise. Mais en 1830. Ior.sque sc leva, pour chasser
I'ennemi de nos libertes. une compagnie de Bouillon, des gas
dc Bertrix s’y joignirent. tiers dc penscr a cetfe ind^pendance
qu’allait avec eux. connaltre enfin toute la Belgique. Leur bour-
gmestre lui-myme s*en fut aussi, comme c ilieutenanf», jus-
que Namur et ne regagna sa maison communale que sur les
instances du gouverneur baron de Stassart.
63 —
De I’origine de quelques types
monetaires beiges
par
ALBERT VISART DE BOCARME.
Quand on cmbrassc du regard I'enscmble des monnaies qui
ont vu le jour dans notre pays, on est frapp6 de voir combien
le nonibre est grand dcs types mondtaires quc nous avons cm-
pruntds i I'dtranger.
cLe monnayage de la Gaule, dit M. A. Blanchet (1), dtait
» surtout composd d’imitations du numdraire des autres rdgions
^ du monde antique>.
Des statdres de Philippe de Maeddoine, des pidees de Ta-
rente, des drachmes de Rhocks, des consulaires, pendtraient dans
le sud de la Gaule par Marseille et la Provence. Des copies dc
ces pidees, parfois trds bien faites, circulaient a cdtd des origi-
naux et servaient i leur tour de moddic d dcs graveurs barbares;
a mesure quo les copies de copies s’dloignaient de leur source
premidre. le type s’altdrait de plus cn plus Ainsi se fait-il quo
les monnaies, attribudes avec vraisemblance k la Belgique ac>
tuelle, sent tellement ddgdndrdes, qu’on aurait de la peine k
(I) Manuel de Numbmatique fran^aise, I, p. 14.
— 64 —
trouver un sens k leurs empreintes si I on n’avait pas r^tabli les
stades de leur d^fonnation.
EIlcs d^rivent, en g6n6ra]» dos statures d’or de Philippe de
Macedoine, portant au droit reffigle d’Apollon et au revers une
Victoire, conduisant un char attel6 de deux chevaux.(PI. I, n* 1)
De Teffigie, il est rest6 chez les Nerviens I’oreille, I'aigret-
tc et des boucics de cheveux qui ont toutes sortes de formas,
parce que les graveurs ne savaicnt plus ce qu’ils repr6sentaient;
chez les Tr^vires, Toeil avec I’arcade sourclli^re se montre sous
la forme d'un angle, dans lequel primitivement se trouve un
ceil, bicntAt remplac^ par une roue.
Au revers, ce sent les chevaux du bige surtout qui ont rete-
nu I'attention du graveur barbare; mais des deux chevaux il n’en
est rest6 qu’un, et les belles formes du module grec se sont
alt4r6es k tel point qu'elles sont presque m^nnaissablcs. Le
fjouvenlr du char antique est souvent conserve par la represen¬
tation d’une roue, plac6c entre les pieds du cheval ou aAi-dessus
de lui (PI. I, n* 2, 3, 4. 5).
Il n’y a pas plus d'originalit^ dans les monnaies m^rovin-
giennes que dans les gauloiscs. Quand on ouvrit le tombeau de
Child^ric k Tournai en 1654, on n’y trouva que des monnaies
'Omalnes ou peuWtre des imitations de monnaies romaines.
Le numi&Taire des successeurs de Clovis (t 511) est d’abord
une imitation servile de celui de I’empereur Anastase I (491-518)
tc.ir conteirporain: tout y est conserve, le huste du droit, la
Victoire du revers et jusqu’i la 14gende copi6e tant bien que mal.
(PI. I. n" 6).
Th6odebcrt (534-547) inscrit son nom sur oes monnaies ;
mais au revers, il maintient la Victoire ^prunt^e k celles de
Valentinien III (425-455) et de justinien (527-565). Elle fient
de U droite une longue haste, surmont^e d'une croix; de la
gauche un globe cructg^re; k I'exergue, le graveur reproduit
rinacription C 0 N 0 B (Constantinopoli obryziatum), qui d^i-
gnait I’atelier mon^taire de C>>nstantinople et dont il ne compr^td
plus le sens. (PI. I, n* 7).
— 65
A Treves, i Huy, les monnales de Sigebert I (561-571)
offrent le type digin6r6 du num6raire de Justinien. (PI. 1, n* 8.)
L’effigie des monnaies m^rovingiennes est presquc tou-
jours k droite; Ic graveur, en crcusant son coin, gravait un profil
k gaiuchc, plus facile k executor qu'un profil k drcite; I'iinage
alnsi produite 6tait renvers^e dans la frappe. II n'y a, en somme,
d’original, dans les gauloiscs et les mdrovingienncs, que ce qu'y
ont inis la maladrcsse, I'ignorancc et Ic manque de comprehend
sion du monnayeur barbare.
Le numeraire des deux 6poques que nous venons d’etudier
se composait presque cxclusivement de monnaies d’or. Un chan-
gement prof-ond se produisit sous les Carolingiens.
Si lo rftgne de Charlemagne montre un immense progris
au point de vuc de la puissance militaire, de I’organisation poli¬
tique, de rinstniction, d'autre part il coincide avec une periotic
d'appauvrissement du centre de TEurope; appauvrissement dont
le grand empereur fut inipuissant k conjurer les effets ct dont
la conquete de la M6diterran6e par I’lslam semble avoir 6t4 la
cause principale; il se nianifeste k [’Evidence par la substitution
de I’argent k Tor dans les monnaies (1).
Le type du denier carolingien se fixe dans la seconde
p^riode du rkgne de I'empereur, apr^s l’exp6dition d’ltalie ;
d’une r4gularit6. cl’une uniformity qui ne se verra plus au cours
de notre histoire monytaire, il se caractyHsc soit par une lygende
en deux lignes dans le champ (PI. I, n* 9), soit par un mono¬
gramme, mais surtout par un temple tytrastyle au droit, une
croix au revers. (PI. I, n* 10).
Les beaux caractyres de la lygende sent bien formys et
parfaitement lisibles.
Ces monnaies sont presque semblables dans tout Tempire:
un denier de Bruges (PI. II. n* 11), de Gand, de Courtrai ou
de Duursfede (PL II, n* 12, 13) ne se distingue que par le
style de ceux qui furent frappys en France (PI. Il, n’ 14), en
Ttalie ou dans le nord de TEspagne.
(2) Comp. H. Pirenne, «Le$ Vllles du Moyen Ages, pp. 36 et suiv.
— 66 —
Pour la premiere fois, nous nous trouvons devant unc em-
preinte originale; tout au moins ne lui connaissons nous pas de
prototype.
C’est elle, au contraire, qui sera utilises comme module :
des mennaies, grossidrem^nt imit^es de celles de Charlemagne
ef de ses successeurs, ont vu le jour, au IX* et au X* si^cle, en
Prise, dans les ^tats scandinaves, en Pologne; certaines Emissions
barbares du Danemark, qui portent au droit le nom de CAROLVS
en deux ligncs, et au revers Tinscription STAT, dernifere syllabc
de DORESTAT, sont la copie de deniers carolingiens de Duur-
slede, pr^ de Maestricht. (PI. II, n" 15).
Le type carolinglen au temple et au monogramme, quoique
tres d^gdn^rc, cst nelfeinent recojinaissable sur les monnaies fla-
mandes attributes ii Arnould II (964-986) et k Baudouin k (a
Barbe (989-1036). (PI. 11, n’ 16.)
Le monnayage au type communal qui domine cn Flaitdrc
et en Brabant aux XII* et au XIII* sitcles, correspond S une
p^riode de prosptrite teonomique. C’est une monnaie saine, en
dtpit de acs petites dimensions: I’empreinte de quelques deniers
s’inspire dc sccaux comniunaux contemporains. (PI. II, n** 17.
18, 19. 20).
Ce numtraire ne doit rien k I’ttranger; il est inttressant dc
Ic notcr cn passant et c’est unc observation dont nous ferons
fcssorlir I'importance plus loin.
Le regne de Guy de Dampierre (1280-1305) va nous mon-
trer une dc ces imitations monttaires dont nous verrons de si
nmnbrtux exemples dans la suite et qui ne sont plus des copies
malliabiles, exteuttes tant bien que mal par des demi-barbares.
niais des repliques exactes du numeraire ttranger, contrefalt avec
un art consonimt.
L'^sUr/in u la iete de Guy de Dampierre se distingue k
peine de celui du roi d’Angleterre Edouard I (1272-1307) (PI.
III. n* 21); au droit, le bustc du roi, couronnt, Ic visage encadrt
ePune abondante chevelure; au revers, une croix pattte, qui
— 67 —
coupe la Idgende, est cantonnee de 4 groupes de 3 globules.
Sur la nionnaie flamandc, Teffigle du comte est couronn6e dc
flcurs ef la I^gende seule est modifific. (PI. Ill, xf 22).
Robert de B^thune (1305-1322) y met moins dc scnipules
que son p6re: sur ses esterlins, il ceint la couronne royale (PI..
Ill, n’ 23) et parfois son newn’ ROBERTVS, dans la 16gende
du droit, est pr6c6d6e des lettres E D L, qu’on peut interpreter
par Edei, e’est a dire noble en flamand, en y mettant beaucoup
cle mauvaise foi; dies ne sont lit en r6alit6 que pour emprunter
au modele les premieres lettres du noin du rot E0(WARDVS).
(PI. Ill, n" 24).
L'esterlin anglais circulait en abondance en Flandre : des
trouvailles faites il y a quelqucs ann6es en ont mis au jour des
milliers. On comprend que le comte de Flandre ait profits du
credit que trouvait cette excellentc monnaie et qu’il ait abfit^
son propre monnayage sous la ni€mc enseigne.
li nc fut pas seul a le faire; Jean I cn Brabant (1268-1294).
Jean d’Avesne (1280-1304) et Guillaume I (1304-1337) en
Hainaut. Hugues de Chillon (1296-1301) h U6ge (PI. HI, n"25)
battirent aussi des esterlins au type anglais.
A Namur, Guillaume I (1337-1391) entoure son.effigie dc
la legende EDWILLELMVS CNMYR, dont les trois derniferes
lettres sont cI6form6es intentionnellement. Il faut un examen at-
tentif pour les distinguer des pidccs anglaises, oii le roi prend
le litre de DNS HYB(crniao), Seigneur d’lrlande. (PI. HI,
n‘ 26).
Mais dans cc coiicours d’imitations la palme revi^'Pt ^ Jca.i
I'Aveugle, comte dc Luxembourg (1309-1346) ; se« premieres
confrefa^ons portent la i6gcnde lOHANNES BOEMIE RE.K :
mais bientrtt. pour approcher davantage de l’orig*n.il, soti ncm
devient EDWANNES, et Ton peut dire que la ressemblancc
exterieure dc ses monnaies avee leur prototype est en raison
invcr.se de leui* bont6 en poids et en alloi. (PI. Ill, n" 27 et 28)
L'infroduction d’csterlins luxemlxHirgeois en Angieterrc
attcignit de telles proportions que F^conomic mon^taire du
— 68 —
royaume en fut troubl^e; le public ne distinguait qu’avec peine
ies mauvaises pieces.
Des mandements royaux, destines k r^primer ces graves
abus furent ddict^ en 1345 et 1346 et proscrivirent les tlush-
bournes>, synonyme de cfausse monnaie*. En 1346, la Chambre
des Communes s’alarma k son tour et r^clama I’institution d’une
juridicfion permanente pour juger et punir les coupahles. En
1352, I’introduction de clushbournes* en Angleterre fut d^clar^e
ccrime de Idse-majest6». (3).
L’imitation de Testerlin, qui ne se rencontre pas qu’en
Belgique, n’eut pas partout le meme caract6re. En Flandre et
en Brabant, ces monnaies sont de bon aloi et de juste poids ;
elles empruntent leur credit k une empreinte connue et estim^j;
c’est surtout k Li6ge et dans le Luxembourg qu’elles prcnnent
le caract&re d’un faux-monnayage.
Le type du gros iournois apparfit en France le 24 juillet
1266, quand Louis IX r^forma le systfeme mon^taire de son
royaume, devenu trop faible. II porte au droit un ch^tel, qui
pourrait n’Stre qu'une deformation du temple carolingien, en-
tour^ de la Ifgende TVRONVS CIVIS ef d’une bordure faite de
12 oves, nontenant autant de fleurs de lis. Ces 12 oves indiquent
peut-€tre que le gros toumois valait primitivement 12 deniers.
Au rcvers, une croix courte occupe le centre de la pifece ;
eile est entour^e de deux 16gendes concentriques; k I’int^rieur,
Ic nom du souverain ; LVDOVICVS REX; k I'extSrieur, une
invocation pieuse: BENEDICTVM' SIT NOMEN DNI NOSTRI
JESV XTI. Si I’on supprime la bordure et la l^gende ext^rieure.
ce qui reste est la reproduction du denier tournois. (PI. Ill,
n- 29).
Le type du gros tournois, avec sa double inscription, so’^
chitel, a un aspect si caractdristique qu’il attire {’attention au
premier coup d’oeil et que son image se grave facilement dans
(3) Comp. Bernays et Vann^rus, cHist iminismatique du comte,
puis duch6 de Lmembonrg*, pp. 9S et kul^.
— 69 —
U m^moire; aussi cette monnaie eut^elle un succes prodigieux et
^ one vogue durable.
Dans les Pays-Bas, elle est imitfe cn Flandre par Philippe
*<Je Tfhielte (PI. IV, n* 30), Jean de Namur, Robert de Bethune
^■(PI. IV, n" 31); en Hainaut par Guillaume II, Louis de Bavi&re
^ et Guillaume III; it Namur, par Jean de Namur (PI. IV, n” 32);
, en Brabant, par Ics dues jean II et jean HI; dans le comt^ de
I’Luxembourg, par Henri IV et Jean I’Aveugle (PI. IV, n‘ 33);
k Li6gc, par Hugucs de ChSlon et Thibaut de Bar; en H<Hlande,
|;|>ar Florent V, Jean II ct Guillaume III ; dans le duch6 de
^Cueldre, par Renaud II, sans compter une douzainc de seigneurs
^ de moindre importance.
i Les gros tournois n’^taieiit pas moins nombreux dans Ics
iautres pays que dans le nfttre; il semhle qu’on ne falsait gudre
*de distinction entre toutes ccs imitations; dans unc cinstruction
^^'pour les changeurs*. publidc chez Verdussen 4 Anvers en 1633,
: un gros de Philippe le Bel est rang^ parmi les imitations du gros
[^tournois ^mises k Franefort.
Sur les csp&ces beiges, le «ch5teU, dit cchfttel braban?o^^,
fecte une forme un peu diff^rente de celle de son prototype,
tours qui Ic flanqucnt sont surmont^es d’un toit ednique ;
ne sont pas poshes sur une barre transversale termin^e par
annelets; mais I’aspect g6n6ra] de la pi^ce est celui de son
le.
Les rois de France ne tard^rent pas k remplacer parfois,
leurs gros. le «ch3itel> par un autre emblfeme: un mono-
Ipramme. une couronne.
I! en fut de m6me dans notre pays, ou Robert de Bethune,
touts de Cr^cy, Louis de Maele (PL TV, n** 34, 35), en Flandre;
jatm Til. puis Jeanne et Wenceslas. en Brabant; Henri IV et
^Jfean VAveugIc en Luxembourg, Adolphe de la Marck k Li6ge et
d’autres seigneurs, qu’il serait long d’fenum^rer, substituft-
t tin lion au cchdteU.
La monnaie (Tor, quI avaif cess^ d’exister dans les Pays-Bas
le commencement de I’^poque car-olingienne, reparait en
— 70 —
Flandre sous le rfegne de Robert de B^thune (1305-1322); des
doquments sQrs le prouvent, quoiquc les pieces elles-mSmes —
des «mantelets» — n’aient pas retrouv^es; mais on en possfede
de Louis de Cr^y (1322-1346) (PI. IV, n” 37). A la m6me
^poque, de I'or est monnay^ par Jean 11 en Brabant (1294-
1312) (PI. IV, n" 38), par Guillaume le Riche a Namur (1337-
1391), par Englebert de la Marck a Li^ge (1345-1364), par
Guillaume II en Hainaut (1337-1345), par Jean I’Aveugle ejr
Luxembourg (PI. IV, n* 39).
Quel type vont-ils choisir pour marquer le m'6tal pr^cieux
qui tdmoigne de I’accroissement de leur richessc? Tous adoptent
et copient minurieusement le florin de Florence, fimis dans cette
ville dfes 1252, comme s’ils ob^issaient h un mot d'ordre. Cette
monjiaie porte. au dr(^t, une grande fleur de lis et la I^gende
€FL0RENTIA>. d'ou son nom. Au revers, Sf-Jean Baptiste.
vStu d'un large manteau, qui a valu aussi au florin le nom de
<mantelet». (PI. IV, n* 36).
L’introduction du florin de Florence aux Pays-Bas s’expli-
que par le fait qu'au d6but du XIV* sifecle, le commerce de Tar-
gent Stait presque exclusivement aux mains de marchands tta-
liens. Ceux-ci devinrent les receveurs et les maltres des mon-
naies de nos princes, et, comms le florin de Florence $tait k co
moment la mminaie du commerce international, son type s’lm-
posa tout naturelleinent li nos esp^ces d’or.
Les monnaies d’or 4mises par Louis de Cr§cy (1322-1346)
sont au norabre de cinq, dont quatre ont 6td retrouv6cs : le
florin, dont nous venons de parler; le hardi: Vangc: le demi-
ange (encore inconnu) et la chaise.
Le hardi est inspire du royal fran^ais de Charles le Bel
(1322-1328) et de Philippe de Valois (1329-1350), dont la fa¬
brication a commence en France en 1326. M. de March^ville
croit que la pifeoe flamande a -^t^ &nise dix ans plus fard.
Sur cette belle monnaie, le droit offre la representation du
monarque debout sous un portique gothique; au revers, une
croix tris orn^e dans un quatre-femlles (PI. V, n* 40).
— 71 —
L’iniitation flamande du royal sc distingue de rorigiiial cn
ce que le comte ticnt un glaive de la droite, au lieu du sceptre
fleurdelis^; sa gauche est appuy6e sur un 4cu au lion; au revers
des aigles monoc^phalcs sont substitu^s aux couronncl!,; p!
c^s dans Ics angles des quatrc-feuillcs. Ccs iii<:difications de
detail n'alt6rent pas I’aspect d’ensemble de la pifice. (PI. V, n"4l)
L’ange, dont on ne connait qu’un scul cxemplairc, est cn
tout semblable au hardi, dont il a Ic poids ct Ic titre, niais
un ange y est substitue i la figure du souverain; on peut se
deinander si cette curicuse monnaie n’a pas S(6 frap|)^c a Ganc!
par Jacques van Artevelde, rSvolt^ centre Louis de Cr^cy. (PI.
V, n‘ 42).
La chaise ou ecu est une copie minutieuse de Tfeu fran«;ais
de Philippe do Valois (PI. V, n* 43). Snuf le lion subslitiu: aux
Its fran^ais sur le petit 6cu que tient Ic comte, Ics deux pieces
sont pareilles et il faut beaucoup d’attentien pour discerncr au
revers les lions et les aigles qui remplacent aux extr^mit^s de la
croix, les trifles de Toriginal. (PI. V, n“ 44).
La chaise fut conserv^e par Louis de Maele(Pl. V, n® 45),
qui cn forgea aussi des demies et des quarts. Son tvpe se per-
p^tua en Flandrc jusque sous Ic rigne de Philippe le Bon (1410-
1467). Jean III I’adopta en Brabant (PI. VI. n' 46); auanf h
Jean TAvcuglc. qiii avail deJS copi6 Jc royal, il ne sc fit pas
faute d’imiter aussi la chaise, et pour niieux abriter son num^
raire sous I’enscigne du roi de France, il conserva recu flour-
delis6, qu’en serait surpris de trouver sur unc monnaie luxem-
bourgeoi.se, si I’on ne connaissait Ics subterfuges auxqiiels Ic
monarque avail recours pour fairc accepter les produits de ses
officines. (PI. VI, n* 47).
La chaise fut encore imitte, mats alors qu’on avait cessf
de la frapper en France, par Jean de Baviere h Li^gc (1389-
1418) et par son fr^re, Louis de Baviere en Hainaut (1345-
1347); ce dernier place unc aigle bic^phalc sur r6cu.
Le type mon^talre a Vaf^ncau pascal, entoure de la I^gende
cAGNVS DEI QUI TOLLIS PECCATA MVNDI MISERERE
— 72 —
N0BIS>, vit le jour en France, sous le rfegne de Philippe le Bel,
vers 1311. Ce type si populaire, d^signd sous le nom (^’aignel
ou cle mouton se inainticnt dans le royaume jusqiie sous le r^gne
de Charles Vll, en 1423. (PI. VI, n* 48).
Des 1356, Louis de Maele frappc un mouton qul ne se dif-
fSrencle de son prototype que par d’infimes details: I’lnscription
en six lettres lOH REX, qui & !'6poque de Jean le Bon (1350-
1364), se trouve sous I’agneau pascal, est remplac^ par six
aufrcs lettres: LVD COF; au revers, des aigles sont substitutes
aux lis dans les cantons de la croix; mats le cartouche qui en-
toure celle-ci et qui est formt de quatre arcs et de quatre angles
saillants, est copit d’aprts la monnaie fran^aise; les Itgendes
se rtpttent mot pour mot. (PI. VI, n* 49).
A Texemple dc Louis de M'aele, presque tons Ics souverains
des Pays-Bas copitrent le mouton au cours du XIV* sitcle. (PL
VI. n- 50 et 51).
Le <franc d'or>, au cavalier galopant, apparait pour la pre¬
mitre fois en France, scus Jean II le Bon, en 1360, et Ton
croit aue cette monnaie servit k payer la ran^on du roi quand il
sortit de la captivitt anglaise — d’ou son nom qui allait persisfer
jusqu’A nos jours. (PI. VII, n* 52).
La representation d’un cavalier n’ttait pas neuve alors sur
nos monnaies; clle figure dtjt sur les deniers brabangons de
Henri I (1190-1235), sur les egros* de Jean II (1294-1312).
sur ceux de Robert de Btthune (1305-1322) et de Jean-I'Aveugle
(1288-1309); il est vraisemblable qu’elle est emprunfte aux
sceaux de ces princes.
Voulant erter un cavalier (for, Louis de Maele aurait pu
s’Inspirer de ces modtles aufochtones ; il n’en fait rien ; au
contraire, dts I'annte qui suit I'apparition de la pitce fran^aise,
il en 4met une copie exacte, droit et revers, sauf k substituer des
lions aux lis fran^ais sur la housse du chevaJ (PL VII. n* 53);
en Brabant, Jeanne et Wenceslas conservent ces lis, ou les rem-
placcnt par des croisettes, qui ne s’en distinguent presque pas.
(PI. VII, n* 54).
— 73 —
La representation du souverain h cheval se retrouvcra chez
les successeurs de Louis de Maele jusqu’^i Philippe le Bon, inais
.sera moins une cepic quo I’intcrpretation librc d'un type devenu
traditionnel. (PI. VII, n" 55).
Dans les nctes qui precedent, nous avons indique a grands
traits ce que nos princes ont emprunte aux types monctaires
d'autres pays; cctie enumeration, nous I'avons iaiss^e volontaire-
fiicnt incomplete, craignant de !a rendre d'une fastidieuse lon>
gdcur.
Or, un changement radical, quj s'iiuiique d^j^ sous Ic regne
de Louis de Made, acheve dc s’opcrer sous celui de ses suc¬
cesseurs. les dues dc Beurgogne.
Trols ans apres l*6mission du tnumfon d'on^, Louis dc
Made inaugurcra une scrie de pieces d’or cl d’argeiit complc-
teinent originales.
En 1364. j| erde le (for*, inoniiaie inagnifiquc, dont )e
champ est occupy par un lion, coiffc d'un heaumc, ct place sur
un trftne gofhique k pinacles; au revers, une croix fleuronnk-,
cant'Minee dcs lettres FLAN, et chargee d'un D au centre. (PL
VII. n- 56).
En 1367 apparait le thcaunio, ou I’dcu du comfe, sonmi6
d'un heaumc gigantesque, et supportc par deux lions, est plac6
sous un dais. (PI. VII, n“ 57).
En 1369, le €flandrc*, qui s’inspire du troyah sans- le
copier, Idmoignc k son tour de I’activitd qui rdgne dans nos ate¬
liers mondaires. (PI. VIII, n“ 58).
Le numeraire d'argent est k I’instar dc la monnaie d'or. Le
gros €bofdraegher*, ornd aussi d'un lion casqu6, dans un dpi*
cycl-o/de, est une erdation nouvelle qui n’emprunte rlen k person-
ne; tout au plus pourrait-on dire que la double Idgcnde de son
revers est une rdminiscence du gros tournois (PI. VIII, n* 59).
Sauf k Lidge, on nc verra ddsormais, dans I’ahondanie
sdrie du numdraire dmis par nos princes, que deux imitations de
monnaies anglaises: le double gros au lion as<ts (PL VIII, n* 60),
frappd par Philippe le Hardi en 1388 et visiblement inspird du
— 74 —
clenii florin d’argent U’Edouard III, de 1342; enfin le noble d'or,
imife aussi de celui d’Edouard III (PI. VIII, n" 61), que frappe-
ronf Philippe le Hardi (PI. VIII, n* 62), Jean sans Peur, Philippe
le Bon, et qui renaitra unc derni^re fois, quand Oand, r6voit6c
contre Philippe II, emettra son propre numeraire en 1581 et
1582 (PI. VIII, ir 63).
Ces deux pieces miscs a part, nous ne trouvons plus d’imi-
tations mon^taires apr^s le r^gne de Louis de Maele. Do-
r^navant, nos monnaies, qui ferment un ensemble d’une grande
richesse par leur nombre et par leur valeur artistique, sent notre
bien propre, nd sur notre sol, sans emprunt a nos voisins.
Quelle est la cause de ce nouvel 6tat de choses? M. Henri
Pirenne, dans son Histoire de Belgique (4), va nous le dire
en quelques lignes: <les Pa)^-Bas sont redevenus, comme jadis.
> la confr^e la plus riche de I’Europe. Entre la France ddvast^c
^ par la guerre ^trangere et la guerre civile, et rAngletcrr.j
» en proie ^ la guerre des Deux Roses, Us sc pouvaient mieux
» dire ierre dc promlsshn que nullc aultres seigneuries qui fus-
»senf sur la terre (Commincs)*. Chastellain admire, en termes
» pompeux leurs habitants qui sont sans nombre, leurs richesses
» ct puissances, leur habitude de la marchandise, leur abondanee
» de teas
Unis sous un meme sceptre, ils rendent productives et U-
condes leurs forces, qu'ils employaient autrefois pour d^trulre
et pour s'entretucr; ils acqui^rent bientdt une preponderance
^conomique dont tennoigne leur autonomie monetaire.
La situation est la mSme au siecle suivant: le regne de
Charles Quint voit s'introduire chez nous — comme dans le
reste de I’Europe — la monnaie lourde, que I’empereur admet
i son corps defendant, parce que la circulation est envabio de
daeldres allemands de Joachimsthal.
« Les Pays-Bas ont ete le centre du Commerce europeen
> au XVI* et au XVII* siecle», dit A. de Witte, citant rHistoirc
(4) Vol. n. p. 409.
— 75 —
de ia Monnate, dc Shaw (5); c toute mx>dification dans les
»iaux pr^cieux ou dans les monnaies se montrc k la bourse
» d’Anvers, aussi promptement et aussi surement qu'aujourd’hui
» k Londres. » .
II est curieux dc constatcr a quel point les rflles sont ren-
vers6s. A la suite de la Paix de Cambrai, en 1539, I’empereur
envoie Thomas Graininaye, son maltre gdn^ral des Monnaies,
a Paris, pour y n^gocier un accord.
Un des points de sa ewnmission est de «parvenir k une
» bonne, honneste et 16ale concordance de rdvaluatlon et cours
> des monnoyes entre le royaume de France et les pays de par
»de?a; besoin xcra que Icdii seigneur roy face forger en ses
» monnoyes un notivel denier d’or, de tel paid, alloy et valeur d
> Fadvenant du r^al de fin or, que se forge cs monnoyes de
» I'Emfrercur, qui aura cours a 40 pattars.*
Cette demarche scmble n’avoir guerc cu de r^ultat, mais
elle montrc que i'initiative dc la politique mon6taire appartient
k I'empereur; Charles Quint cherche k imposer k la France unc
action parallele k la sienne.
Au XVII* et au XVIII* sifecle, le crMit dont jcuissent nos
esp^ces est solidement ^tabli : Ic poids, ralloi, la valeur
intrins^que facile k constater de ces monnaies lourdes, semblent
avoir plus d’importance que Fempreinte qui les marque ; loin
d’etre encore des copies, elles serviront de modules k quelques
seigneurs qui battent monnaie sur les confins des Pays>Bas et de
TEmpire et qui chercheront k tirer parti de la faveur dont elles
jouissent.
Des faits qui pr^c^dent d^cculent quelques observations
gin^rales int^ressantes:
Nos monnaies sont comme un niiroir, ou se reflfetent, tour
k tour, tout au long de Thistoire, notre prosp6rit6, notre indi¬
gence, nos alliances, les courants 6:onomiques qui nous entrat-^
nent et ceux qui convergent vers nous.
(5) de Witte, Hist monitalre du Brabant, 111, p. 183.
— 76 —
Jusqu’au IX* siecle, les routes coitimerciales aboutissent k
M^diterran^, et nos monnaies subnssent I’influence de la
Ortce, de Rome, de Byzance.
La puissance carolingienne nous dote d’un- syst&me mon6-
taire autonome, qui suit ses vicissitudes et se dissout avec lui.
L’essor ^onomique du XIII* siecle se traduit, surtout en
Flandre et en Brabant, par I’apparition d'une m.onnaie sainc,
dont le type est exempt d'influence 4trang6re.
Au XIV* siecle, un malentendu profond divise le prince et
les villes, les villes et les campagnes. En Flandre, le conrtc
prend son point d'appui en France pour tenir t6te i ses sujefs
et sa monnaie est copi6e sur celle de son suzerain.
Enfin, k I’^poque bourguignonne, I’unit^ politique a en-
gendr^ la puissance et la rkhesse des Pays-Bas. Notre monnaie
redevient autoiKtne et tend k s’imposer k nos voisins.
Les imitations mon^taires ne sont pas toujours le rdsultat
d’une alliance. Les exemples sont nombreux de princes copiant
le numeraire de leurs ennemis.
On a qualifi^ quelquefois certains types tr^s r^pandus,
comme le <gros tournois» de monnaie Internationale ; ils sont
Internationaux en fait, mais non en droit, car leur frappe n’est
pas le r^sultat d’un accord entre souverains.
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— 77 —
Topographic tournaisienne
gallo-romaine et franque
L’enceinte antique — Le palais des rois francs — Le nwllus-
par
PAUL ROLLAND.
I. - L’ENCEINTE ANTIQUE.
Dans la question, si controversec, de I’enceinte gallo-romaine
de Tournai, on n’a pas tir6 tout le parti possible de la documen¬
tation ecritc, si tant est seulement qu’on ait consenti k lui preter
quelquo attention. Or. I'apporl de cette documentation est des
plus pr6cieux; son t(5mojgnage est meme, k plusieurs egards.
d^cisif. Trois textes la constituent, qui relevent de personnes
etrangeres Tune k I'autre dans le temps et dans I'espace.
Le premier texte — ou groupe de textes — est de Gre-
goire de Tours, morf en 595. Dans son Hisioria Francorum cet
auteur relate, cn plusieurs passages, comment, au cours de
Tannic 575, Chilp^ric ler, ayant appris la r^onciliation de ses
frftres Gonthran et Sigebert, se rdfugia derrifere les murs de
Tournai avec sa femme, FrW6gondc, et ses fils (1); qu’il y ful
(1) ChJIperkus vero cognuscens quod iterum se Ouatchramnus
cum Sygibertho pactfjeasset, se infra Tbomacensia mums cum uxore
et niBs sui9 cooimunlviL GREOOR. TURON. Histor. francor., lib. IV, c.
50. Monum. German. Histor. Scriptor.. rer. Merovitig. in-4*, I, 1, p. 185-
78 —
^si6g6 par Sigcbert (2); qu’un fils lui naquit pendant ce siege
(3) et que I’assassiiiat de son agresseur lui permit de sortir de
la place (4).
Le deuxi^me texte — le plus meconnu de tous — est de
Atilon, moine de I’abbaye d’Elnone (Saint-Amand), -dont Ic d6c6s
est rapport^ au 20 juin 872. Ce texte appartient au Carmen de
Sancto Amando que Milon composa entre 845 et 855 (5). Par
des prosopop^s hardies, le po6te y repr^sente Tournai comme
une ville d’autrefois, dont des vestiges attestent I’existence, mais
qui, affaire au milieu de ses ruines multiples, pleure la chute
de ses tours orgueilleuses, non sans s'efforcer, toutefois, de sc
redresser k I’aide de deux colonnes dont Tune est le sifige ^is-
■copal sis dans un temple magnifique 6rig6 lui-m$me au milieu
de la citadelie... (6)
<2) Tunc Franc] qui quondam ad Childebertum aspexerant senlorem,
ad Sygfbertum legationem mittunt ut ad eos veniens, dereiicto Chll-
perico, super se ipsum regem stabillrent IQi vero haec audiens, misitque
qui fratrem suum in supia meraorata civitatem obsederent; ipsi itiuc
properare dellberat. ID., IbM., c. 51, loc. cit, p. 186.
(3) Samson, RKus Chilpericl regis lunior... cum Chilpericus rex
Tomacum a fratra obsederetur natus est... qid baptizatus et ab epis-
copo susceptus. ID.. Ibid., Lib. V, c. 22. loc. cit, p. 219 (L’ivique en
question tie pcut etre Chrasmar comme le disent la tradition et les
iditeurs des Monumenta. Voyez notre 6tude sur Le Dipldme dit «de
Ctdpirics li la cath8drale de Tournai dans Bullet. Conimisa Royale d’Hls-
toire, XC, 1926, p. 170-171.
(4) Chilpericus autem hi ancipite casu delfxus, in dubhtm habebat
an evaderet an periret, donee ad eum missi venerunt de fratris obitu
nontiantes. Tunc egressus a Thomaco cum uxore et flliis, eum vestitum
apod Lambms vicum sepellvIL ID., ibid^ Lib. IV, c. 51. loc. cit., p. 187.
(5) E DE MOREAU. S. J., Sabit-Amand, 1927, p. 53 et p. 278 ss.
(6) Urbs fuerat quondam, quod adbuc vestigia monstrant
Tomacus, nunc multipiici prostrata ruina.
Fundetns ahl turres deflet cecidisse superbas.
Et tameci inde frequens, quod aquls merce redundat,
NHitur et genUnis tarn non lapsura cofcimnis
Namme arce in media templo surgente venusto
Pontificale tenet soHum, nec longe remota
f^caaiaa reenbat predosa martyr in uma.
Moonm. Germ. Histor. Poetae latini aevi CaroUni. III. p. 589.
— 79 —
Le troisieine texte esl cxtrait d un diplumc (k Charles le
Simple, auquel on peut d<^fjnitjvenient attribuer la date de 898
(7). Le roi y confere k l*6vec]uc Heidilon le droit de rclcver
I’enceintc clev6e ancienncnient ct pour lots dctruite (8).
Ces trois textes s’^taycnt Tun I’autre: la proximite du moine
de Saint'Ainand rem^dic au defaut d'inforinattcn que Ton pour>
rait reprocher a I'6v6quc de Tours et au roi carolingien en rai¬
son de Icur 6loigncment, tandis que, d’autre part, I'allusion a une
situation passw depuis longteinps (quondam, anfiqiiitus), faite
dans les deux plus r^cents documents, relie Icur objet, a travers
I'c^poque franque^ au plus ancien. Ces textes forment done un
(out cohesif qui 6tab]it, sans aucun doute possible, I'existence d'un
syst^me dc defense m^rovingien, — c’est-5-dire gallo-roniain.
puisque les francs n‘ont rien innovd dans ce domainc —a Tournai.
Ils confirment par \k le raisonncinent inJuctif qui veut quo
le gyncc6e imperial, sorte d’ouvroir pour la confection d’habille-
menfs militaires, qu’on y trouve au V* si6cle au plus tard (9),
(7) cf. J. WARICHEZ. Les origines de TEglis? de Toumai (Recueil
de travaux publics par les memhres des Confdrences d'Histoire et de
Philologie de ITJniversite de Louvain, lO* fasc. 1902), p. 9 et 138-139.
(8) In praedicta civitate Tomaco flrmitatem antiqiritus statutam et
nunc destructam denuo ei aediftcare Uceret. DUVTVIER Recherches sur
le Hainaut ancien (M^oires et publications de la Sociiti des Sciences
Hainaut, 1864, p. 335). Comme le dit fres ju-stement M. A. HOCQUET
dans Le Ddveloppement successif du territoire de Toumai par Vagran-
(flssement de ses enceintes. (Fi^ddmlinn arch^ologique. et historique de
Belgique, Annales du XXiV' Congr6s, Tournai. 1921, p. 233). <1e mot
firmitas ne semble pa.s devoir ctre tradu’t, comme on le prnp4>se. (WARI¬
CHEZ. op. cit., p. 144) par ^palais fnrtific). Firmitas corres|)und
au mot roman fnimet^, fremetd. d'un usage ennrant ^ Tournai pour desi¬
gner I'enccinte murale entourant la villo.
(9) Procuratores Oynaeciorum : Procurator gynaecii Arelaten.sis
Provinciae Vlennensis ; procurator gynaecit Lugdunensis ; procurator
gynaecii Remensi.s Bdgicac secundae; procurator {^naecH Tomacensis
Belgicae secundae; procurator gynaecii Triberorum Belgicae primae ;
procurator gynaecii Augustoduni translati metis. Noticia dign'tahim om¬
nium (am civilium quam militarium. Cf. DOM BOUQUET, Rccuetl de.s
Historiens de la Caule, I. p. 126 et BCEOKING. Noticia. etc., c. X. p. 4t<.
La notice, redigdo vers 412, rcflcte unc situation viville. pftit-t'ln*. d’un
quart de siecle.
— 80 —
alt efficacement prot^g^ (10), et le raisoni>ement d«5ductif
qui fait partager k Tournai la situation strat^gique sp^ciale dont
paraissent avois joui tous les autres cbef-Iieux de cit4s de la
Gaule (II).
En plus du fait strictement fondamental, les deux premiers
de ces texfes, abstraction faite des exagdrations littferaires (e.a.
supi^rbaf:), aident aussi k reconstituer un 616ment circonstanciel car
on peut cn induire la presence, comme syst6me ddfensif, non
d’un simple vallum on retranchement fait de terre et de pieux
(12), mais de v^ritables murs (murus) renforc6s de tours (fur-
res). Par \k ils sent d’accord avec le bon-sens qui eflt trouv6
strange qu’en un pays ou la pierre affleure Ic sol -cn eOt n6-
giig^ I’emploi de mat^riaux r^sistants alors que de pareils ma-
tdriaux 6taient, vers le mSmre temps, export^s du Tournaisis i
Oudenbourg (13) ou les Romains s’en servaient pour 6rigcr un
castrum (14).
On peut connattre, enfin, par UntermSdiaire des trois sour¬
ces. les circonstances relatives k la destruction des remparts
antiques dc Tournai et, en particuiior, un peu de sa chronologic.
De ces sources, cn effet, la premiere,, due k Gr6goire de
Tours (dernier quart du sixiSme siScle) sert incontestablcment
de terminus a quo pour dater cette destruction. Elle n'est in-
(10) .A ce propos cf. A. BLANCHET, Les enceintes rotnanes de
la Oaule, td07, n. 8.
(11) Id.. IbJd., p. 7. Tournai esf disign^ comme chcMieu de ciW dans
la Notkia provinclarnm et civitatnm Oalllae, r^dig^ i la fin du
IV* siicle ou au commencement du V* si&cle: Provfaida Belgica secan-
da. numero XU: Metropolis dvitas Remorum... clvltas Tornacenskint.
DOM BOUQUET, op. cJL, p. 123.
(12) D'aprts A. HOCQUET, loc. cit.
(13) Verara tempore lllo urt>8 ista Aldenborgh caput tothis Randriae
et, aiciit pre<H)d, exstftit cdebenlma, tnuris ac propugnacuis mui^tiS'
aimaJ Nam a portibus odentis et a meriefiano climate et ab oocasu et
ab aqufiooe n^rls et durissimla lapkUbus fuerat constructa. La|rides
namqae bafiis colorto et fortissimi roboris in omd Flandriae provfntia
nat u ra li tcf edit! non posatrot reperiri, ni^ sohunmodo in OalUa Torna*
cend parroebia*. HARfULF, Tradatus de eedeste S. Petri Aldeobttr-
gensL Momtm. Oenaan. HMor. Scriptores. XV. 2, p. 871.
(13) Voy«2 C. ENLART, Congrts de Tournai. loc. dt., p. 103.
— 81 —
firmce en rlvn par tli-s tradilioiis niwlicvales qiii, ayant connais-
sance dc I’cruction dc rciiiparts gallo-riimains a Tournai, soit par
I’intermddiairc du pnemf de Miloii, soit par cclui irun souve¬
nir local, qui, si la r6aJit6 cn ijtait prouvcc. scrait dcs plus pre-
cieux, en attrihuent confusement la ruine aux Vandalcs ou aux
Huns qui traverserent la contree respcctivenient en 406 et en
451 (15). c’cst-A-diie. frois ou. au inoins. un quart dc siecic
avant Ic siege signal^ par Orogoirc dc Tours. En ce qui con-
cerne les mefaits dcs Huiis ou des Vaiidales. il y a eu rdellc
in^prisc. car la Ictlrc cle saint Jerome, souvent invoquOc h ce su-
jet, ne parle que de la deportation dcs Tournaisiens en Oennanie
(16) sans faire aucunc allusion k un d^inanteicment de Icur
ville. L’annce 575 subsite done comiuc ierminus a iiiin.
Lcs deux autres sources servent de terminus ad ifiicm.
C’est qu’en effet il faut envisager deux phases, dc ca*
raetdres diff(5rcnts, tians la destruction ilc I’cnccinte gallo-
roinaino de Tournai (17).
Le textc de Mllon fait 6vjdemment foi. On doit y prendre
(15) Mttrorum fracturae terra disjectae dant Indlda ^d cmi hlq
duabus dvitatilMS (Camaracus et Atrebasl perpess'e sint Trcviri^ Tun*
gris. Tomecus, Mc^na. Bolonia. Ambianis. Behraais. Paristus, circum*
jacentiaqi"; castetia quorum nomina ob tegentium fastidiufn omissa sunt
Chronk. S. Vedasti (Xle s.) Monism. German. HIstor. Script. XIU. p. 679.
Voyez austit 2' Ltber de AnUquitate wbls Tomacefub, Xli* s.
Monum. German. Histo". Scr’pt. XIV. p. :tf>2 et 358; Historiae Tomacen-
ses, XII* s., ibid. p. 327, etc.
(16) Quicquid inter Alpes et Plreneum est quod Oceano et Rheno
inctuditur. Qaadus, Wandalus: Sarmatha, AJaiU, Gipedes, HorncU, Sa>
xooes. BurgoncSones, AlemamU et, 6 lugenda res pubUca, hostes Panooii
vastavefunt. Maguntiacus nobHIs quondam clvitas espta atque sobveraa
est Vangiones longa obsJdlone deleti Remorum urbs prepotens, Ambiani
Attrebate, extremique bominum Morini, Tomacus, Nemete, Argeotoratus
translati in Germaniam...> Ex cpist. CXXilll ad Ageruchiaiii. DOM BOU*
QUET, Rec. Histor. Gaule, 1. p. 144. HILLEBERO. Corpus Script,
eccles. latin. XVI, Vienne. 1918. p. 92 <cf. 2* Liber de Antlqidtate urUs
Tomacensls, loc. cH., p. 35S).
(17) Nous ne faisons que ddvelopper en ceci «ne idie que M.
Fernand Vercauteren a trfrs aimablement voulu nous sugg^rer k propos
d£ la communication que nous avions annoncie sur ce su|et au Con-
gres arch^ologique dc Mens.
— 82 —
que vers 850, Toumai, avec ses tours 6croul6es, avait bkn ext6-
rieurement I’aspect d’une ville en ruines.
Bien qu’on en fflt fort proche — peut-6tre mSme plus proche
qu’on ne le croit g6n6ralement (18) — il ne nous parait pas
possible d'attribuer i une invasion normande, d^jii vers 850, la
demolition en question de I’enceinte antique de Tournaj (19).
Aucun texte regional ne fait mention d'une incursion en cette ville
5 pareille epoque. D’ailleurs, les Normands ne se fussent pas
contentes de renverser I’enccinte: le cceur de la cite les attirait
davantage. Or li, de I'aveu m6*n< de Milon, au milieu d’une
arex toujours debout, se dressait encore la cathedrale intacte
avec ses tresors saerds. Dans ces conditions, pu'sniie destruction
il y a quand m6n>e, il convient plutOt de penser i une destruction
lento et naturelle, attribuaWe au manque d’entretien, et dont le
debut remonterait vraisemblablement fort loin (cf. quondam de
Milon).
Mais si le texte de Milon merite toute crearxe, une tra¬
dition locale, qui accuse les Normands d’avoir razzie la valiee
de i’Escaut en 881 et, enire autres choses, d’avoir renverse
(18) La tradition veut que rev^que de ToumaLNoyon Immon ait
ete une des premieres victimes des invasions normandcs-
Extat et aKa cronograptria de tiac infestatlone Normanntca. proprfe
composita a quodam monaefao Marceniensi que supradlctae testimonhioi
nondnetenns sertbens Tomaeum tme depopulatum ease et ad nihilem
redactufu fuisse addens qood Emmo Tomacensis pontifex, a Norman*
nie; faiterfectns sit, anno Domini DCCLX, ante banc devastationcra XXI
annis. HERIM. loc. ett, p. 296. (Cf. WARICHEZ, Op. dt. p. 78) Les
sources toumaisiennes affirment mime qu’il a ete tue devant les portes
de ia cathedrale de Toumai; <Flcan)o (successit) Emmo qui a Nor-
mamis didtor hiisse oedssus anno DCCCLX ante vatvas ecclesie Tor-
nacenais. HERIMAN. EncycOque de 1146 d'apris le texte des Histonae
Tornaceoses contenu dans le ms. de Csotng (loc. dt., p. 334).
Les sources adoptees i Noyon, revendiquent cependant pour le
Noyonnais d'avoir vu mourir Immon: cHl vero (Normanni) qui In Se*
quana morantur Novlomum dvHatem nocta adgrcssl, Immonem episco*
pmn cam aliis nobiUbos tarn clerids quam Ude's capiunt, vastataque
chrltate aecum addocunt atqne in itlr^e interficiunt (AnnaJes Berti*
aten ae a , e<fit Debaisnes, Soc. Hist de Fraai.e, p 99).
(19) Le R. P. de Moreau, S. J., a cependant cru pouvoif le faire, cf.
Salat Amaad, p. 282-283.
— 83
alors. I’enceintc de Tournai, n’en m6rite pas moins. Encore que
Ton croie parfois devoir I’avancer d’un an (20), ce formidable
raid ne prdtc pas k discussion. Les textes, contemporains, de la
region en parlent e( «n pr^cisent )es effets d^plorablcs (21).
L'historiographic locale, qui a puis6 k ces sources (22) ainsi
qu'a la tradition popuiaire — dont H^riman de Saint-Martin, qui
a collige le tout, se montre gen^ralement dgpositaire fiddle —, ne
peut 5tre r^voquec en doute iorsqu’elle attribue k Tinvasion de
881, en meme temps que la fuite du clerg6 et du pcuple de
Tournai a Noyon — autre si^ge d'un 6v6que oommun — et que
le sac des ^glises du Tournaisis (23), la mine des murs et des
edifices urbams(24). II s*en suit que le passage du diplftme de 898
qui rftgle Ics conditions dans lesquelles I’fiveque exercera le pou-
voir temporel vise moins la destruction lente des siecles pr6c6-
dents que la destruction catastrophique de 881 qui a compl^t^
la premiere. A cet 6gard on peut le considirer cormne un fer-
(20) M. le chanoine Warichez (op. cK., p. 202) la place en 880 en
<$e fondant tout k la fbis sur Keriman, qui date Tinvaslon de la pre¬
miere annie de rdpiscopat d’Heidilon (p^o anno episcopatus Hei<S*
Ionia Tomacenshim eplsc^, loc. eft, p. 296) et sur les Annales Vedastioi
qui font mourir le preddeesseur d^Hetdilon en 879 (Ragnehnas Toma*
censtum episcopas moritor per IndictkMiem XIII [comcnencee en septem-
bre 879). Mon. Germ. Hist ScripU 1. p. 518). Mais Heidilon n*a pas
nicessairement succede au jour le jour a Rainelme. De plus. Heriman
Jui-m8me adopte Tannic 881 (supra n. 18 et infra n. 24) d’accord avec
les chroniques de Tabbaye de Marchiennea. Cl k ce sujet MiraenJa S.
Ricturdis, I, 12. Act. Sanctor. Mail III, p. 92 et De Vita et MJraenHs S.
Rictrudis (mi-X1I* a.) 11, 20. MIGNE, Patrol^, tot CXXXII coL 849.
(Rev. d’Hist. eccle.<;fast.. XIX, 1923. p. 544).
(21) W. VOGEL, Die Normannen und das frftnklsche Reict^ 1906.
(22) Cl WAITZ, dans sort edition des Monumento Historiae Tor*
nacensis. Mon. Oemi. Hist Script., XIV, passim.
(23) Voyez noire etude sur Saint Eleuthire (La Terre Wallonne,
1928, p. 263).
(24) Ad annum dominicum DCCCLXXXI, multihido Normannorum
...Tornacensis quoqoe civitatis inter cetera facinora saa destnixerunt
muros et ediHcia, depopulati sunt elves et populos, desolati sunt pos-
sessiones et suppellectilia universa cum eccleslis finltinUs ac inhabita-
Mem penitus r^didenint HERIMAN, Uber de restauraEone S. Martini
Tomacen^s (1142-1147), Monum. Germ. Hisior. Script., XIV, p. 296.
— 84 —
minus ad quern different decelui que fournit Mllon entre 845
et 855.
Nous 6tant avanc6 jusqu’a ce point nous ne pouvons es-
quiver le problfeme important du trac6 de I’enceinte en cause.
Pour ie r^soucfre nous devons nous aider, tout d’abord et
simultan^ment, de la disposition de la premiere enceinte urbaine
dent on connaisse exactement le trac6 et dcs textes contempo-
rains que s’y rapportent.
La premiere enceinte urbaine dont on ait une connaissance
parfaite est celle que Ton a coutume d’appeler epremi^re en¬
ceinte communale> (25). Remontant dans son ensemble au mi¬
lieu du XI* si^cle (26), elle est construite sur la rive droife de
TEscaut, la rive de la cCitfi* (27), de quartier agglutinis aiitour
d’un noyau principal. Ses saillants sont situ6s au sud et k Test
et correspondent respectivement au quartier du Forum (MardiS.
Grand’Place) et k celui de Saint-Piat. Ils se pr^sentent nette-
ment comme des excroissances successives — Ics vestiges ar-
ch^ologiques font foi de cette succession (28) — k une enceinte
ant^rieure beaucoup plus r^guli^re.
Or les textes contemporains permeitent ^a’enient de con-
clure i la r^alit^ d'une enceinte interne pr6existante. Une en-
cyclique rWigfe en 1146 par I’abb^ de Saint-Martin de Tournai,
H6riman, k Toccasion de la separation des dioceses de Tournai
et de Noyon (29). nous apprend que les quartiers de la vilic
qui furent le plus rapidement occup^s apr^s le retour de Noyon
(25) A partir du XIII* side on I’appelle «vte 2 e feroiet^* ou <pre-
mierv mura>. mais ce n'est que par opposition a U seconds grande
enccifite commutiale dite alors cnoeve fermet^> ou <darrains murs*.
(26) Voye* provisoirement L. VERRIEST, dans BnlL Commiss.
Roy. (THist, 1908. p. 14a
(27) Gtn Itnvtan Scaldae est situata Chitas hi peodnlo. Ultra, die-
tom fhnrioRi..» Chrooica AegidH U Moists (XIV*) edit. DE SMET.
Carp. Chroaic. Plandr. ((^ect. chron. beiges inid., in 4*) II, p. 172
(28) Comptrez la tour de la me Perdue et celle de la rue Saint-
Oaorges avee les muraiUes du jardJn du Grand S4minaire.
(29) Sur ies oeuvres d'H^riroan voir notre ^de Las Mouomeota
Historiae Tomacensit saec. XH. dans Anoales de rAcadiine Royale
ifArcMologte de Bdgiqoe. LXXllI, 1926, p. 255 ss.
-85--
— quc cc soit cxactcinent trente aprcs la fuit« de 881 ou quel-
que temps plus tard, peu importe ici — furent Ic quarticr Saint-
Piat, le quartier Saint-Pierre, le quartier du Forum, le quartier
des Salines et Varcx (30). Faisanf abstraction du quartier des
Salines qui ne fut englobd qu’au cours du XIIP siecle dans le
syst^me dit «dcuxienie enceinte communalc» on peut proc^der
k une adequation absolue entre le quartier Saint-Piat et le
quarticr du Forum, d’unc part, et, d’autre part, les excroissances
e-t «t sud auxquelles nous avens donn6 les niiCiTies noms plus
baut. Au r^sidu de rclimination correspondent Vtarex* et Ic
quarticr Saint-Pierre. On nc peut m^connattre le caractfire net-
tement strat6gique de la premiere de ces deux expressions to-
pographiques. De plus, si on situc cettc tarex* autour de la
catWdrale comme Ic veut le ni?me texte — ecclcsia heafe Marie
in arcem eiusdem civiiatis atque sedis episcopalis sila — on
n’est pas sans remarquer qu’elle a laiss^ des traces d'ordre
loponyniique dans le Castellarium (31), Casteler (32), Ch<ltelet
(33) (aujourd’hui rue des Oioraux) et peut-6tre dans le tCapt-
tolet qui a donn6 son nom k la portc lat^rale su<l de la cath6-
drale. Toutefois, il ne faut pas perdre de vuc que les rcinparts
auxquels elle appartenait devaient logiquement prendre l^ur de¬
part k TEscaut, distant, d’ailleurs, d’une centainc de m'ttrcs
k peine de la cathedrale. Varcx doit done Stre considfirdc comme
la partie haute et la plus extreme vers I’int^rieur des terres
(30) Qtil secedens (Mdfns) circa Sanctum Platam. partes Iflassibi
usurpavit. Secundus autem circa Sanctum Petrum divislonem xiatm
obtinirisse dicitur. Tertius circa Naulum (liser, MaDuni) ad Fomm dvi*
tatis deternirnalionem warn possedlt Quartus ad Salinas «t Jujcta Cas-
teilum partem suam vendicavit.... Tunc quoque aliqul ex ctero
ecclesie bsate Marie In arcem ejusdem civitaUs atque aedis episcopalis
dtc ad proprium remeaverunt. Momim. German. Histor. Script., XIV.
p. 3J0. Dans la premiere nart’e de ce texte faire abstraction du caractire
personnel, pretc par I'auteur ji ['occupation.
(31) Donvm in vico de Casteilario (juin 1208). Archives de la
cathddra'e de Toumai. cartulaire A. f cv. In vlco casteltaril in sinlstro
latere procedendo de eccleda In casteilario. Ibid. Liber decani, 1585.
(Cf. Bullet. Soc. Hist. Toumai. VI. I860, p. 129).
(32) Sur le toumant de la rue dou Casteler. Chirographe de 1277
BOZIERE. Toumai ancien et modeme, 1864, p. 140.
(33) Rue dou Casteiliet. 1384. ibid.
d’une enceinte quf fut appel^e i ccwnprcndre aussf — au moins
dcpuis I’dpoque du renouveau commercial — le quartier Saint-
Pierre dc media urbc (34), n6 entre la basilique et le 4Ieuvc(35).
Cet ensemble strategique repr«5sente le noyau urbain forti-
ii6, auquel se juxtaposdrent plus tard d’autres quartiers 6clos k
la faveur du mouvement ^conomique (forum e.a.), et qui portait
le nom de castrum Tornacum depuis 953 au plus tard (36),
c est-A-dire k une date qui nous permet de voir en lui I'enceinte
episcopale ^rig6e, en vertu de I’octroi de 898, au commencement
du X* sidcle.
Pour oonnaltre le trac6 de cc castrum jl suffit, en procedant
k I'ablation des parties saillantes, de se rappeler que ce trace
a tout un fragment de commun avec celui dc la prem-i^re encein¬
te communalc (A I'ouest) et qu'il en est de m€me du point de
ionction des deux saillants au sud-est. Pour determiner le reste,
cn ajoutera;r)qu'ii y a lieu d'utiliser des vestiges arch^ologiques;
substructions, sur^Idvations de terrain, etc.; 2’) que les parties
saillantes formaient des cntitds paroissiales et quo, vers I'inf4-
rieur dc la cil6 les limites de ces paroisses n’onf gu6re cliangt
depuis leur formation; S") que deux rues courbes concentriques
ou mieux encore deux rues parall^les, bris^es au mSme point A
angle droit, t^moignent g^neralement d’un passage de remparts
^ «ccl«4as Fmltlmas suhverttt videlicet
de Media urbe. Encycl. de 1146
Mon. Germ. Histor. Script. XIV. p. 319 et 335. ^
VOISIN (U ckrttre de la ca-
de Tcwnal, Mini. Soc. Histor. Tournai, VI, 1657, p, 98) et
P }S^ "’y * de castrum S. Peirl et le
emousher S. Pierro dijagne simplement I’iglise de ce vocable.
(36) FLOpOARD, Histor. Remens, eccles. (940-953) (1 I. c. 71 Darte-
tU de saint Nicaisc: Quae tern apud Noviomwn i^am
V castrum urbl mine quoque servari pWhlbentur cla-
7?**"*°^ iSustrata miracuUs (Monum. Oerm. Histor. Script
Xm, p. 420. (A rapprocher Milon de S. Amand, supra, n. 6 in^).
Guld fa*‘^S7'!"^No«^'ti^“ ^ Saint-Pierre le
uand (a IW7), Nova vflla... apod Toroacura castrum in oairo Tor-
^ M«t f
67
U Porte dc« Maux cummuoale) (disparuej.
entrt* dies deux (37), surtout si la rue int^rieure, 4 I’endroit
du coude, semble rtellenrent se buter k un obstacle.
Cela 6tant, il est possible de parlir de I’Escaut, k Touest,
entre la rue des Foss6s (anc. du Foss^, fossatuni) et la rue du
Cygne (anc. du Cingle, cingulum) pour suivre le pan du mur
cpisco<oinniuna!, dont une tour existe encore(38), jusqu’entre
le bas de la rue des Choraux et le vieux MareW au Poisson.
A cet endroit, quittant la premiere enceinte communalc d^bo-^
dante, on passe entre la rue des Choraux(anc. du ChStelet, Cas-
tellurium), qui fail un angle droit vers I’int^ricur, et la rue de
Cologne (act. de I’Yser), qui arrondit cet angle vers I'exf^rieur,
en remarquant que de multiples restes tels que des arcades ma-
?onn6es (39), des fondations diverses (40) et notamment cclles
d’une tour de coin dite de fafon caract^ristique ctour I’Eveque*
(41), des exhaussemenls de terrain (42) etc. y conservent
mat^riellement le souvenir do travaux strat<igiques.
Continuant le parcours entre la rue des Choraux cHvi6e ct
la Grand'Place (anc. Forum), entre le palais episcopal et
la mSme Grand’Place oCi des fondations de tours et des foss^s-
cloaques ont 6t6 rep^rces (43), on arrive logiquement au beffroi.
(37) Voycz aussi BLANCHET, Les encejntes romaines de la Gaule,
p. 277: <Dans quelques villes contemporaines on peut reconnattre le
trac6 de I’enceinte en snivant certaines roes extineures. ^nlis eat le
meilleur exemfrte de ce fait. Remarquons que, lors de ragrandissement
des vieitks cit4s, les habitants ont toujours appliqui des maisons le long
de Penceinte k re*f<rieur».
(38) Dans la propri^k de M. Delnie-Lecroart. Nous en devons une
exceDente pbotographie k I’obligeance de M. RenS Descl^.
(39) Rue dea Choraux. n** !9 et 21 (dans le mur de cidture pa-
ralkle i la rue, k «ae distance de 7 4 8 m. de celle-ct). SOIL DE
AtORlAA^ Toomai archtologique, 1895. p. 19.
(40) Roe de fYaer, n* 38. Ibid., p. 57. Vieux March6 au poisson
(niuniroa knparni) BOZIERE dt 19. n 7.
(41) Rue de fYser, n* 12. BOZIERE, op. dL. p. 10, n. 6. SOIL DE
MORIAME, op. cit, p. 28. VOISIN, op. dL Ccs fondations soutiennent
encore la terrasse de la fnaisoo a* IS de la rue des Choraux.
(42) Rue de TYser. nwn^roa impair?; rue des Choraux, oumdros 35,
21. 13 k 17. SOIL DE MORIAME, op. dL, p. 58 et 19.
(43) N* M Cf. BOZIERE, op. cit., p. 10. (Buttettn Soc. Histor.
Toomai, L 1847, p. 36).
TOUR D’ORIGINE GALLO-ROMAINE
Tournti, Rue de* Fosses.
— 89 —
L'isolement insoliie de ce dernier, sun orientation et I'appareil
relativement antique retrouv^ dans sa base <44). nous permet-
tent d’y voir une tour de ('enceinte ^piscopalc uti]is6c plus tard
et modifiSe par (es bourgeois. Memc fait pour la tour des Six,
uans le prolongement du beffroi, contre laquelle on 6kva la
Halle^eS'Consaux ou Hfitcl*de*ViIle et dont le rattachenient k
I'enceintc episcopate ne laisse aucun doute puisqu’elle reprd*
sente pr6cis6ment la tour d'angie sud-est contre laquelle vinrent
niourir les excroissances du Forum, d'une part, et du quartier
Saint-Piat, d’autre part. A partir de la tour des Six — sym^frique
k la tour I’EvSque — on peut redescendre vers I’Escaut en utili-
sant rintervalle compris entre la courbe des rue de Paris et
de la T@le d’Or, d’une part, et la rue des J^suites, d'autre part,
e'est-d'dire. en coupant 17'minence du vieux March6 au Beurro
pr^s de la rue de la ThuTtfTurris?^ (45), exactement k I’endroit
oii s’ouvre unc patte d’oie de rues qui dic^le, sans confestc
possible, rcmplacemcnt d’une ancienne sortie tie ville. Le trac6
se poursuit entre la rue des Puits I'Eau et la rue des Carliers,
k travers des jardins nagu^re encore sur61ev6s, et finit k I'Escaut
au quai des Poissonceaux (coin de la rue des Carliers) oO des
substructions tr^s solides ont 6t^ relev6es (46) qui ne peuvent
appartenir qu'i une tour figurant encore sur un plan de 1574
(47).
Son parcours a suivi presque partout la limife de la paroisse-
m^re de Notre-Dame (cath^drale) dont les paroisses de Saint-
(44) L. MICHEL, A propos du beffroi de ToumaL p. 38.
(45) Une mauvaise lecture de U Vtta Eligif a pouss^ Tauteur des
Hiatoriae Tomacenaes (vers 1160) k voir dans le nom du roi toumai-
8ien(J) Tnratis I'origine du nom dt* cette rue (M. 0. H. S„ XIV, p.348)
(46) En 1858. Etles consistaient en pierres de taiHe relito par des
agrafes de fer. BOZIERE dt, p. JO, n. 1.
(47) 0. BRAUN et F. HOCiENBERGIUS, Theatnim arbhjm et cfvl-
tatum orbis terramm, Cologne, T. IV, fo n* 9, et Th^tre des dfes do
monde Franefort 1574. Reproduit dans HOYOIS. Toomai au XIU* a,
Riimprimd dans BLAEU, Novom ac magnum th^trum urbium bclgicae
r^pae et Tooneel der steden van 's kooings Nederlanden, Amsterdam,
1649.
— 90 —
Quentin (du Forum) et de Saint-Piat se sont s6par6es a
I’dpcxiue communale et i laquelle la paroisse int^rieurc de Saint-
Pierre (de media urbe), 6mancip6e au m5me moment, a fait
retour depuis le Concordat (48).
On s’^tonnera peut-fitre que nous attachions une telle im¬
portance A I’enccinte episcopale du X* sificle en vouiant traiter de
l enceinte gailo-roinaine.
Et, cependant, nous somni-es plus pr6s du but qu'il ne pa*
rait, car I’enceinte Episcopale et I’enceinte gallo-romaine ne font,
somme toute, qu’un, du moins en ce qui concerne le tracE. En
effet, le dipiflnrc de Charles-Ie-Simple (898) pemtet uniquement
a I’EvEque Heidilon de rclever I’enceinte antique (49) et la
tradition locale vcut qu’oti n’en fit guEre davantage( 50). En
second lieu, I’arcx dont HEriman nous parle h propos de faits
postErieurs E la reconstruction dc la citE aprEs 881 est iden-
(ique E celle que signale Milon vers 850: toutes deux, comman¬
dant le systEme dEfensif. entourent et protEgent immEdiatement
la cathEdrale. En troisiEme lieu, aucun vestige dc remparts
remains n'a EtE dEcouvert soit en'de(^E soit au-delE des murs
Episcopaux rnais. au contraire, des substructions antiques ont
Ete mises au jour E certaines places de son parcours, notam-
ment E Tissue situEe par dEduction au Vieux MarchE au Beurre
(51). Enfin, et d’accord avec la'remarque prEcEdente, les tom-
bes gallo-romaines sont complEteinent inconnues E I’intErieur de
(48) Ce parcours diffEre du plus sErieux de ceux qui ont EtE suggErEs
jusqu'ici. celui de BOZIERE (op. cit, 1854), depuis le beffroi jusqu^au
qual des Poissnnceaux. soit d'environ une moitiE. BLANCHET, op. cit,
p. 112 reproduit i titre documentaire I’hypothEse de BoziEre.
(49) Voyez supra, n, 8.
(50) Encycitque de 1145 : croinaa civitatis retevare cepemnt...>
Monum. Oerm. Histor. Script. XIV. p. 350 (Historiae Tomacenses).
(51) On y a trouvE deux restes de mur, formant angle droit dlrigE
vers la maison n* 15 et construits en plerres et «n bEton remain. Leur
^isaeur est de 85 cm. et (eurs assises, comme celles de toute fonda>
Hon. sont en retrait les unes sur les autres. Les parements de ce mur
sont E rintEriear de la construction. Celie-ci descend a 70 cm sous
le niveau actuel du sol. SOIL DE MORIAME, Objets gaDo-romains trou-
vEs en 1908*1904. Ann. Soc.. Hist. Toumai, Vlll, 1904, p. 126
ce pomerium (52) tandis qu’elles pullulent rmnicdiatement
d^s qu’on en sort (au Forum par exemple) (53).
L'enceinte episcopate peut done etre considerC'« comine
ayant succ6de sur place k l'enceinte galio^romaine (54). L'une et
I’autre fermaient la «dte» urbaine primitive de Tournai dont le
nom, bien que s’etant etendu plus tard aux enceintes succcs-
sives de la rive gauche, donna naissance a I'appellation carac-
teristique double de cville et cit6 de Tournai* (55). Cette cite
(52) Conform^ment h la loi des XII tables, tit. CLXVI: ctn urbe ne
urunto, ne sepeliunto*.
(5.3) Cf. SOIL DE MORIAME, Le cimetl^ gallo-romahi de ta
Qrand'Place. Ann. Soc. Hist Tournai, XVI, 1916, p. 128 .ss.
Aux considerations exposees ct-des.su.s. il t?st curieux d'ajouter
— quoique nous n« voulions pas en tirer parti ex professo — que la
legende — qui rentre maintenant parmi les sciences auxiliaires sous le
nom de Folklore — veut que le beffroi de Tournai. c.a.d. la tour dont it
est surti. soit contemporain de saint Eleuthere qui v6cut au com¬
mencement du VI' siecle (POUTRAIN, Hlatoire de la vllle et cl!4
de Tournai, 1750, p. 86). De meme, la construction de la Tour des Six
est report4e par la tradition avant I’invasion normande. Cf. M4tiioires
cfe«chcvin (1609-1611) de PHILIPPE de HURGES. M4m. Soc. Hist.
Tournai, V, 1855, p. ^7. D’autre part les risultats auxquels nous avons
abouti concordent pleinement avec les donn4es syntbetiques- relatives aux
enceintes romaines de la Gaule. Cest atnsi que: l*)on y trouve toujours un
monument qui. au moyen age, formaiten quelque .sorte le donjon du ays-
t4me defensif et qut eut peut-4tre pour origine I« praetorium antique
(voyez i Tournai I’arcx, Ic castellarium); 2*) beaucoup de monuments
publics po8t4neurs sont <assis> en tout ou en partie sur la muraille
antique (a Tournai I'EvficW et I’ancien Palais des Etats du Tournaisis,
le Beffroi, le Halle des Consaux); 3”) le.s 4glises d4di4es i Saint-Martia
$e trouvent giniralement hors des murs remains (le fait se produit &
Tournai) etc. (Sur ces reg^e.s g4n4rales cf. BLANCHET, op. dL, p. 276-
278).
(54) SCHAYES (U Be^lqoe et le$ Pays'Bas avant et pendant
roccupation romalne, III, p. 325*326, et Histoire de rArchltecture en
Belgi^e, I, p. 199) et HOCQUET (loc. cit., p. 234) confondent par
contre l’enceinte dpiscopale et la premitre enceinte communale.
Sur r^poque tardive (XI*-X1I* s.) a laquelle craquerent les enceintes
romaines des citis. voyez BLANCHET, op. cH., p. I. p. 10, 282 etc.
(55) A ce propos Cf. BLANCHET. op. clL, p. 1 et 10. A Arras il
y a une distinction capitale entre la civltas Attrebatensis (le castrum) et
le novas burgus, cf. uESMAREZ, La propri4t4 fonclfire dans les viltes
du rooyen-Age, p. 87. Deja CATULLE dans Tomacum cfvitas metropotis
Nervionim..., Bruxelles, 1652, remarquait : Idem fere contingH Atrebatl
ttM adhttc n^o ea pars opi^ In qua est Ecclesia CathedralJs {NDprle
— 92 —
antique comprenait unc douzaine d’hectares (56). Lc p^rimdtre
de ses remparts, t€ls que nous les avons ddlimitcs, devait 6tre
d’environ 1300 metres (57).
Des fouilies syst^natiquemont organis6cs et, apr^s tout,
relativement faciles, surtout du cdti ouest oi^ de multiples ves¬
tiges subsitent de I'enceinte commune, a cet endroit, aux 4po-
ques r:maine, episcopale et communale, revStiraient un interSt
d'autant plus grand que Tournal et Tongres sont les seuls chefs-
lieux de cit^s compris dans les fronti^res de la Belgique actuelle.
Peut-^tre ces fouilies fourniraient-elles des informations
sur la date d’^rection de Penceinfe romaine, quoique Ton puisse
d^ji avancer k priori que la cit6 territoriale des Turnaccnses ayant
616 fond6e de toutes pi6ces vers le IV" si6cle au profit de la
bourgade de Tournai, cede bourgade dut 6tre prot6g6e la
m6me 6poque (58). L'enscmble de ces mesures coincide avec
la rupture d6finitive de l’6quilibre rh6nan (59) (60).
CIvttas vocatnr, vulga «cit6 cf Arrass, reliqtie autem pars diuntaxat Urtiis
nomen obtinet Hlnc etiam usus file virij^aiis antiquisslmus loqoendl :
Vine CM d’Arraa. Ville el CH6 de Paris, Vllle et Cit6 de Toumay».
p. 181.
(56) Ce qui la rapproche de Beauvais et d’Autun (10 hect.); de
Nevers et de Dijon (II hect.), (ct BLANC^BET, op. dt, p. 284).
(57) Nevers comptait 1375 m.; Beauvais 1270 (IbkL).
(58) Voyei & cet egard la loi 6dict6e en 396 par Arcadius et Honorius
pour inviter les municipali(6$ et les habitants k r6parer leurs anciennes
murailles ou k en 6Iever de nouvelles (code Th6od.. XV. I, 1. 34) ;
De opcrlbns pnUlcia. Omnes provindanim rectones litteds moneantur
ot actant, ordlnes atqoe Incolas arbium singiilarafn, muros ve1 novos
debere faoere vd flnnlus veteres renovare*. (BLANCHET. dp. dt., p.311).
(5fl) Cf. BLANCHET. op. dt, p. 338.
(60) II ne nous paralt pas inutile de remaiquer id que Tournai,
comme tant de villes de la Oaule (cf. BLANCHET, p. 274), avait 6t6
ptac6 en arri6re d’-un fleuve qni le prot6geait centre les envahisseurs ve-
nant de la Cerman'e; que le vieux passage de I'Escaut en cette ville
(dlt plus tard Pont-i-Pont) 6tart i proximit6 Inwnddiate des remparts
est et i I’intdrieor de ceux-ci (pour des faits similaires cf. BLANCHE >
p. 275); <pie I’on pourrait rattacher au mime syst^me de difenne le
cam^Hbim , devenu plus tard r68idence du chitelain flamand, qui 8*fle-
vait dans un flot de TEscaut k I'ouest. cette lots, et en deHors dte I’en-
ceinte gallo-romaine (de pareils castdia sont signal6s ailleurs ct BLAN¬
CHET, p. 224-225).
\
1
I
«
— 93 —
n. — LE PALAIS DES ROIS FRANCS.
On salt quo la conquete politique franque qui, au sein (ie
cadres administratifs precxistants et clans les liniites d‘unc sorte
de fcsdus avec rEmpire, se contcnta, a I'origine, de substituer
de$ maitres imnt^diats non-romains d des innitres dont la
romanitas s'effa^ait de jour en jour (1). d^huta par cit6 terri-
toriale des Turnacenscs (2). Un petit royaume franc, cclui do;
Franci Tornaccnscs (3), rempla^a cette ch'itas ct prit pour ca*
pitale sa vile ^ponniie. Tournai. Si lo fait n'a pas de valour in-
trins6que sp6ciale en ce sens que d’autres chcfs-licux de cit^s
(Cambrai, Arras, Terouanne etc.) Ic virent se r^p^ter i leur
profit et devinrent aussi des centres de petits royaunies soumir
k des <rois cheveius» particuliers, il n'en est pas moins vrai
qu'envisag^e dans ses d^veloppements la cr6ation du rcf^num
Tornacense prend le pas sur les autres puisque c*est de ce-
lui-ci que sont issus des rois qui, par suppression de leurs rivaux
et poursuile de la conqufife d? la Gaule, ont f€‘nd6 le grand
regnum Francorum (4).
Pour cette raison, nous croyons que la recherche de Tem-
placement du palais royal dans re que Louis XV appelak le
cberceau de la Franco (5) peut pr6senter quelque int^rfit.
(1) Vovez F. LOT. L« flo dn monde romain et le d^bert dn Moyen
Age (L’ivoluHon de I’Hunianiti). Paris, 1927, p. 363.
(2) lbi(L, p. 362.
(3) Sur le groupe des Franci Tomacenses voyez un 6msode con-
femporain de Fred^gondc, relate dans OREOOIRE DE TOlwS, HIstor.
Francor., 1. X, c. 27 (Monuia Qennan. HIstor. Script, rer. merovinglc.
in-4*, I, 1 p. 433-439).
(4) Voyez LOT, op. dt, p. 366.
(5) Lors de son entr^ apr6s la bataile de Fontenoy (CHOTIN,
HIstoire de Toumat et du Touraisaa, n, 1840, p. 299).
— 94 —
La residence des rois francs a Tournai fut occupde par eux
depuis la prise de la ville par Clodion vers 431 (6) jusque quel-
ques anndes — cinq ans, dit Gr^goire de Tours, — apr^ r616-
vation de Clovis sur le pavois (7). Le tombeau du pire de
CJovis, Child^ric ler, d^c^d^ en 481, y a retrouv6 en 1653
(8) . Aussi bien, mfime lorsque les r^ons miridionales eurent
sollicit^ leur ambition puis d^termin6 leurs preferences, les rois
ne manquerent pas de se souvenir de leur premiere «capitale». ^
Comme I’oiseau rentre au nid k I’heure du danger, nous voyons,
par exemple, Chilperic ler, roi de Soissons, sa femnie et ses fils.
■ chercher en 575 un refuge naturel dans les murs de Tournai
(9) 4 La consideration publique confirme ces faits et la vita EUgii,
attribuee k saint Ouen (mort en 684), mais> dont la forme ac-
tuelle date de repoque carolingienne (10), regarde Tournai —
que I’expression soit due en tout ou en partie k Tun ou a Tautre
• de ses auteurs, le fait conserve toute sa signifkaticm — oomtne
une (quondam) regalis civitas (11). Le tardif compilateur des
Cesia regum Francorum (Liber historiae Francorum) qui ne
cessa d’ecrire qu’en 727 (12) ou peut-etre mSme aprfis cette
-date, developpant un passage de Gregoirc de Tours relatif d
I’arrivec des Francs (13), cite encorer Tournai, de memoire,
(6) LOT, op. dt, p. 362.
(7) LOT, op dL, p. 366,
(8) Cf. E. BABELON, Le tombeau du rd ChQddic et les oHgines
•de Porf^vrerie doisoctiiie, Paris (Memoire de la Soditi des Aniiquaires
de Praoce, 8* sir., VI, 16Id>23).
(9) Voyez notre etude sur I’Enceifite antique, supra, p. 87. 4
(10) L VAN DER ESSEN, Annuaire de lUidversiU catboUque de
Louvain, 1914, p.379.
(11) Coflstitueniot $. El^iam oustoden arWum seu muiddpioram his
vocabaBs... Tomacom vero quae qtiondam regalis exstilit dvitas. Acte
Sanctorum Beigii, lit p. 229.
(12) Q. KURTH. Etude critiqae sur lea tGeste regum Francorum^
(Bulet Acad Roy. Belg., 99* annie, 3* serie. t 18. 1889, p. 262).
(13) Void ce passage: Cbogfo autem, missis exploratodbus, ad w-
beni Caraaracum. perlustrate omnia ipse secutns, Romanus proteret,
dvitetem ad^ebcndit, in qua paocum tempos resedens mqne ad
Sommanam flurhun occupavtt HIstor. Francor. 11. 9. (Moo. German.
Hister. Script rer. merovlng., I, I, p. 773). g
comme premiere 6tape de la conqu^te inorovingicnnt; (14).
A la fin du IX* si^cle cependant, la sepulture que Ton
avait r^serv6e k Child^ric Icr, k Tournai, 6tait aublide au point
■que les Normands ne la ravagerenf pas. Ce n’est que par une
renaissance savante de la tradition, due 4 la lecture de la Vita
Eligii, que I’expression rcga//s ci'vrtas occupa I’attention des
auteurs locaux du milieu du XU* siede. 11$ I'interpret^rent
d’ailleurs tr^s nral car, confondant Toccupation' franque avec
1‘occupation precedente, ils firent de Tournai une 'nlle royale...
romaine (15). Cette affabulatwn d’un fait historique 6touffa
ce qui pouvait encore subsistcr du souvenir dc la residence
des rois francs h Tournai. Bien qu’il fori;At un peu la note en
n^gligeant le s^our, bien connu alors, que Chilpfiric fit i Tour¬
nai en 575 (16), Gislebert de Mens pouvait 6crire, k propos de
la visite de Philippe-Auguste en 1187, que Ton n’avait nulle
connaissance qu'aucun pr^^esseur de ce roi eOt jamais mis le
pied dans cette ville (17).
En d^pit de la caxence de la tradition locale d6figur6e de-
puis des sidles, il n’est pas difficile de retrouver I’emplacement
de I’ancien palais royal de Tournai si Ton s’aide des deux ca-
ract^res prtneipaux revdtus par la cit$ dans le haut Moyen Age:
le caract^rc domanial et le caract^re strat^gique.
A I’aube m&ne de son existence Turnacus, comme I’indiquc
sa desinence en acus, avait domaine privS ; fundus Turnacus
(H) ChkxUo autem rex misH exptoratores de IMsbargo ca-stepo
Torlngorum usqoe ad urbm Camartctini. Ipse posiea cm grande
exerdt Renum transiit mutto Romanomm popok) oeddit atqoe ftiga-
vit. Carbonaria sllva ingressas, Tumadnsem urbem obtemitt. Exinde
u»que Camaracam dvitatem veniens iHicqae reaedH paaca tempoiis
spacio. Ibid.. 11. p. 245-246.
(15) Cf noire dude sur les Monumenta Historiae Tomacea^ saec.
XII (Ana. Acad. Roy. Arcbiol. Bdg., LXXXIII, 1926, p. 309 ss.).
(16) Cf Notre ^tude sur Le diplAtne dit €de CUIp^rica i la cathedrale
de Tournai (BuDet. Commlss. Roy. cTHist., XC, 1926, p. 181).
(17) InaudHotn erat enini quod afiqals antecesaonun suomm uo*
quani lluc venisset Edit. Godefroid M^nilglaise (Mdn. Soc. Hitt. Tour¬
nai. XtV, p. 343)
— 96 —
(18). Vers le IV' siecle, sans doute lors dc son 61dvation au ran^^
de chef-Iieu de qui coincida avec d’autrcs niesures d'admi-
nistration et de defense, T«;;urnai changea de propri^taire. !!
passa k I'empereur. On le sail pour une partie du fonds, puis-
qu'uii gyn^^ imperial ou ouvroi'r de vdtements militaires y fut
^tabii (19), et, pour le reste, on )e d^duit du fait que les rois
francs, qui furent les h^ritiers ordinaires du fisc romain, s'”
pr6sentent comme compl^tement maltres du sol (20). Sous ces
demiers en tout cas, Tournai prend nettement physionomie le
fisous rc^us. C’est le fiscas Tornacus (2!) ou, plus technique-
»nent, un caput fisci (22) c’est4-dire soil une centre dwnaniaJ
(23). soit une «umt6 de dcroaine> (24), donf les d^'pendances
ou les aufres parties cemposantes — selon que Ton adopte Tun
ou I’autre sens — sent 6parpill6es en Tcurnaisis (25), si indme
(18) C’est admis depuis H. D’ARBOIS DE JtJBAINVILLE. Recber-
ches SOT I’m^gine de la propriiti fond^re et des noms de Beox fiabitis
en France. Paris 1890. p. 170.
(19) Notkia DiKnitahim Occident, 6dit. BCECKING, c. X. p. 49 ;
Procnratores OynaeciorumProcurator gynaecil Tornacenals Belgicae
seenndae.
(20) Cf. H. PIRENNE. Le Rsc royal de Toumal (Melanges d’Histoire
du Moven-4ge oHerts k Mr., F. Lot) 1926, p. 648.
(21) Tbekmetiin.. qui pertinet ad Tisenm Tomacum. Dipldme de
Chilpdric II (716), dans sa partie non remani^e. Cf. PAUL ROLLAND^
Le dlptftcne dtt ede Cliflp4ric» k ta cathMrale de Toomai, loc. cii, p.lS5
(22) Donation du comte Hilduin 4 la cathMrale entre 884 (mort
dc Carloman) et 898 (ratification de cetle donation): Quendam fiscum
qoeoi domiotu Karioniannas mihi per preceptxnn smun tracB<ft qui est
attns ta pago Tonacensi in eadem sefiket dvltate Tomaco cum omiii
krtegrftate terr a ram vkSeUc^ atque mandpioram ad ejitsdein caput fisci
pcr tinen t u mi. Publ DUVIVIER, Actes et documents anciens intaressant
la Be^iqne, Bruxelles 1895 (C.R.H.) 8*. p. 3.
(23) Cest rmterpritation de M. PIRET^ lot. dt, p. 647.
(24) Par un pMuomme analogue 4 celui qui cr€a le csqwt (jugum)
ordinaire en feisant de lui une untt4 artificielle fadlitant la perception
de rixnp6t foncier. Le caput ftaci pourrait m4me n'ttre originairement
qu'un de ces capita prfv^. h>unnnis4 par son passage entre les mains
du d>ef de TEtat. Sur le capdt (logom.) cf. F. LOT, m r^tendue et de
li valaor du caput fiscal sous le j^is-Empire. (Tiev. Hht de Droit francs
et Bfaaager, 1915, p. 15) et ID., Le Jogm, le Manse et les Exptotedofis
agrtcoles de la France aiodenie(Melanges H. Pirenne, 1926, 1, p. 17).
(25) La vQU de Marquain par exemfrfe (cit4e dans U ratincation
dd CfiaHes k Simple) et la villa aOreq qui s^parait Marquain de Toumai.
— 97 —
dies ne s'identifient pas k ce Tournaisis prcsque entier (26).
De ce domaine royal la d^sagr^gation va s’accomplir sui-
vant les regies historiques courantcs. Elle profitcra, durant le
IX* si6cle, au comte local et a r6glisc cathedrals, puis k cette
dcrniere eglise exclusivcnicnt.
Le texts du dipldme de Chilpeiic 11, dans sa partie non
rdouch6e — car un remanieur du XU' si^cle n'auralt pu avoir
conscience d’une telle situation — represente la cathedrals de
Tournai comme situde en plein fiscuf: Tornacus (27) el, soit
dit en passant, il nous ouvre par ]<t des horizons nouveaux sur la
qualitd domanialc de certaines grandes eglises considdrdes jus-
qu’ici comme n4cessairement publiques.
En 817 cctte dglise foncidrcment libcrde — avcc Ic petit
clottre adjacent qui provenait dgalement du fisc (28) —est dotde
d’un cloitre plus grand dont le terrain est pris en entier au
Domaine: ^ savoir, specifiquement, au Domainc rostd en mains
propres du roi (79 perches de pdrimdtre), au Domaine cddd
en bdn^fice k un* personnage du nom de Werimfrcdus (99 pd-
ches), au Domaine prdtd, en d^dommagement de son office,
au comte Hnioculfe (32 perches) (29).
Dans cette course au ddpouillement de la royautd le comte
arrive bon premier car entre 879 et 884, termes de son rdgnc.
(26) On peut te prcsumer d'apres k grand nombre de fiscs qui yap-
part'nrcnt p us tard aux comtes de Flandre et d’aprts I'ftendue des pre¬
mieres posses.sions. dues aux larges.ses royates, des institutions reli-
gieuses.
(27) It dit ; <reccleslam.. quae est in honore sanctae Mariae In
ipso Tomaco constructaa (loc. cit, p. \Wi) et plus haul (p. 1R5) il
appose tes term's fiKua Tomactts.
(28) M. Pirenne a d(*ii forinul^ cette hypoth^ relativement au
petit dottre (loc. dt, p. 642).
(29) Id est de proprio flsco nostro In eodem loco de terra babente
in circuito perteas LXXVlIfl necnon et in eodem Wko de Hsco nostro
quern Werirntredas in benencfom faabet perticas XCIX. Sbnflltcr et de
Rsco nostro- quern Hruocutfus comes in minlsteHam habet, perticas
)00(Xn- Miraeus et Foppens. Opera dtf^matica, II. p. 1127.
Cf. H. PIRENNE. loc. cit. p. 642 et 643.
— 9® —
le ro! Carlonian lui 16gue d^finitivement le caput fiscl de Tour-
nai, avec scs ap> ou d^pcndances, sauf, bien entendu, la partie
qui en avait d^ja soustraite au profit de la cath^drale en
dI7 ainsi que d'aufres parcclles doot le detail nous ^chappe
(30). Mats ce comte, pour des motifs oCi nous croyons pouvoir
d^^Ier tout k la fois la crainte des Normands pi) et celle
des nouveaux marquis de Flandrc (32), repasse, peu apr^s la
mort de Carlcmian (884), son acquisition a I’^glise cath6drale de
Noyofi (33). C’est i I’6veque de cette ^glise — qui est aussi
celui de I’^glise de Tournai — qu’en 898 le roi Charles le
Simple confirme le transfer! (34) dont I’objet glissera, d^s
lors, insensiblement de la mense 4piscopale dans la mense ca^
pitulaire de Tournai et restera a celle<i jusqu’au jour de I’^man-
cipation fonci^re de la commune (36).
(30) . Cf. ce texte unique relatif aux hiena (de beneflcio Salaconis),
d'orijnne royale. de Tabhaye d’HInone (Saint-Amand). a Tournai au
IX* aiicle: <$imt in Tomacu aediUa II: de uno exeunt solidi IT, de
atteo denaiH VI; motlna 11 : de ufroque exeunt solidi IIIl. Sunt Ibi
camrilaiiae VI quae redimunt camsfles denams VI. Servlunf in aestate
p. ..e)e... 8ae...» DUVIVIER. Actes et documents, etc, loc cit, p. 14.
(31) Voyez notre (tude sur L'Enceinte antiqne, supr«, p. 83.
(32) Cf. ci-des 80 us note 34.
(33) Cf. ci-dessus. note 22.
(34) La iecon donn^ ordinairement de cette ratification (cf. e.a.
DUVIVIER, M^moire sor le Hainaut ancien (Mem. et Public de la Society
des Sciences . du Hainaut, 1864] n* XVIII, p. 314) est la sutvante :
Hscum in Tomaco, hi eod^ civitate, cum villa .’Aiukedano ad Ipsum
pert in ente, a Hikk^>o cocmte datum quamque Baldoinus comes inlque
quondam moUebatnr auferre*. Eu ^gard aux nicessit^s grammaticales
et au fait que dans la donation du comte Hilduin (supra, note 22)
il n’est explicitement question que du fisc de Tournai mime, nous
proposons — en I'absence de tout original — ia restitution suivante :
nacnm hi Tomaco. io eadem ctvHate, cum villa Markedono ad ipsum
perttneute, a Hfldutno comtte datum, quetnque Balduhtus comes quoO'
dan moliebatur aiiferre. — Pour I’authenticiti et la date cf.' H. PIRENNE
tec dt,p. 646.
(39) Voyez PAUL ROLLAND. Lea <Honmiea de Sahite-Marie* it
Toorsy (Revue beige de Philotogk et d’Htstohe. HI. 1924. p. 242ss.)
(36) Voir notre mimoire sur Les Origlnee de la Commane de
Tonr^, ii rimpression.
— 99 —
Le caractere domanial de la viUe de Tournai, de I'^poquc
romaine k I’aubc de I'cpoque communale, est done patent.
Or, si Ton pense que dans ce domaine, ou plutOt — quelle que
soit la signification de caput fisci — dans ce point vital du do-
mainc, la demeure des inattres, la curtis indominicata, eu dgard
aux n^essit^s d'ordre topographique et d’ordre ^onomique, a
d(i forc^ment se perp^tuer a une mdme place, il oonvient de
situer cn la demeure primitive des ^Sques, les derniers de ces
maftres, le palais des rois francs (curtis regia) de Tournai. C’est
une deduction i laquelle on ne peut se d^rober(37). Quand je dis
demeure primitive des 6v^ues. j'entends la demeure ant4rieurc
k la fin du XIT slide, 6poque k laquelle nous savons pertinem-
ment que le palais Episcopal occupait I’cmplacement du palais
actuel.
Cherchant cette demeure, on pourrait dej'i affirmer a priori
qu'elie se trouvait dans les environs imm6diats de la cath^dralc
— existant au moins dans son principe depuis saint Eleuthdre
(V'-Vl* s.) — et, lout particuH^rement, en verfu des rigles ca-
noniques (38), dans le cloltre de cette feglise. D'autre part, rien
ne nous forcerait k croire que r6v6ch^, relevant d'une institu¬
tion dminemmeni conservatrice, ait occup6 successivement plu-
sieurs emplacements el qu’il faille par consequent s'^carter beau-
coup de I’emplaoement actuel pour le trouver.
Mais il est des arguments plus prdcieux que le raisonne-
ment. Une tradition fort ancienne, dont nous ne croyons pa.s
devoir r^cuser le temoignage car il s’harmonise avec foutes les
autres donnees, veut qu'une maison de la rue des Choraux, sise
k deux pas du palais episcopal d*aujourd'hui, soit done dans les
Timites ancknnes de ce palais — singulierement reduit par les
siedes —, ait ete, dans ses engines, la tmaison de saint Eleu-
(.17) M. H. Pirenne a pos6 la question: «qtri sail meme «» la carUs
faidoT^cata k laquelle ressortissait (e fisc n*a pas ete i cette epoque
la demeure des premiers Mleroving:tens?> (Loc. at, p. 54a).
(38) Rcnouvciees notamment au coneik de Pontion (876).
— 100 —
th6re» (39). Saint Eleuthfere, 6v6que de Tournai, ayant v6cu au
Vr si^cle, c'est>4-dire bien avant la cession definitive de la cite
aux eveques. Ce renscignement pourrait Ctre tenu pour negllgea*
ble si nous ne nous rappelions qu'avant d’etre instalies dans les.
ppoprietes des rois en quality d’h^ritiers, les dv^ques I’avaient
dejik tr^s souvent ete en qualite d’usufruitiers. En effet, il ne
taut pas se dissimuler que les evfiques francs furent, la ptupart du
temps, consider^s comme fonctionnaires (40). 11s sortaicnt or-
dinairenrent de la ctruste> aristocratique ou schola palatine, ou
se faisait Tapprentissage des delegations de I’autorite, et rem-
plissaient parfois des charges civiles avant d’etre promus a
repiscopat. Double fait qui se realisa precisdment pour Eleuthere
(41). Eveques, ils ne se desinteressaient nullement de la marche
administrative du c$iecle» et leur action k cet egard s’harmcni*
sait — ou rivalisait — avec oelle des comtes (42). Or aux
representants du roi on avail coutume de preter des biens du roi
pour raccomplissement de leur mission. Ce n’est pas pour un
autre motif (in mlnisierium) que nous venons de voir, k Tour-
nai mfime. en 817, le comte Hruoculfe jouir d’une partie du fisc
royal. Et cette dernidre constatation fait mdme coup double
(39) Cf. COUSIN, Histoire de Toumay, I 1610 (p. 277 : «Selon
quelques annates et le bruit commun, qui dure encore maintenant,
(U raatson) oO U decneura en ceste ville et en laquelle il e«t party
de ce monde au del, est la seconde maison canontcale en la rue du
Chastelet, i la main gauche en entrant de U rue Nostre>Dame au diet
Qtaatdet ; en la cour de laquele maison it y a un puits dont I’on
va qii^ de I’eau pour garir de la 6ivre.> Le rez-de>chauss£e de cette
maison. encore existante, porte les traces d'une certaine antiquitd. Le
putts en question se voyait encore il y a quelques ann^s. Cf. SOIL
DE MORIAME. Tewmat arcbtelogtque... p. 19 et 60ZIERE. Toomal
tataec et rnodema, p. 319. Une ruetle venant de la rue de I’Yser et de
la nie des Chonux y aboutissait ; elle fut supprim^e en 1677. Sur tout
ced ci VOISIN, Le dottre de b cath^drale de Toomai (M^. Soc.
Hist Tottnud, VI. 1A59, p. 87) qui donne un texte de 1450 reiatif a
la mntsoa de saint Eleuthere.
(40) F. LOT, op. dt. p. 446-447. •
(41) Voyex notre SAINT ELEUTHERE (U Terre Wallome
192S, p. I48-2S0).
(42) F. LOT, ibid., et, pour Ttpoque caroUngieime. de nombreux
ciptbidabes.
— 101 —
puisqw’elW represenlt le bien prC*t6 au comte comme tcllement pro-
che tie la cath^drale qu’il a pani impossible de n’y pas toucher
lorsque l‘on a voulu agrandir le cloltrc de celle-ci. Le meme fait
a dfi se produire trcs tot pour les ^v^ques, m216s ^ Tadministra-
flon stkulierc. La «maison d'Eleuthere» a done bien pu s'iden*
tifier k la demeure des rois d^s le moment oO Clovis, qui paralt
pr^cis^ment avoir fait Eleudiere 6v6que de Tournai, venait de
la quitter.
Cette residence qu’ils ne faisaient qu’occuper — en partage
avee les comtes civils institu^s aussi lors du depart de Clovis —
les pr^lats I’auront rc^ue en propri^t6 pleine et enti^re apris
la dfspantion de ces comte et, d’une fa^on assez paradoxale,
par I’interm^diaire du dernier d'entre eux, Hilduin, k qui la
propri6t6 en passa tout d’abord, entre 884 et 898. Apr^s cette
dernifire date en tout cas la demeure du maitre de Tournai
semble bien avoir sisc en la rue des Choraux, puisqu’une
tour dc J’enceinte du IX' si^cle y porta longtemps le nom carac-
l^ristique de ttour TEv^quec (43).
Et ceci nous amine k envisager I’autre argument, I’argu-
ment d’ordre stratigique.
Si modeste que fflt devenu son rOle — simple centre agri¬
cole (44) — Tournai n’en itait pas moins entouri de murailles
d’origine gallo-romaine dont le donjon, si I’on peut dire, se
trouvait nicessairement ramassi dans la demeure — immuable
— des maitres de I’endroit. Or tout Concorde k identifier ce
centre de la defense avec les lieux que nous venons de desi¬
gner. soit I’emplacement et les environs immediats du palais
episcopal actucl. L^ se trouvait Varex qui, en haut de I’enccinte
commune aux epoques romatne et episcopale, cnglobait la ca-
thddrale et revSehe; U, dans la rue des Choraux ok nous venons
de situer la cmaison d‘Eleuth^re» et la «!our I’Ev^quo, sc dressait
le Caafellarium; !i, vers la sortie sud de la cafh^drale s’^tendait
(43) Voyez notre dtude 5wjr L’Encelnte antique, supra p. RS.
(44) Vovez, dans le diplome de fil7, des dlsponibilit6j fonci&iv.s en-
plein cocur de la ville.
— 102 —
le «Capitole> — Atcx, Castellarium et Capitole 6tant identiques en
tout ou en partie et ddsignant la retraite inaccessible du sei¬
gneur (45).
II en r^suite qu’i travers les regimes successifs du haut
Moyen ^e et pour des faits d'ordre militaire comme pour des
faits d’ordre domanial, Ic coeur de Tournai battit au m£me en-
droit, k I’emplacement, ou peut s’en faut, du palais episcopal
actuel. Avant les 4vSques, les rois francs y ^taient install^s, et
tout porte k croirequ'en ce domaine, oomme en tant d’autres, ils-
s’4taient bom^ k ratifier le choix des administrateurs remains
(45) : procurateurs du gyn6c4e (47) — habitant le gyn6c6e
rafime — et chefs habituels, crvils(48) et militaires(49) de la cit6
(50).
(45) Voyez L'Eocdnte antique, supra, p. 85. FLODOARD, parlant de
Laon, fait allusion au palais royal qu'il appelJe aussi arex et qu’H dis¬
tingue du castnini tntSme ou de la civitas. Annales, edit. LAUER, p. 51,
70. 123 (ann^s 931, 938, 949 etc)
(46) M. H. Pirenne voit dans le fisc royal de Tournai da continuatiorr
directe d'un domaine de I'Etat Roinain>. Loc. cit, p. 648.
(47) Supra, n. 19.
(48) On ne poesMe sur ceux-ci aucune donnee locale, sauf peut-
itre une allusion au defensor civitatis dont la charge suivant une coutume
aasez g^n^raie. aurait conffe i r^veque (EJeuthire). (Ct notre
Eteutli^, loc at, p. 256).
(49) Cf Noticia Dlgnltatum Oedd. XXIV. edit. BCECXINO, p. 81 .
Sob dlq>oaitione viri spcctabida comitis Umitis saxonid per Britaimiam...
prcpoaitni moneri Toniacenahifn Lemann^ prepositos et son nomerus
^ta^t alora cantonnis k Lymjie (Kent) mais on salt que le caractire
primltif des oumerl, composes d’irriguliers nationaux, fut local. (STAP-
reRS, Les mlSces locales dans le ta^*Empire romaJn [Le Mus6e Beige,
9* ann4e, T. IX, 1905, p. 50 ss]).
(50) On ne sail rien des chefs religieux, one ipitaphe troav4e
i la Orand'Place ne d^ontrant nullement I’exlstence d’un ardiigalius.
Cf. PAUL ROLLAND, Doe biacrip^n romaine de Toomtf (Lc Marte
Bdge, 26« annte. T. XXVl, 1922. p. 101 ss).
in. — LE MALLUS.
On salt que les assembles judiciaires fraiiques portaient L
nom de maal, traduit en bas-latin par ma//i/s ou mdlum. L'en-
droit ou se rSunissait le mallus fut appei^ malbcrg (motnt du
maal) (1), mallevdd (champ du maal) (2) ou, par confusion
entre le contenu ct Ic contenant, tout simpU;ment mallus,
mallum ou malli, !a forme plurielle — corrompue parfois en mallei
(3)— s'expliquant par la r6p^tition r^guli^re des assembles. Lors
de la formation de la langue romane, le terme malli devint
maulx ou maux. On le recontre fr^quemment sous ses deux as¬
pects, ancien et nouveau, dans le Toumaisis et les regions voi-
sines, sent qu’il ait subi Taugmentation d'un pr^fixe (ex. : Ad
mallcs = as maux; ks maux) comme ^ Anseroeu) (Ausmaus}(4)
et k Estaircs prte de Sailly (Esmals) (5), soit qu'avec un
d^terminatif H entre dans la composition d’un mot double (ex.:
Thiot malli {mallus publicus] (6), Timalli = TImaux) comme a
(0 Cf. MaBobergus, Ux Sal XVn 1.
(2) A ce sujet voyez retude capitate de M. A. CAIWOY, Le Mat-
lonlj la Topoftymfe beige, Mdlenges d’Histoire offerts i Chartes
Moeller. Louvain tPI4 (Recuetl de Travaux public par les membres
des Conferences d’Histoire et de Philologie. 40* fasc.) p. 286 ss.
(3) Voyez le village de MUeH dans rArtois (a* 1298) BEUOMOT
Lea OHm, I, p. 175 A Cambrai la rue du Mai dtait dite Vlcus MaIN
ou MaSeoruni. LE CLAY. Olossalre topographiqae de randefi Cambrtois.
(4) Mars 1242. Acte du sergneur d'Anseroeul relatif k la vente d’un
terrain <qui gM as Ausmans* au profit de la chapenenie de S. Brice
de Toumai. Archives de la cath6drale. Toumai, cartul. D ? 62, r®.
(5) Des textes de 1156, 1163 et 1245 y fixent encore le si^ge des 3
plaids ginAraux de la seigneurie de S. Vaast. Ea signifie en les. Cf, G.
DEPOTTER. Les Echcvjns de pa)rs de Lalkeax (MAaiolres de TAcadA-
mJe d’Arras, 2* sArie. I. 34; 1903. p. 210).
(6) Voyez A. CARNOY, loc. dt, p. 291-293.
I
— 104 —
Templeuve-en-Dossemer (7) et d Lille (8).
Pour Tournai, le cas est des plus simples: on y trouve en¬
core aujourd’hui une rue «des Maux».
L’opinion commune actuelJe voit I’-crigine de cefte deno¬
mination dans les maux (mala) par excellence, ceux de la Ifepre
(9) ou ceux de la peste, vers iesquels la rue pr^nomm^e con^
duisait au Moyen Age. C’est par li, en effet, que Ton se rendait
9cit i la Idproserie du Val d’Orcq, soil aux baraques de la rue
Perdue, qui abritirent longtemps des pestifdr^s.
De plus anciens auteurs locaux, cependant, formulaient d^jli
une autre interpretation. Cousin (10), Poutrain (11), Hoverlant
(7) Charfe de 1190 deiivr^ par I'abb^ de St. Nicolas des Pr^s ^
Tournai: «Ter In anno ^tutis diebns Tiemallos quosquam ex no&tratibus
herode n'bl prenuodante exeqaitur*. (AUmoires de la $oci4te Hlstorique
de ToumaL T. Xir. 1873. p. 103).
(8) Cf. A. BLOMMAERT, Les ChAtelains de Flandre (University de
Gand, Recueil de travaux publiy$ par la Faculty de Ptiilosophie et Let>
tres. 46’ fasdcule. 1915) p. 148. M. Th. LEURIDAN, n’expHque pas le
mot Ti, ausst bien i propos des Timaux de Lil’e qu'A propos de ceux
de Templeuve. Cf. La Chatellenie de Lille (Bulletin de la Commission
htstoriqo: du Dipartement du Nord, Lille. 1898) et Templsuve-lez-Dosse*
mer, Hbtolre f^ale (Annates de la SocKtys Hlstorique de Tournai,
VI. 1901, p. 158).
(9) Cf A. HOCQUET, Les Rues, places pubHques et boulevards de
Toentud, 1899, p. 62.
(10) Hlstolre de Toumay, IV Douay, 1620, in 4°. p. 294. <Au mes-
me an 1543 la poite des Maux k Tournay fut deffaicte. Maltas en latin,
usity du temps des Empereurs Charlemagne etLoys le Dybonnaire, stgni-
6 o(t le lieu ou on pla doit, et oA on tenoit le siyge judicial, ou bien signi-
fiotf la jurisdiction mesme. qu'on y exerco't. tellement qu'ils disoient
Veoire ad malum comltls, voeari ad maltum hnperatoris et n^Ium tene-
re>. Cousin ajoate: ePar adventure, que les Halles de Toumay(a'c) estoient'
le temps passy en la rue. dont (a porte et la rue des Maux auront
rrtenu leur nom». — Signalant un passage de Tobituaire de la catby-
draie Ji la date de 27 mars (Quae (Qhilla. femme de Jean de Salines)
pro raniedlo an'mae suae hospftem apud Maflos 5 soUdos et 2 capones
« NatmS dabentem buk dedH ecdeslae) il rdpyte (p. 49): «apud Mallos
i'entefids A la rue des Maulx>.
<11) Hlstolre de la vtlle et city de Tournai, La Haye. 1750, ifl 4*.
cHy par dOZIERE (p. I09) qui n’lndique pas la page — que ailiH
R'avoas pa retroayer — d*ofl il a tiry son information, troutrain, ditdod-*
Are, parte <fun vieux mur tris ypais situy autrefois i proximHA de Van-
cieune porte des Maux, et que I’on dymolit vers Vannye 1700. Il (Pou-
— 105 —
(le Bauwdaere (12) et Bozierc (13), pour ne citer quc les prin-
cipaux, soil qu’ils se fissent I'^cho d'unc tradition, soil qu’ils
procddassent par raisonnem'ent, n’ont pas craint de mettre I’ap-
pellation <rue des Maux> en relation avec un ancien tribunal
franc.
La documentation donne raison aux aitciens — trop sou-
vent m^connus — oontre les modernes (14). II appert, en effet,
de textes remontant jusqu'au milieu du Xll* sifecle que, duranf
le Voyen Age, un dcs lieux-dits les plus slgnal^s de Tournai
fut oelui appel^ Malli, Mallei. Maux: ad Mallos, as Maus (15)
— CCS deux dornifires ddnominations n’6tant pas stereotypies
(16).
Tout le terrain compris au sud-oucst de la vilic entre les
portes «des Maux* dcs deux enceintes communales succcssives
train) conjecture que ces rested de construction ont dfi appartenir a
un edifice qui ser%'ait k rendre la justice*. Cen est asser. pour connaT-
tre I'opinion de Poutrain sur forigine de fexpres^on <des Maux*.
(12) Essal chronologique pour servtr ii lliistoire de Toomai, T. 3
Tournay. 1805. p. 22. Interpretation d’un texte. que nous citons plus toin.
(n. 29)' relatif aux quartiers urbains. <Le troisiime. cetui du Mai, ou des
Manx, de nos jours; des Auteurs pr4tendent que mat signifioit ici, fen-
droit ou les Rois des francais avoient tenus leurs mals ou assemblies
nationales francaises*. Cf. ausst T. 101. p. 609-613 (avec certaines ri-
sen'es).
(13) Toumal anden et moderfse:, Tournai 1664, S*, p. 199.
«Le nom actuel de la me des Maux. que Ton icrivait Maus et
Maulx n'est qu’une corruption du Mahl ou de Maltos, designation qui
lui est venue, selon toute apparence, d’un tribunal franc itabli sur le
terrain qu’elJe occupe>.
(14) O n’esf pas parce cette me a pu parfbis porter le nom de
vicus leprosorum (a* 1252) et de <rue de le Val d’Orcq* (1245 et
124^1). que lorsqu'elle s’appciait - concurremment-me des Maulx. le terme
cMaux* signiflatt «LepTe> (A. Hoequet, op. eft., p. 62) Cm fioc
n'iquivaut pas h propter hoc.
(15) Archives de TEtat k Mon.s Cirtulaire des rentes de I’abbaye
St'Mwtin, n* 112 (fin Xll* - commencement XIH' s.): Super tonram
\dculj quo Itur ad mallos ante portam nostrum. In viculo |tixta petrfnam
portam quo ftnr ad mallos... Autre cartulaire, meme volume: Ad mal¬
los hospftes Hermanni de Orknalpont... Item ad mallos... ad mallos orti
decern , Cartulaire n* 11.1 (commence: XIII* .■».): Sabltus vtcum quo Itur
ad mallos a domo Rad. Kamfon usque ad fossatum clvrtatls.
Voycz aussi le texte citi par COUSIN, supra n. 10.
(16) Cdmme dans le cas typique de <As Ausmausx k Anseroeul.
— 106 —
(17) — portes dont la plus ancienne s’^levait h Tissue de la rue
des Vaux tandis que la plus r^cente devint plus tard la cporte
de Lille> —, faisait partie des <Maux». On y trouvait par exem-
ple le bas de la rue Roque St. Nicaise (18), la rue Dorez, la
place de Lille et le haut delarue Perdue (19), le haut de la
rue des Carmes (20), la rue Blandinoise (21). Les €Maux»
poss^daient leur puits (22), et leur croix (23) — en haut de
(17) Arahjv«s de TEtat k Mons. Cartulatre des rentes de St-
Martin, n* 114 (A^ 1232)) ...Extra portam Malfomni... ante fossatum
extra portam MAOeoruni (meme chose au n” 121, a” 1293). (lartulaire de
S. Nicolas de Pr6s (JVUm. Soc. Hist Toumai, XII, 1873, p. 239): Infra
portani de MaOds (a» 1242).
. Cartulaire n* 112 (fin VII«-coinmenc. XHI* s.): Ad novam portam
MaDomm hi vicoUs versts Sanctum Jacobum. Mime chose au cartul.
n* 113 (comm. XIII* s.) sauf la tforme Malleonun.
(18) Cartulaire de S. Martin n* 113 (commenc. XIN* $.): Ad ru>
pern Malorum... in vko de rupe MaBonim... in vkttlo rape quo itur* ad
MaDos. Cartulaire n* 114 (a* 1232): In rupe ad Saoctmn Nichasluni
In parrochia S. NkhasB: In rupe hi fine vtculi... in rope in fine viculi
verms portam Malkorum. Cartulaire n* 115 (a*' 1232) In rupe versus
Malleos... hi nme steal itur ad Malbs — A. O’KERBOMEZ. Chartes
de $L Martin, t p. 170 (a* 1279): In rupe Mafleorum.
(19) cAs Mans sur le marldet des bietess Archives de TEtat a
Mon& C^irographe de la C>t4 de Toumai (Robiers le Mouleres) avril
1253. La place de LiDe s'appdait encore naguire Vieux March^ aux
Vaches.
(20) Cartulaire de $. Martin n* 112 (fin XIT-commenc. Xlll* s.):
Ad novam portam Mallorum in vkulis versos Sanctum JacobUm. —
M^me chose au cartulaire n* 113 (commenc. XD1«) sauf la forme Mai-
leoram. Voyez aussi infra, n. 24.
(21) Archives de TEtat k Mons. Chirographe de la Cit4 de Toumai.
Juillet 1242; As Mans eo la me Blandegnotse.
(22) Cartulaire de S. Martin n" 113 (commenc. X1II«): Ante pntcum
ad Mafios. CartuL n* 114 (a* 1232): Ad MaUos pre^ pideum.
Le plan de Toumai par Picquet (1B38) mentionoe deux puits pu¬
blics dans le territoire que nous avons assign^ aux Maux. L'un est
sttu4 au Vieux MarcM k la paiUe (act. Place Roger de le Pasture), au
bas de la rue Roc St-Nicaise, en face du n* 2. L’autre est situi au
Vieux Marche aux Vaches (Place de UUe) en face du n* 26 (aujourd’hui
n* 28), soil k proximity de U <cn>ix des Maus». Onviendrait-il pour
cettq dernkre raison, de choisir le deuxitote puits plutdt que le pre¬
mier?
(23) Archives de TEtat k Mons. Chirographe de la Cit6 de Toumai
<F4Iixe de Saint-Jakeme), (Kvrier 1238. n.s.): Maison As Maas devant
— 307 —
la rue Perdue (24) — marquait probablement la place de leur
ancien centre.
fort 4tendus dans le territoire « d’entre-deux-murs ■»
les Maux sembknt avoir d6bord6- de part et d’autre de I’em-
placemont de ces murs. qui n’ont ^videmment rien de cominun
avec leur institution, de beaucoup ant^rieure. L’expression <as
Maux entre deux portes* (25), semble inclure sa deuxi^e
partie dans la premiere. De fait, les portes elles-mSmes elaient
dites <as Maus» (26) et, en de^S de la plus ancienne, les for¬
mes denominatives appliqu6es k la rue cdes Maux»(27) parais-
sent indiquer qu’on la consid^rait comma s'allongeant plus dans
les Maux que <vers» les Maux. Au reste, un passage d'une en-
cyclique d’H<^riman de Saint-Martin, le fexfe le plus ancien re-
latif au sujet (1146) — qui nine dans ses fondements la th^se
faisant 6fat de la l^proserie, 6tablie seulement en U53, et
a fortiori celles des «baraques de pestif6r6s» encore plus r^centes
— place le mallus dans le voisinage immidiat du forum de la
le crotx. Ibid., chirographe pour Pierre li Sages (juin 1234) : Mai-
son Id sled devant le crois as Maas. Archives de U CathMrale de
Tournai cartul. D. f 23 v*, constitution de rente des 61s de Mabille de
Maileis (sept. 1255): cad malloos toraacenses ante cnicema.
(24) Archives de I'Etat k Mons. Chirographe de la Cite de Toamai
(Bauduin Make) (decembre 1239): se maiaon la u Q maint ki siet en
la roe roial devant le crois as Maus. (La rue royale est devenue la rue
des Cannes).
(25) Archives de I'Etat k Mons. Chirographe de la Citd de Tournai
(Andrius Fonneus) (avril 1241).
(26) Archives communales de Tournai, registre n* 329! b f 17, r*.
asseurement de Jehans de Haudiori (mars 1274. n^.); Ce fu fait en le
porte as Maos. Archives de I'Etat k Mons. Chirographe de la Clti de
Tournai (Wlauksers H Salvages) (f^rier 1225* n.s.) : H n*is H mana¬
ges ki siet vers le porte as Maas. Cf. aussi supra, passim.
(27) Dite: des Maux, as Maux. etc.
(28) Voycz PAUL HOLLAND. Les Monumenta Historiae Tomaceu-
sis saec, XU (Annates de TAcadtinie Royale d'ArcWologie de Belgiqiie.
LXXIK, 1926, p. 253 ss.)
108 —
C!t6 (29). Or le forum (Grand March^, Grand’Place actuelle)
s'ouvrait exact«ment k la naissance de la rue des Maux.
Cette extension du mallus 6tant Stabile, le dernier texte que
nous venons d’invoquer gagne k son tour de I'int^r^t. II nous
montre comment, lors du r^veil de I’activit^ urbaine apr^s les
dernt^res invasions nermandes — si le fond de la tradition rap-
portae par H6riman est exact, et e’esf gSn^ralement le cas chez
cet auteur — un des quartiers les premiers peupl^s (X* s.) de la
vllle nouvelle(30) fut celui qui se forma le long du forum, h proxi¬
mity de la rue de Cologne (coloma?)^ sur les confins et aux
depens du mallus (31).
Aussi bien, le forum lui-mfinie, espace largement dycouvert,
semble n’avoir yty que la partie la plus favorisye du territoire
Qu mallus qui devait s’^tendre primitivement jusqu’aux murailles
romano-ypiscopales, dominyes en cet endroit par le d<Hijon du
seigneur et maftre. Otte situation ne rappelle-t-elle pas celle
de beaucoup de chefs lieux de chAtellenies flamandes, sieges
d'un ancien mallus. ou, k Tinverse des ryunions scabinales couran-
tes abrityes i I’intyrieur du castrum dans la domus scabinatus
(29) Tertina (tomaceods civis) circa Malhmt ad Forum civitafis
defen ni nationefn soam posaedH. Monumenta Oermaniae Hiatorica, ScH'
pCores, XIV. p. 350 (Les mss. donnent naulain et mauhun, mais aucun
d’eux n’est onginal. Vu ce qui pricyde, e’est yvidemment malhim qu'il
fact lire).
(30) Com autero tuic destriatfoni I>eo Rnem impooere placuisset et
(fiape«w>s iti terrmm suam revocare voiuisset, Tomaceoses adficet in
propfiam sohim. cocittamo notmalB ex dvibus unanimiter adonati, No-
vfomm reiiqaerast atque Tomacum remeaverant Inter qoos dictuitnr
fabae q aa tn o r ceteris prestairtlores atqpe ditiores, qui urbem Tomacensem
sIW eqids partlbos dMdmrtes, inferiores qaosqoe tributaries atrt vermdas
aaos congtttaerant Ibid, tl s’agit en rteilitd de la mise en valeur et de
Faccensement de nouveaux quartiers urbaina.
(31) n faut actoeDement locafiser ce quartier — car ce ne peut ittt
Me 14 — de part et d'autre de la rue ^ Maux, d'un cdty ven I’dii-
drort o4 aHait t'yiever la Halie (aux-draps) qui touchait par derrtyre
4 la «Roque St-NicaiK>. e'est-i-dire aux cMaus>. de I’autrc cdty, vers
rendroH aflait ae dresser I’ygtise St-Quentin (de Foro), qui touebait
par derriyre an kaut de la rue Perdne, encore tux «Maus>.
(32), I'assembide caiitonale, r^unie depuis Charlemagne seule*
ment lors des trois plaids g6n6raux annuels (placita genera-
UnJ, se tenait imm^diatement en dehors, sur le terrain raSme
qui allait dtre d^volu au commerce sous le nom de forum{33)?.
(32) A Tournai, durant la periude epi^opale, les dchevins se r^unis-
saient au cloftre de la cathMrale. Voyez un texte d'H^riman. Uber de
restauratione St Martini, Monomefita Germaniae Hlstoria, Scriptorta,
XIV, p. 276 (vers 1088).
(33) Voyei le texte de Qaibert de Bruges (§. I, Wit H. Pirenne).
qui oppose les fora ^narchands aux castra qui les dominent.
— Ill —
TABLE DES MATIERES
Fernand Donnet et Paul RoDand: L’infiuence artistique d'Anvers
au XVIIP siOcle .
Lion Le Fibve de Vivy: Une terrc neutre en Ardenne au XVIII*
siecic, Bertrix .
Albert Vlsart dc Bocarmi: De I’origine de quelques types mo*
nitaires beiges . ..
Paul Rolland. Topographie toumaisienne gallo-romaine et franque;
L’enceinte antique, le palais des rois francs, le mallns.
77